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100 Murs pour la Jeunesse: C215 à Sarcelles

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Soutenu par le Ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, le collectif Walls in Progress se lance dans la réalisation de 100 Murs pour la Jeunesse, un projet national d'art urbain contemporain. Différents artistes sont invités à peindre les murs d'une centaine d'écoles en France.

« On ne fait pas ça en dehors des horaires scolaires, il y a un esprit de résidence artistique. Il y a des master class prévues sur la technique du pochoir, et suivant les villes on met en place des ateliers autour du street art et plein d'animations. »
-Yannick Touarin, du collectif Walls in Progress

Pour cette 1ère œuvre inaugurée le 26 Septembre 2016, C215 a peint une fresque de 300m2 sur le mur extérieur de l'école primaire Pauline Kergomard, à Sarcelles.

L'artiste a fait les portraits de 27 enfants de la ville au pochoir.

« Ce sont 27 portraits d'enfants de l'école, chacun portant un bonnet phrygien pour symboliser les valeurs de la république, tous issus de la mixité, pour montrer la diversité culturelle et ethnique de la France. »
-C215

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New York, A la rencontre de Greg Lamarche alias Sp.one

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Greg Lamarche alias Sp.one peint à New York depuis près de 35 ans, commençant sa carrière de writer en taguant très jeune dans le métro. Rédacteur en chef du célèbre magazine Skills, Sp.one a documenté l'évolution du mouvement dans les rues de la Grosse Pomme dans les années 90.

Sa production artistique se distingue par des collages et des peintures basées sur un travail du lettrage, ce qui ne l'empêche pas de peindre de nombreuses pièces colorées et élaborées, hommage permanent aux pionniers. Ray Mock l'a rencontré pour Mass Appeal, quelques extraits traduits de l'entretien.

« J'ai commencé à m'intéresser au graffiti en 1981 alors que j'allais à l'école dans le Queens. A ce moment là, tout le monde avait son tag. Tous mes amis peignaient. Avant même d'aller à l'école, j'étais intrigué par les murs graffés du quartier. J'ai pris mes repères grâce aux writers locaux comme Uncle John178, Stoe, Dam… Je peux en nommer des dizaines. Ils m'ont tous permis de développer un handstyle personnel. Je n'ai jamais eu de mentor, mais quand je voyais des choses intéressantes, j'essayais de faire mieux pour développer mon propre style. »

« Ma station était Continental Avenue. Les trains GG circulaient sur cette ligne, c'était le premier arrêt. Les rames sortaient du lay up pour rester en station entre 10 à 15 minutes, le temps suffisant pour faire des tags à l'intérieur et jeter un œil aux intérieurs éclatés.[…] Malheureusement je n'ai aucune photo de cette époque, j'avais 12, 13 ans. C'était impressionnant de voir ces trains saturés par tous ses différents noms. Tous les markers de l'époque étaient faits main, ainsi que l'encre. Ça faisait partie du plaisir. Après l'école, on fabriquait nos propres markers dans nos chambres, c'était une ambiance très créative. »

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« Mon approche du tag est devenue stratégique. Je n'essaie plus de détruire des rues entières. Je cherche des spots qui durent. J'essaie d'être furtif. Je préfère quand c'est compliqué de dénicher un tag plutôt que d'en voir des millions. Les gens s'habituent très vite à tout ceci, je préfère les choses plus rares à dénicher. »

« A l'époque de l'âge d'or new-yorkais, c'était très agréable de voir son nom circuler. Dans les années 90, c'est devenu des missions bien préparées pour aller peindre des autoroutes, des voies ou des tunnels. De nos jours, c'est devenu un job à plein temps. Les gars font des spots à l'échelle, grimpent sur les toits en dépit de la surveillance et de l'omniprésence policière. Je vois certains gars défoncer tous les quartiers de New York. Le bombing est devenu beaucoup plus développé qu'à mes débuts. On essayait d'être présent partout en ville, désormais il s'agit d'être présent partout dans le monde. »

L'interview est à lire en anglais ici.

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Menacé de prison ferme, M.Chat se défend

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M.Chat risque 3 mois de prison ferme pour avoir dessiné son fameux chat sur un support mural de la SNCF. Invité de l'émission On ne parle que de ça sur Figaro TV, l'artiste qui s'avoue dépassé par la situation, s'exprime sur ce qu'il considère être une injustice.

« Le procureur s'appuie sur des faits de récidive, il y a déjà eu un procès qui avait été annulé, la plainte a été annulée dans la formulation. […] La justice veut me corriger, j'ai le sentiment que la RATP et la SNCF veulent me charger.[…] Je ne suis pas quelqu'un de dégradant. Il y a urgence à se détendre, ce chat est un symbole de lumière, quelques chose de positif. On veut m'obscurcir. Je suis un peu dépassé. Je ne veux pas avoir de privilège ni de passe droit, l'histoire du street art a évolué. La loi n'est pas forcément adaptée à cette nouvelle forme d'expression. Les frais de défense sont supérieurs aux frais de dédommagement, c'est assez ubuesque ce qui m'arrive. »
-M.Chat

L'objet du délit

L'objet du délit

Le verdict sera prononcé le 13 Octobre 2016.

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Graffiti et technologie: les robots prennent le contrôle

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Depuis quelques temps, on assiste au développement de l'homme augmenté y compris dans le graffiti avec, entre autres, le robot qui peint des façades, les drones équipés de bombes de peinture de Katsu et l'exosquelette développé par Dragan Illic. Daniel Berio a franchi une étape supplémentaire avec un automate complètement autonome, capable d'apprendre, de générer et de tracer des lettrages sophistiqués.

Après des années d'expérience en tant que writer, Daniel Berio alias Ens, originaire de Florence, a conçu un robot qui, à l'aide d'algorithmes, crée des graffitis et des illustrations.

Ens PR WMD

Ens PR WMD

Maitrisant parfaitement les différents langages machine (C++, Python), Daniel Berio, spécialiste de l'apprentissage automatique pour les robots a développé Autograff, un automate capable d'analyser et d'apprendre le processus de création d'une esquisse de lettrage. Il a initié la mise en œuvre et l'intégration de modèles de la dynamique des mouvements suivant les travaux du Réjean Plamondon (École Polytechnique de Montréal), un pionnier de l'étude de l'écriture cursive et ses dérivés graphiques (science dite : graphonomics).

En 2013, Graffitizer_03.5 traçait ses premières esquisses générées par ordinateur :

Une autre version du Graffitizer :

« Un programme informatique génère des formes abstraites inspirées par le processus du dessin et du style propres au graffiti. Le dessin est exécuté en temps réel par un traceur à plume classique et coloré par des projections vidéos qui correspondent aux traits générés par la machine. »
-Daniel Berio