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Le crew DMV en résidence à la Villa Alliv

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La Villa Alliv a invité 3 membres du crew DMV (Blo, Kan & Jaw) à poser leurs valises pendant le mois d'Avril pour peindre in situ à 6 mains, avant de présenter leurs œuvres du 29 Avril au 13 Mai 2016.

« Les œuvres présentées sont le résultat d'une composition conjointe, réalisée in situ durant le mois d'Avril. L'exposition met en évidence des procédés de peinture à 6 mains, véritable fusion picturale, durant laquelle les artistes mettent en œuvre une technique de travail non préméditée, qui favorise les effets du hasard et de l'improvisation. Leur procédé, instinctif et instantané, mêle surréalisme, abstraction, et déstructuration de l'image. »

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writer's bench

Jaba: une ville sans graffiti est une ville sans âme

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Les conférences TED (Technology, Entertainment and Design), sont une série internationale de conférences organisées par la fondation à but non lucratif Sapling foundation. Cette fondation a été créée en 1984 pour diffuser des idées qui valent la peine d'être diffusées. La conférence TED définit sa mission comme propagateur d'idées, et met gratuitement à la disposition du public les meilleures conférences sur son site.

En Avril 2016, Didier Jaba Mathieu a été invité à participer à une conférence TED à Liège pour transmettre sa vision personnelle du graffiti, tout en peignant une toile en live.

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Né en Arménie, Jaba déménage à Liège à l'âge de 14 ans pour poursuivre ses études à l'Institution Saint-Luc, spécialisée dans l'illustration. Il participe à de nombreuses expositions en Europe et en Amérique du sud avant de s'installer à Singapour pour travailler pour Light & Magic, une division de Lucasfilm. Il intervient alors sur différents longs métrages comme Transformers, Iron Man, Star Trek tout en continuant à peindre des murs et à produire Enemies, une série de nouvelles graphiques avec Sozyone Gonzalez.

Des extraits de la conférence traduits, accompagnés d'oeuvres de Jaba :

« Une ville sans graffiti est une ville sans âme, dans ce monde mon nom est Didier Mathieu, dans mon monde, mon nom est Jaba. Je suis allé dans des centaines de villes du monde entier et j'ai eu la chance de peindre dans la plupart d'entre elles. Des milliers de murs, des centaines de trains, des throw ups, des tags ,des stickers… Je suis juste un writer (écrivain) persévérant parmi des milliers et des milliers d'autres writers comme moi. Oui, je suis un writer parce que c'est ce que je fais, écrire. C'est qu'on fait, on écrit notre nom partout. On est des writers , mais on n'écrit pas de poèmes, ni de critiques, ni de romans. On écrit notre alias ou le nom de notre crew. »

« Il y a toujours ce moment dans la jeunesse ou on se fout absolument de tout. C'est généralement à cet âge là qu'on défonce les rues. Le genre de choses qui irrite des gens comme vous je suppose. Imaginez que vous êtes un jeune qui grandit en ville et qui commence tout juste à comprendre que quelque chose ne tourne pas rond. Vous n'avez pas beaucoup d'informations ni de connaissances spécifiques mais vous prenez peu à peu conscience que vous n'avez ni envie de suivre, ni envie d'obéir. Ce monde n'est pas fait pour moi, pourtant je veux exister. Vous finissez par exister dans un autre monde, celui du graffiti. C'est dans ce nouveau monde qu'on peut devenir un King, non par filiation ni par l'argent qui permet d'acheter un titre de noblesse. Mon monde est fait de royaumes, chaque ville en est un, et chaque ville a son propre King. »

« Dans la rue, ce n'est pas celui qui peint les plus beaux murs qui obtient le titre de King. C'est celui qui le plus de courage et de détermination à sortir tous les soirs, à dormir le moins possible pour pouvoir peindre les spots les plus fous. Voler des bombes de peinture pendant la journée pour les vider avant le lever du soleil. On ne peut pas faire semblant. On est juste un writer de plus et la rue en est le seul témoin. Être un King dans le graffiti ne dure jamais longtemps, il y aura toujours des writers plus fous, plus déterminés. Chaque saison, le titre de King peut être contesté, parce qu'il n'y a pas de limites à la folie quand il s'agit de style et de rendement. Dans mon monde, j'ai des potes noirs, blancs, arabes, latinos, juifs, asiatiques, l'ensemble du spectre des tons de l'épiderme. Une incroyable diversité culturelle animée par la même passion, le graffiti. »

« L'Histoire de l'art devrait juste reconnaître le graffiti comme un mouvement. Le street art n'étouffera pas l'effort de milliers de writers qui sont restés authentiques depuis plus de 40 ans. Le street art est accepté par de nombreuses villes comme quelque chose de cool. Le street art cultive l'individualisme et est politiquement correct, même s'il prétend être critique et contre le statu quo. C'est une pratique parfaite qui s'inscrit dans l'égoïsme opportuniste qui suit les pas de la publicité. Avec le street art, il s'agit toujours de faire de l'argent et de s'acheter une bonne conscience. »

« Je me souviens être allé à Belfast il y a près de 15 ans. Ce quartier était plein de pièces étonnantes réalisées par des writers du monde entier. Je suis tombé sur une pièce de Sever, elle avait l'air d'avoir été peinte la veille. Je suis donc allé demandé si Sever se trouvait encore dans les parages. Cette pièce datait de 3 ans. Les gens du quartier m'ont dit qu'ils prenaient soin des peintures murales et qu'après avoir vécu pendant 15 ans entourés de fresques mémoriales représentant des martyres de la guerre contre l'IRA, ils avaient envie d'un peu de distraction. Ils prennent donc soin de certains murs parce qu'ils leurs plaisent et qu'ils ne sont pas partisans. »

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L'intégralité de la conférence de Jaba non sous-titrée :