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Disparition de Jean-Luc Duez: l'Amour ne court plus les rues

RIP Amour-01-511

Au début des années 2000, apparait partout dans les rues de Paris le graffiti Amour, soigneusement tracé en blanc, généralement au Posca. On pouvait le croiser sur les vitrines des bars, sur certains véhicules et sur le sol de nombreux trottoirs de la capitale. Le mystère le plus complet entourait l'auteur de ce message. Les spéculations allant bon train, certains prétendent alors que c'est une femme, d'autres que c'est une campagne de pub pour un site de rencontres.

Mais la réalité est plus cruelle, il s'agit d'un artiste peintre, Jean-Luc Duez éconduit par une femme qu'il aime, de manière obsessionnelle.

« Avant elle, il n'y avait rien. Après elle, il n'y a plus eu de place pour autre chose. Elle m'a téléphoné, furieuse. M'a crié de la laisser tranquille. Puis elle a dit : J'en ai marre de tes fleurs, trouve autre chose. Je l'ai prise au mot. Le lendemain, plus de fleurs. Des Je t'aime barbouillés tout au long de sa rue. Et près de son travail, partout où elle pouvait aller. J'ai été condamné pour harcèlement. On m'a interdit de chercher à la rencontrer pendant trois ans. »
-Jean-Luc Duez

« Chacun s'appropriait un petit bout de Je t'aime. Alors j'ai décidé d'écrire pour les autres plutôt que pour elle. En choisissant quelque chose de plus universel : Amour. »
-Jean-Luc Duez

RIP Amour-02-511

« Je ne comprends pas pourquoi tous ces gens m'aiment. Et elle, elle ne m'aime pas – cette conne. »
-Jean-Luc Duez

Malheureusement, d'Amour il n'y aura plus dans les rues de Paris. On a appris sur les réseaux sociaux la récente disparition de Jean-Luc Duez.

Pour se faire une idée de ce personnage haut en couleurs, Cyril Skinazy l'a suivi en 2009 dans les rues de son quartier parisien :

Source : Libération

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Pest P19, tout pour le style

Interview Pest -01-511

En compagnie des P19, Pest s'est fait un nom dans le sud de la région parisienne. Actif depuis le début des années 90, il ne semble pas prêt à raccrocher les gants et continue d'explorer les possibilités de son lettrage sur mur.

Interview Pest -02-511

« Quand j'avais 13 ans, un gars est venu à l'école avec une veste peinte et le livre Subway Art, ça a eu un effet très fort sur moi. J'étais déjà intéressé par le hip hop, mais depuis ce jour, j'ai plongé dans le graffiti. »

« Je veux seulement dire que j'existe. Je suis un writer, donc j'écris mon alias, pas besoin d'aller en école d'art pour suivre le mouvement. Cela n'a rien à voir avec la technique ou les jolies couleurs, tout vient du style ! Quand je parle de style, je parle aussi et surtout de lifestyle. »

« Les conseils que je peux donner : don't believe the hype, soyez vrai avec vous mêmes et trouvez vous votre propre style. Soyez inspiré mais ne copiez pas, ne sucez la bite de personne pour de la fame ou de l'argent. »

Source : Elrincondelasboquillas

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La Mairie de Paris censure (encore) les TWE

Décidément, on en vient à se dire que la Mairie de Paris a vraiment une dent contre les fresques des TWE. On se souvient d'une première censure d'une œuvre Quai de Valmy qui avait été repassée illico presto par les équipes de l'Hôtel de Ville. Ce mur était une réaction à la une manifestation contre la haine anti-flics du 18 Mai 2016.

Fresque de Mai 2016 Quai de Valmy

Cette fois-ci il ne s'agit pas d'une mais de deux fresques qui ont été effacées dans le quartier de Stalingrad. Toujours signés Lask et Itvan Kebadian des TWE, les murs avaient une dimension sociale : l'un reprenait le thème des violences policières qui leur est cher et l'autre celui de la guerre en Syrie.

police

Voici le bref témoignage d'Itvan qui a pris contact avec nous :

Nous venons de nous faire censurer par la mairie deux fresques à Stalingrad : une sur les violences policières, l'autre sur la Syrie, rue Henri-Noguères alors que tout les autres graffs sont laissés intacts. La liberté d'expression n'existe plus. C'est une honte !

Aujourd'hui les murs laissent place à deux rectangles gris au milieu des autres bandes qui n'ont pas été repassées. Censure à l'approche imminente des élections présidentielles ou volonté de la voirie d'économiser de la peinture et de ne pas bruler trop de calories ? Nous vous laissons vous faire votre avis…

Crédit Photos rue Henri-Noguères : Marie Christian.

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Ilk peint le M.U.R. d'Orléans

Ilk Orléans-03-511

Le 25 Mars 2017, Ilk s'est rendu à Orléans pour succéder à Alber sur le nouveau M.U.R.

« L'art ludique de Ludovilk Myers Ilk, clairsemé de couleurs et formes amusantes, n'est qu'une main tendue pour sombrer dans l'obscurité d'un univers imaginaire, organique et oppressant. »

A partir du 13 Avril 2016, Ilk participera à une exposition collective en compagnie de Cieu et Cédrick Vannier à Paris, au Loft du 34, plus d'infos ici.