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The Art of Writing Your Name: la bible du Calligraffiti

The Art of Writing Your Name fait le pont entre l'art ancestral de la Calligraphie et le Graffiti. De cette fusion est né un nouveau style, le Calligraffiti, popularisé par Niels Shoe Meulman, pionnier du graffiti en Europe.

Le livre présente un panorama complet de cette jeune branche de l'art contemporain urbain en suivant le travail de plus de 35 artistes : des plus anciens, comme Shoe et Chaz Bojorquez, aux plus récents, comme Usugrow, en passant par des figures établies telles que JonOne, Cryptik, Zepha, Tilt, L'Atlas, Saber, Faust, El Seed etc. De nombreuses photos en haute définition ainsi que des interviews viennent approfondir le sujet. C'est une vision ouverte et décomplexée de la calligraphie urbaine qui est proposée au lecteur avec des focus sur des œuvres réalisées à la bombe bien entendu mais aussi au pinceau, sur mur comme sur toile. Un ouvrage à mettre rapidement entre toutes les mains : les calligraphes modernes y trouveront une source efficace d'inspiration et les amateurs de Graffiti et de Street Art pourront approfondir leurs connaissances sur cette partie ambitieuse du mouvement.

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Christian Hundertmark est un des co-auteurs du livre, on lui doit également la très populaire série Art of Rebellion, plus qu'une référence.

Le livre coûte 34,90€ et est disponible ici sur Allcity.fr.

 

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Mercuriales, le nouveau projet de Saeio

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L'inénarrable Saieo présente un nouveau projet intitulé Mercuriales. En compagnie de Juliette Vilain et Clint176, Saeio a investi l'échangeur de Porte de Bagnolet à Paris, au pied des Tours Mercuriales. Fidèle à ses habitudes, il a rigoureusement peint tous les murs à sa disposition de manière illégale avec ses 2 partenaires, entamant un dialogue pictural avec l'équipe locale de nettoyeurs, s'attirant par la même occasion les foudres des patrouilles de la sécurité locale.

« L'espace, à ciel ouvert, est une architecture de 10 850 m2 sur 3 niveaux. Essentiellement faite de béton, elle tourne sur elle même formant un cercle doublement éclairé par les réflexions plongeantes des deux tours en miroir, la lumière tourne vite et les ombres parfois se dupliquent en de lentes vidéos noir et blanc. Les phares des voitures font graviter les peintures à différentes vitesses et changent leurs couleurs, parfois presque en relief au passage de la lampe verte ou rouge d'un taxi. Il faut faire attention aux sons dans ce trou puisqu'ils sont en écho; au dessus passe l'autoroute derrière le périphérique et en dessous de ce pont le vent fait tourner les arbres. C'est quand le soleil se couche que la lumière des néons fait apparaître de nouvelles formes et certains reliefs artificiels qui n'étaient pas visibles, nous rappellent la dimension sculpturale de ces motifs peints en des dalles, les peintures dans ce lieu sont en volume. Ici, le sens des mots prend une autre forme, celle de la peinture. La lettre qui est en ligne, se change en aplat et transforme son sens. »
-Saeio

Un ouvrage auto-édité de 184 pages en couleurs propose de faire la synthèse de ce projet monumental. Petit plus : les lunettes stéréoscopiques qui accompagnent l'ouvrage permettent de visionner une vidéo (réalisée par Anatole Abitbol) en réalité augmentée du lieu en 360° sur smartphone.

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Le livre Mercuriales accompagné de sa paire de lunettes stéréoscopiques est dispo ici.

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Rust Life – La bible de la rouille Vol.2: l'interview

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A l'occasion de la sortie du 2ème volume de RustLife – la bible de la rouille, un ouvrage consacré exclusivement au graffiti sur frets, Graffiti-V-Français s'est entretenu avec l'auteur qui partage et commente certaines de ses photos.

« Pendant longtemps, je n'avais même pas remarqué les trains de marchandises. Je me disais à chaque fois que j'en voyais un qui était peint, qu'il avait dû être tapé par des trainistes qui s'étaient pris une veste dans un dépôt. En faisant ce livre j'ai vite compris que durant la fin des années 90, il y avait déjà des équipes qui s'y consacraient à plein temps. Je pense notamment à Kdr, Mash et Smok en Lorraine ou aux HF dans l'ouest de la France. Puis au milieu des années 2000, Kiss et Rap ont commencé à flinguer les dépôts, les MGC, OVT, KST, 132/DTK, LEC, DME et j'en oublie sûrement beaucoup d'autres, en ont aussi fait en grande quantité. J'ai rencontré Fishe en 2008. Il m'a amené taper ma première bâche dans la ville rose. Ça a été le déclencheur de cette passion qui a duré jusqu'en 2012. A partir de cette période je me suis mis à prendre tout ce que je pouvais croiser sur fret en photos mais sans trop savoir ce que j'allais en faire. C'est vraiment ma rencontre avec Kaise de Toulouse qui m'a donné envie de faire ce livre. Il en avait déjà peint plusieurs centaines en 2008 quand on s'est rencontré le temps d'une soirée. Quand il me parlait de sa vision du fret, il m'a dit à plusieurs reprises, pour le moment tout le monde s'en fout, mais un jour tu verras, un gars décidera de faire un livre sur le fret. En rentrant chez moi, je me suis dit que ce gars ça serait moi. Et 8 ans plus tard le Volume 1 de Rustlife voyait le jour. »

« J'aime tout dans les trains de marchandises. L'ambiance des dépôts, le coté vieux et rouillé des wagons. La quantité de modèles existant est impressionnante, il en existe de toutes les formes et de toutes les couleurs. Il y a énormément de lignes différentes. Ce qui est intéressant c'est que pratiquement tout le monde s'attaque à la même ligne, alors qu'il en existe plusieurs dizaines réparties aux quatre coins de l'hexagone. Je trouve que c'est un support noble, qui mérite qu'on lui porte de l'attention. Souvent dénigré, parfois détesté, il attire aujourd'hui la convoitise du plus grand nombre. A côté de ça, si je devais te parler de la scène actuelle qui peint des frets, j'aurais juste envie de dire aux merdeux qui repassent des petits bouts d'histoire d'aller se faire foutre. Éduquez-vous bordel, retournez vous montrer dans les vernissages et pour finir continuez à mettre chacun de vos tags sur Instagram… Mais s'il vous plaît, oubliez les frets. C'est nul les frets, y a aucune notoriété à acquérir avec ce support ! Mais si après tout ça, vous voulez absolument continuer à en faire, montrez un peu de respect à ceux qui étaient là avant vous.De plus en plus de pièces disparaissent, rien que ce mois-ci, j'ai vu des panels à Solek, Super et Fish se faire repasser. Les flops de Kiss, les pièces des HF ou les tags de Keyz se font de plus en plus rares. »

« Selon moi il y a trois périodes qui ont été importantes dans la scène graffiti sur frets. […] Je ne vais pas te faire un top 5, car je ne pense pas avoir suffisamment de connaissance pour quantifier tout ça. […] Kiss, hallucinant le mec a un geuta sur chaque modèle, c'est impressionnant. »

« Rap et ses tags des 2 côtés de l'échelle. »

« Les 517, très grosse présence alors qu'ils ne sont que deux. »

« Dexun, quantité et qualité. »

« Kosmo et Flash, premiers sur toute la ligne. Ils ont fait tous les modèles de frets et doivent connaître 90% des plans frets qui existent en France. »

« Shae, de très beaux wildstyles sur bâche comme sur ferraille. »

Pour en apprendre plus sur la scène du graffiti sur frets en France, le volume 2 (344 pages) est disponible ici.

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Les C29 célèbrent leurs 15 ans avec un livre en crowdfunding

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Créé en 1999, le crew breton C29 regroupe Arnem, Bush, Asar, Malik, Reduk, Baby K, Drak, Jone, Ofuske, Wen2, Meyer, Les Gens, Moner, Aiser, Skom, Omse, Shire, Haribow, Pak, Mites, Shire, Arcko,Soem, Skal. De nombreux membres actifs qui perpétuent la tradition du crew habitué aux grandes fresques à thèmes pas seulement en Bretagne mais à travers toute la France. Leurs productions sont souvent axées autour d'un thème cosmique qui est devenu au fil des ans leur marque de fabrique.

C29 par Bush

C29 par Bush

Les murs complexes s'enchainent de Nantes à Cherbourg via Lyon toujours accompagnés de décors ultra taffés.

Moner C29

Moner C29

Skom C29

Skom C29

Après 15 ans d'existence, les C29 décident de retranscrire leurs aventures communes dans un livre de 416 pages, couvrant la période de 1999 à 2016.

« En 2014, le Cartel 29 fête ses quinze ans et l'idée de retranscrire cette aventure à travers un livre nous apparaît alors comme une évidence. Deux ans de travail ont été nécessaires : une année entière d'archivage de photos, puis une deuxième pour la conception et la mise en page. Aujourd'hui le livre est enfin prêt à être imprimé. »

Couverture du livre signée Haribow

Une sélection de pages de l'ouvrage :

Le livre est proposé en financement participatif sur la plateforme KissKissBankBank pour une sortie prévue début Juillet 2017.

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U.V. le livre: le crew dévoile ses archives

UV, deux lettres qui ont marqué durablement le graffiti parisien. Ultra Violent, dans le fond et -parfois- dans la forme, à l'image d'un crew radical et sans concessions. L'auteur et membre du groupe, Rap, se plonge dans ses immenses archives pour sortir LE livre illustrant le parcours de l'équipe, également composée de Trane, Fuzi, Sit, Gaz, Kilo, Ey1, Dok, Salo, Babs, Erco, Frez, Zeab pour ne citer qu'eux.

376 pages de photos rares (le plus souvent grand format) qui reviennent sur les actions, les tags, les murs, les métros et surtout les trains. Un grand nombre de clichés témoignent du lifestyle de la bande et offrent une véritable plongée dans leur univers, pour le plaisir des nostalgiques de l'époque, comme des plus jeunes qui n'ont pas connu le graffiti à Paris dans les 90's. A l'occasion de la sortie du livre, Streetpress a questionné Rap sur quelques photos emblématiques.

Je pense que personne n'a autant de photos de graffiti à Paris que moi. Depuis longtemps, on me demande de faire un livre mais je refusais. Je trouvais ça trop racoleur. Finalement, j'ai changé d'avis. Je me suis dit que je ferai ce livre une fois pour toute.

Cette photo a été prise, par le photographe Silvio Magaglio, au printemps 2001 à Saint-Lazare. C'était un shooting pour Radikal. On avait même une pleine page dans le magazine. Sur la photo, il y a Tacl, Salo, deux graffeurs des UV, et moi. Cette époque marquait l'explosion du street-wear en France. Tous les rappeurs avaient leur marque. Certains graffeurs aussi. Avec les UV, on a commencé à faire quelques sweats, quelques tee-shirts. Mais bon, on ne s'est pas investi à fond. J'étais graffeur avant tout. Je n'avais pas l'âme d'un commercial.

Cette photo date du Printemps 2001. Un soir, on rentre à Herblay. A peine posé chez moi, Fuzi se met à copier la couverture d'un Mickey Parade qu'il avait piqué sur la route. J'ai tout de suite flashé. Je lui ai dit qu'il fallait en faire notre peinture en gardant les persos mais en remplaçant le nom du magazine par Urban Vampirz (UV). On est allé graffer un dimanche matin. Deux trains gris étaient garés. On a mis 2 bonnes heures. Quand on a fini notre peinture, on a fini nos bombes sur d'autres trains.Ce whole car on l'a fait sur le RER C dans un dépôt à Juvisy. Il faut savoir qu'à cette époque la ligne C, c'était New York. Tous les graffeurs de Paris venaient peindre cette ligne. La SNCF était dépassée, les trains roulaient pendant plusieurs semaines avant d'être nettoyés. Et à mon avis, cette peinture c'est l'une des meilleures.

Dans le graffiti, tu as deux écoles : les murs ou les trains. Pour les murs, l'intérêt c'est de faire des peintures travaillées, pépères. Quand tu peins sur des trains, tu retrouves à la fois cet aspect graphique, la recherche de lettrage et de couleur, mais aussi le côté mission : trouver les dépôts, éviter la surveillance, connaitre les horaires des gardiens. Ça devient un sport artistique. Moi je me suis plus tourné vers le train. Quand tu as goûté à ça, tu ne peux plus t'arrêter.

Cette photo a été prise en 2000 un peu par hasard. Je me promenais à Paris avec mon caméscope pour filmer des murs, des tunnels ou des actions. Trane et Sylea deux autres membres d'UV m'avaient prévenu qu'ils voulaient faire des graffs boulevard Magenta. Au fur et à mesure, pas mal de membres du crew nous rejoignent. Je dis aux gars : « allez on se fait une petite photo de famille. » Comme je filmais en même temps, ils faisaient un peu les fous.

On est en 2000. Avec les UV et les TPK, on se rejoignait tous les samedi soirs au niveau de Pigalle. On se retrouvait à 30 gars : ça fumait, ça buvait des bières. C'est à cette époque que le groupe a été le plus actif. A partir de 2002, les enquêtes de la cellule anti-graffiti de la Gare du Nord ont mis un coup d'arrêt à plein de gens. Les flics rêvaient d'un gros procès UV TPK. Pour les graffs mais aussi pour les violences supposées. A l'époque, tous les graffeurs qui se faisaient interpeller disaient que c'était nous les méchants.

C'est à cette époque que Zeab, un membre de TPK, meurt dans un accident de voiture sur le périph'. Avec les UV, on a décidé de lui rendre hommage en faisant une peinture dans une usine près de chez nous, à Herblay. Puis l'équipe TPK a décidé de peindre un gros Zeab en couleur, plus travaillé, le long du canal de l'Ourcq du côté de Bobigny. On a voulu faire aussi notre graff. Fuzi s'est occupé du lettrage puis on a tous rempli : Fuzi, Salo, Trane, Kilo et moi.

Cette photo date de 2001. C'est le soir de l'anniversaire de Salo, un membre des UV. On a commencé par dîner tous ensemble dans un resto chinois. Pour l'occasion, on s'était bien habillé. D'ailleurs sur la photo, tu vois que Fuzi porte des chaussures en cuir et un pantalon à pinces. Il a même une chemise sous son gros manteau.
À la fin du repas, on était bien bourré. Certains sont partis en boîte, d'autres sont rentrés chez eux. Fuzi et moi, on est parti graffer dans les tunnels du métro. On a fini dans un dépôt de Saint Lazare à faire un end to end [enchaînement de graffiti sur l'ensemble d'une rame, ndlr]. On a graffé jusqu'au petit matin. On a même croisé un chauffeur de métro. Il a eu vachement peur le gars. Il nous a dit : « c'est pas grave pour cette fois les gars mais faites gaffe. Bientôt il y aura un maître-chien pour surveiller le dépôt. » Je suis sur que c'était un coup de bluff.

Les quelques centaines d'autres photos d'archives sont à découvrir dans le livre des United Vandals, disponible ici sur Allcity.fr.