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New York Graffiti Experience: le tout 1er film sur le graffiti refait surface

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La même année que la diffusion du documentaire Watching My Name Go By sur la BBC, Fenton Lawless réalise le 1er documentaire sur le phénomène du graffiti, à New York. Une nouvelle pépite désormais disponible sur Youtube à ranger avec des classiques comme Stations of the Elevated.

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On est en 1976, Cliff159, fondateur du crew 3YB (3 Yard Boys), règne en maître sur la Grosse Pomme. Il se fait remarquer par une maitrise de ses lettrages et son originalité. C'est en effet un des premiers writers à utiliser les persos issus de l'univers Marvel ou des cartoons sur les métros et les murs de New York (pour rappel, à cette époque les Twin Towers sont en cours de construction).

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Dans ce documentaire inédit, intitulé The New York Graffiti Experience, on trouve une quantité impressionnante de pièces de Billy 3YB, Dr Frost, Comet, Lsd OM, Checker170, Ajax, Z.ro, El Marko164, In, Blade. Le tout accompagné par une bande son originale et une interview exclusive de Cliff159.

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« On a passé beaucoup de temps à prendre des photos dans différents quartiers. Cliff était partout à l'époque – il était omniprésent. Il n'était pas seulement sur les murs, il était sur les métros. J'ai donc demandé à droite et à gauche son contact. Une chose menant à l'autre, j'ai filé mon numéro de téléphone à un gamin qui disait connaitre Cliff, pour lui proposer du boulot. Ce qu'il a fait. Cliff a dessiné les titres du film. Nous avons eu de nombreuses conversations. Il m'appelait, je ne l'ai jamais appelé. On a fini par créer un lien. Tout ce que j'ai dit que je ferais, je l'ai fait. Je l'ai utilisé pour la voix off. Il a été payé pour ça aussi. Je pense qu'il était séduit par le fait que je m'intéressais à ce qu'il faisait et que je voulais tout documenter. »
-Fenton Lawless, réalisateur

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Quelques extraits traduits de l'interview de Cliff159 :

« Si les flics attendent dans le dépôt, il faut réussir à les semer en passant par des chemins qu'ils ne pourront pas emprunter : monter sur le toit des wagons, passer sous les rames pour atteindre une sortie de secours sûre pour s'enfuir. »

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« Je veux être reconnu en tant qu'artiste, j'en ai assez d'être étiqueté vandale. »

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Flint, retour sur l'âge d'or du graffiti new-yorkais

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Retour en arrière, en 1965. Roberto Gennari, un enfant dyslexique et dur d'oreille ne trouve pas sa place à l'école. Pourtant, durant un cours sur la 2ème guerre mondiale, l'attention de Roberto se focalise sur le phénomène Kilroy, un graffiti répété par les soldats américains aux 4 coins de la planète. A Partir de ce moment là, Roberto devient Flint. Inspiré par les slogans et les publicités de Madison Avenue, Flint inscrit son nom un peu partout, y compris sur le métro, accompagné par de petites phrases intrigantes, une idée reprise plus tard par Al Diaz et Jean-Michel Basquiat. A partir des années 70, Flint photographie ses potes durant leurs sessions tags, des photos rares qui nous plongent dans l'âge d'or du graffiti new-yorkais. Miss Rosen a rencontré Flint pour Dazed, en voici quelques extraits traduits.

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« J'avais 9 ans quand j'ai décidé d'adopter une identité secrète. J'étais un grand lecteur de Comics Marvel (Daredevil était mon personnage préféré) et je considérais les 5 premiers James Bond comme une grande inspiration dans ma manière de vivre. Je pensais ne pas pouvoir prendre James Bond comme alias (un autre writer a utilisé l'alias Bond007). Je voulais me sentir spécial mais sans attirer l'attention sur ma personne. Quand un des nos profs nous a parlé du phénomène Kilroy en classe, ça m'a interloqué. Je savais qu'en utilisant un marqueur, je pouvais faire la même chose. »

« En 1966, je suis parti en vacances en camping avec ma famille durant l'été. A ce moment là, j'écrivais la plupart du temps dans les toilettes et je gravais mon nom sur les tables de pique nique et les arbres avec un couteau. J'étais le vilain petit canard de la famille et j'essayais de m'en échapper dès que je pouvais. Le nom Flint, cela ne pouvait pas être moi. Mon père, c'était Furio, mon frère, Gino, mon grand-père, Augusto et moi, Roberto. A la fin des années 60, je taguais Flint du haut en bas de l'Avenue Flatbush et dans les cabines téléphoniques, comme mon idole Pray. A cette période, j'allais à l'école à Crown Heights. Étant un des rares étudiants blancs, je me suis retrouvé dans pas mal de bagarres. »

« Les slogans attrayants sortent toujours du lot. On les lit rapidement mais ils ont de l'impact. Dans l'armée, devenez vous-mêmes. C'est comme une rengaine entêtante, immédiatement reconnaissable. J'avais l'habitude de me balader avec un carnet en poche pour noter les meilleures. J'ai mis à ma sauce les messages des fortune cookies et des paroles de chanson. »

« J'aimais bien me distinguer des autres. Je n'aurais jamais tagué à côté de quelqu'un. Il m'est arrivé de grimper à un poteau pour taguer le plafond d'une station de train. »

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« J'étais à l'université Art & Design de 1971 à 1975. Quand j'ai débarqué, j'étais déjà célèbre. Mais à la manière de Clark Kent qui cachait sa double identité. Lunettes sur le nez, personne ne reconnaissait Superman. Les profs m'appelaient Flint, parce que c'était mon nom. J'ai été le premier à taguer dans cette école. C'était propre quand je suis arrivé. Je ne sais pas comment c'était les années précédentes, l'école avait peut-être tout repeint cette année là. Mais quand j'ai commencé à poser mon nom, tout le monde a suivi : Tracy168, Pistol1, Steve61, Shasta, Fuzz1, Shadow, Bomb1 etc… »

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L'intégralité de l'entretien est à lire en anglais ici.

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James TOP, à l'origine du throw up

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Parmi les pionniers du graffiti sur métro, certains passent sous les radars depuis de nombreuses années. Mentor de Dondi à la fin des années 70, James TOP alias Jee2 appartient à la génération des writers comme In, qui a donné ses lettres de noblesse au throw up, élément indispensable de la panoplie du writer accompli. Pour rendre à César ce qui appartient à César, Ray Mock l'a rencontré, quelques extraits traduits de l'entretien.

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« Avec Hurst, Mickey et In, on a formé le crew TOP (The Odd Partners). Ils vivaient à Brownsville, tandis que Tee et Stim vivaient à Bedford-Stuyvesant. On avait verrouillé les 3 quartiers. Je taguais Jee2 à l'époque. J'ai fait mes premiers tags dans les wagons de la A avant de me mettre à peindre des panels. L'été 1974, In s'y est mis. Il taguait Kill3. C'était le writer le plus prolifique de l'époque. On faisait des petites pièces de 2 lettres, j'ai conservé mes 3 lettres, mais c'est comme ça qu'on a pu tout contrôler. C'était des throw ups simples et basiques, mais on appelait ça des pièces. La terminologie spécifique est venue par la suite. »

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« Ça fait 35/40 ans que le phénomène du throw up est apparu pour devenir un élément du répertoire du writer. Si tu ne peux pas faire de throw ups, tu ne peux pas te défendre, c'est une arme de guerre. On a créé ce qu'on appelle throw up pour être le plus efficace possible avec un minimum de peinture. C'était compliqué pour nous de s'en procurer. On s'est focalisé sur le chrome et le noir. »

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« Quand on peignait, il s'agissait de prendre le contrôle d'une ligne. Si on tombait sur un King, on le pourchassait. C'était notre stratégie. On était à l'époque les seuls à agir de cette manière. Les autres crews avaient des manières de procéder complètement différentes. On repassait systématiquement le King. Quelque soit la personne qui contrôlait la ligne, on le repassait sans pitié. »

« Évidemment, In est le plus connu. Il a pris le contrôle total du système métropolitain new-yorkais 2 fois. Quand il s'est fait attraper avec Mickey et Hurst, ils étaient à peine âgé de 15 ans. Le Vandal Squad essayait de nous arrêter par tous les moyens. Quand ils nous coursaient sur une ligne, on en peignait une autre. C'était un véritable jeu de chat et de la souris. »

« Durant la grosse coupure de courant de 1977, il y avait des pillages complètement fous dans l'East New York, on avait un club house. On cachait tout ce qu'on volait dans ce lieu. On avait demandé à un type de veiller à notre matos, c'était Tai. Mais ce gars a rapidement raconté dans le quartier que nous avions plein de choses à vendre. On a fini par l'apprendre et on a viré ce gars à coups de pieds dans le cul. On s'est vite rendu compte que des gens faisaient la queue dans l'espoir d'acheter des trucs à prix cassés. On a dévalisé une pharmacie et de nombreuses personnes sont venues nous voir pour nous acheter du lait, des couches. Les gens arrivaient avec des histoires hyper dures. On a décidé de ne plus rien vendre mais de filer ce qu'on avait volé. On a rapidement acquis une réputation de Robin des Bois. »

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« J'ai introduit Dondi. Ce gars nous suivait dans le quartier pour taguer et peindre. On l'utilisait comme testeur de spots. S'il était capable de voler des trucs dans un magasin, on savait alors que c'était bon. Il était jeune, 15/16 ans, on l'emmenait avec nous dans les dépôts, il secouait nos bombes, il faisait tout ce qu'il fallait pour être un bon apprenti. »

L'intégralité de l'interview est à lire en anglais ici.

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Arrestation de Clyde EHC à New York

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Belote et rebelote pour Clyde EHC. Après s'être fait serrer pour avoir peint des métros à Washington en 2015, il s'est de nouveau fait arrêter pour les mêmes faits, mais cette fois à New York, le 1er Février 2017.

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En 2015, après une année d'enquête, la police de Washington met la main sur Jordan Reese McConeghy alias Clyde EHC pour plusieurs peintures sur métro.

Jordan Reese McConeghy alias Clyde, Washington, 2015

Jordan Reese McConeghy alias Clyde, Washington, 2015

L'énergumène, ayant de la suite dans les idées, ne raccroche pas les gants pour autant. Il enchaine les peintures aux 4 coins du pays, que ce soit sur murs ou sur frets.

Clyde EHC, New York

Clyde EHC, New York

Suspecté d'avoir peint 26 rames dans 4 boroughs (Queens, Brooklyn, Bronx, Manhattan) de New York, la police a procédé à une perquisition durant laquelle ont été saisis 271 bombes de peinture, 2 appareils photos recouverts de tâches de peinture, 2 ordinateurs portables et 4 disques durs.

« Il est accro aux trains et au graffiti, il cherchait la gloire. »
-un membre de la police new-yorkaise

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Sources : NYDailynews, NBC Washington

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Kiptoe, c'est la taille de la perche qui compte

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Amateur de fresque monumentale, l'artiste américain Kiptoe n'utilise pas d'échafaudage mais une gigantesque perche télescopique avec laquelle il se débrouille pour peindre un mur détaillé à New York.

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Ses fresques peintes aux États-Unis et au Brésil sont influencées par les super héros et les films d'action comme Spiderman, Daredevil, Iron Man & Captain America.