writer's bench

Sp.one, retour aux origines du graffiti

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Greg Lamarche alias Sp.one inaugure The Bench, une série vidéo produite par Chino BYI. Le principe est simple, en réalisant un sketch en noir et blanc, Sp.one évoque son parcours de writer qui a débuté en 1981 dans le Queens, le tout accompagné d'images d'archives.

« C'était comme un rite de passage, tous mes potes faisaient des graffitis au début des années 80. Jusqu'à aujourd'hui, tout tournait autour des cours d'écoles. »

« Pendant de nombreuses années, je peignais des pièces qui devaient être parfaites. »

Après de nombreuses années de writing, Sp.one revient aux origines du graffiti pour y puiser ses idées de lettrage.

« Je veux revenir en arrière en quelque sorte, et tout simplement m'amuser. »

Source : Mass Appeal

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Veone, King du bombing à New York dans les années 90

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Le 8 Juin marque la date anniversaire du meurtre non élucidé de James Anthony Conti alias Veone, un des writers les plus actifs dans les rues de New York à la fin du millénaire dernier. Petit flashback : dans les années 90, la Grosse Pomme subit les assauts de writers qui répètent inlassablement leurs throw ups dans les 5 boroughs. On assiste à une véritable lutte sans merci entre writers. Originaire du Queens, Veone sort du lot par son implication dans le game. Le destin de ce writer passionné s'achève tragiquement le 8 Juin 1997. Alors qu'il assiste à la parade Portoricaine dans le quartier de Bushwick, il est victime d'une balle perdue.

« Quand j'ai commencé à voir le taff de Ve, Sn, Giz , j'ai tout de suite su qu'il allait falloir que je m'adapte. Je n'ai jamais rencontré une personne qui a eu un tel impact sur moi en si peu de temps. »
-Jaone

« Ve n'était pas seulement un writer, c'était aussi mon meilleur ami. C'est une des personnes avec lesquelles je partage le plus de souvenirs. J'ai parcouru le monde entier mais je n'ai toujours pas rencontré quelqu'un comme Ve. »
-Giz

Au fil des années, de nombreux writers dont Giz, Goomba, Spot rendent hommage à la légende sur différents supports :

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Richard Hambleton, les ombres du désespoir

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A la fin des années 70, la distinction entre street art et graffiti n'a pas encore été clairement établie par les institutions. A New York, alors que les writers défoncent le métro, Jean-Michel Basquiat, Keith Haring et Richard Hambleton peignent dans les rues éclatées de la Grosse Pomme.

Image Mass Murder, Richard Hambleton, 70's

Image Mass Murder, Richard Hambleton, 70's

De 1976 à 1979, Richard Hambleton investit l'espace urbain dans 15 villes aux États-Unis et au Canada en peignant des silhouettes au sol, comme le fait alors la police pour délimiter les scènes de crime. Ses interventions sont considérées comme étant les 1ères émanations du street art.

« La ville n'est pas une toile vierge. C'est un film vivant avec lequel je collabore. »
-Richard Hambleton

Durant les années 80, Richard Hambleton, fasciné par les coins sombres de New York, s'emploie à peindre de grandes silhouettes noires terrifiantes dans des spots inattendus, près de 500 rien qu'à Manhattan. Il commence à exposer dans différentes galeries avec succès et participe à la Biennale d'art contemporain de Venise en 1984.

Richard Hambleton & Jean-Michel Basquiat

Richard Hambleton & Jean-Michel Basquiat

En 1984, Richard Hambleton se rend en Allemagne pour peindre le mur de Berlin :

L'Histoire de l'Art et le marché ne retiendront malheureusement que Basquiat et Keith Haring, une reconnaissance amplifiée par leur disparition rapide. A l'aube des années 90, Richard Hambleton sombre dans la drogue et l'oubli. La légende veut que l'artiste héroïnomane, complètement fauché et dévasté, utilise le sang restant dans ses seringues pour peindre des toiles…

Cité comme référence par Blek Le Rat, Richard Hambleton a marqué son temps de ses silhouettes menaçantes et a ouvert la voie à de nombreux artistes comme Banksy.

Pour combler un manque évident, Oren Jacoby offre une 2ème vie à ce précurseur d'un street art engagé, en présentant un documentaire intitulé Shadowman au festival du film de Tribeca courant Avril 2017.

Un extrait du docu :

Sources : New York Post, Indie Wire, Gothamist