Les 132 publient désormais leurs archives sur leur tout nouveau Tumblr. On y retrouve des photos de graffiti sur murs, trains et métros des années 90 à nos jours, réalisés par les équipes parisiennes et marseillaises du crew : Cosla, Dire, Jeris, Jezy, Kostar, Lawet, Lire, Mozes, Mr Qui, Neasso, Nosé, Rock, Soklak, Yulk entre autres.
Voici une vidéo qui vient en contrepied de ce que l’on a l’habitude de voir quand on pense au graffiti sur trains. En effet les membres du Graffiti Cleaning Unit parodient les vidéos de graff que l’on a l’habitude de voir : au lieu de peindre, ils nettoient… Et tous les standards des films graffiti sont repris avec un grand sens du détail : les scènes d’action visage masqué (avec l’inévitable beat d’accompagnement), les sauts de rails, les intérieurs de rame (devant l’habituel public médusé), rien n’est épargné.
Les Provinciaux est un blog qui donne la preuve (s’il en fallait une) que le graffiti se porte très bien hors de Paris en regroupant le travail de certains activistes en Bourgogne (Nevers) et de la Région Centre (Bourges, Orléans, Tours) avec Rwick, Gifl, Igrek, Keuz, Hofs, Régis, Alon, Genez, Paella, Les Gens, Lemat, Tronsh entre autres.
Forte de sa grande expérience du « journalisme d’investigation » spécial période pré-électorale, la chaine télé W9 a fait très fort ce vendredi 27 Janvier 2012 avec leur émission Enquête d’action, intitulée Transports – enquêtes sur les nouvelles délinquances. Après Appels d’urgence diffusé en 2003 en compagnie de la brigade anti-graffiti de Gare Du Nord, c’est au tour de la nouvelle cellule anti-graffiti parisienne d’être mise à l’honneur, dans un chef-d’œuvre journalistique digne des pires propagandes habituellement commises par TF1.
Le 1er sujet suit l’arrestation du crew ADT sur la ligne 7 du métro parisien :
Le second sujet concerne l’arrestation controversée de Skweez :
Dans un souci d’objectivité, les « journalistes » ont jugé bon de flouter les graffs de Skweez. On ne sait jamais, des fois que ça plaise au grand public ? Du coup pour ceux qui ne les connaissent pas déjà, voici quelques photos :
Inutile de préciser que Skweez a fait un bond en découvrant les graves affirmations du reportage à son encontre. Voici sa réaction officielle, communiquée via Facebook :
« A tous ceux qui ont regardé W9 : La moitié de ce qui à été dit n’est que pur mensonge, je me dois de donner quelques éclaircissements à ceux que ça intéresse. Mes soit-disant antécédents de criminel sont faux. Je n’ai aucun antécédent de violences avec armes. Alors que j’avais 18 ans une petite bourgeoise mythomane âgée de 17 ans avec qui je sortais et qui répondait au doux nom de Leslie Rambaud, dont le beau-père est adjoint au maire du Perreux (qui subira les mêmes accusations que moi) et que mes amis d’ enfance connaissent très bien, a déposé une plainte mensongère contre moi pour se venger d’avoir mis fin a notre relation d’adolescent. J’ ai été convoqué au commissariat, j’ai fait une garde-à-vue et je suis sorti le lendemain. Tous mes amis connaissent cette histoire et savent que je ne suis jamais allé en prison. Je ne souhaite pas à mon pire ennemi de subir ces accusations à tort, et pire encore que ces accusations soient répétées 12 ans plus tard par un abruti à la télévision. Le soit-disant 9mm est un factice avec le canon obstrué, les enfants en ont de plus réalistes, la bombe lacrymo et la matraque sont des agréments professionnels d’agent de sécurité que j’ai depuis 10 ans et de toutes façons tous les habitants de St Denis et les femmes seules en ont une ! LOL… Bref ces connards de journalistes que j’ ai virés à coups de pompes et qui filmaient depuis l’ escalier à l’extérieur de l’ appartement (et qui à ma grande surprise n’ont pas montré ces images) ont exagéré l’ histoire pour faire leur buzz . Les flics ont carrément monté un faux flag contre moi à partir d’une vraie dénonciation afin d’avoir la permission du juge pour pouvoir me casser la porte à 6h du mat sans preuves légales. D’ailleurs je vais en profiter pour fournir une déposition très claire sur l’ informateur en question. A suivre… »
L’émission complète est à visionner ici sur W9 Replay, ou rediffusée le 4 Février 2012 à 15h40.
Frédéric Potet anime un blog sur le site du Monde. Il s’est intéressé cette semaine au Technicentre de la SNCF à Saint-Pierre-des-Corps qui remet en état les rames RER et trains de banlieue de la région parisienne. En voici quelques extraits :
« Graffitis, tags, rayures, lacérations, arrachages. Qu’on se rassure : la ville de Saint-Pierre-des-Corps n’est pas devenue subitement un haut-lieu en matière de vandalisme. Mais si l’on veut en apprendre un peu sur le sujet, on ne conseillera que trop de visiter le Technicentre de la SNCF, poumon industriel de la petite cité cheminote de l’agglomération tourangelle. Gigantesque atelier de 15 hectares où travaillent plus d’un millier de personnes, ce centre de maintenance et d’ingénierie a notamment pour activité la remise en état de trains endommagés circulant en région parisienne. Une trentaine de rames – RER et trains de banlieue – viennent chaque année se refaire une santé ici. Leur état en arrivant témoigne autant de l’acharnement que de l’imagination de ceux qui s’adonnent à ces dégradations. Eradiquer le fléau est sans doute impossible. Le restreindre est l’objectif des équipes affectées à cette mission de chirurgie ferroviaire. Petit tour d’horizon des dégâts commis. Et des parades trouvées. »
« La virulence des aérosols utilisés par les taggueurs est telle qu’il est souvent impossible de faire disparaître complètement leurs réalisations : de plus en plus souvent, un spectre de peinture reste visible après le nettoyage. La riposte existe : elle s’appelle le pelliculage et consiste à poser des films plastique sur les parois stratifiées, les vitres et sur certaines parties peintes de l’extérieur. L’opération de remise en état n’en sera que plus facile : il suffira de retirer le pelliculage barbouillé et de le remplacer par un autre. Afin de dissuader les bombeurs, des films décorés de motifs – feuilles d’arbre, courbes sinusoïdales… – sont désormais collés sur les plafonds des voitures ou sur certains vitrages intérieurs. C’est la stratégie de l’arroseur arrosé : un taggueur aura théoriquement plus de difficulté à commettre son forfait sur une surface déjà ornementée que sur un aplat de couleur. Imparable ? Pas tout à fait cependant. Pour qu’il puisse être enlevé et changé par les techniciens de la SNCF, un film doit dépasser légèrement de la surface où il a été posé –1 mm dans le recoin d’une vitre par exemple. Certains taggueurs le savent, tirent sur l’amorce et exécutent leur travail comme si de rien n’était. »
« Cela fait longtemps que les verres feuilletés de sécurité ont cédé sous les coups d’outils toujours plus performants : poinçons, roulettes ou encore petites meules portatives, précise Christelle Romeo, la responsable de l’unité fenêtre du Technicentre. »
« Les bombeurs aguerris savent qu’au Technicentre de Saint-Pierre-des-Corps des rames sont entièrement ripolinées avant d’être entreposées sur les voies extérieures. Sauter par-dessus le grillage est alors un jeu d’enfant. Il y a quelques mois, une équipe de taggueurs – visiblement venue d’Espagne, croit-on savoir – s’est en donnée à cœur joie. Les rames repeintes sont désormais planquées, à quelques kilomètres de là. »