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Ceci n'est pas un graffiti: le documentaire sur l'histoire du street art

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Des catacombes de Paris aux salles de vente, la série mise en ligne par Arte Creative intitulée Ceci n'est pas un graffiti révèle en 10 épisodes les rouages du street art, un courant artistique inédit dans l'histoire de l'art. On y trouve de nombreuses interviews de journalistes, galeristes, et d'artistes tels que Blek Le Rat, Kashink, Psyckoze, Jonone, L'Atlas, Jean Faucheur, C215

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Le 1er épisode intitulé Il était une fois le street art regroupe des interviews de Jonone, Magda Danysz, Arnaud Oliveux, Speedy Graphito, C215, Blek le Rat, Miss Tic et du collectif VLP.

« Le street art, d'une certaine manière, est une parodie du graffiti. Un véritable acteur du graffiti va s'exprimer pour son équipe de foot, pour déclarer sa flamme à sa petite amie, pour dire qu'il est passé par là, pour dire qu'il insulte son voisin, ou qu'il nique la police, qu'il baise la France. Alors que l'artiste, d'une manière ou d'une autre prétend toujours être subversif, mais il est toujours du côté de l'ordre. L'artiste par nature, même s'il conteste le système, fait partie du système. Être assimilé par le système est son fantasme inavoué. Il n'y a pas un seul artiste alternatif qui ne rêve pas de finir sur les pinacles des grands musées. »
-C215

Le 2ème épisode regroupe différents points de vue féminins (Konny Steding, Magda Danysz, Stéphanie Lemoine, Miss Tic, YZ) sur l'art urbain.

« Le street art est tout aussi macho que n'importe quel mouvement artistique contemporain. »
-Stéphanie Lemoine

Le 3ème épisode, intitulé Street art Melody, se penche sur le parcours atypique du groupe VLP (Vive La Peinture). Psyckoze accompagne le duo dans les Catacombes pour une session peinture.

Le 4ème épisode est une enquête sur le marché de l'art et le phénomène de spéculation.

« Je vois le galeriste comme un promoteur, il est là pour mettre en valeur le travail de l'artiste. »
-Jonone

Le 5ème épisode interroge l'utilisation des média sociaux par les artistes.

« Je suis vraiment accro à Instagram. »
-Jean Charles de Catelbajac

Le 6ème épisode est consacré au partenariat entre marques et artistes.

« Avant je peignais des métros, maintenant je laisse mes œuvres sur les avions. Un tag sur un avion, je ne vois pas ça souvent. »
-Jonone

Le 7ème épisode débute avec une belle altercation entre un passant/délateur et Miss Tic et questionne la politique de certaines villes qui utilisent le street art.

« Peindre dans la rue, je l'ai toujours fait, mais j'ai été tentée d'arrêter parce que j'ai eu un procès pour dégradation et j'ai pris cher. Je ne suis pas une martyre. […] J'ai trouvé la solution, j'ai commencé à demander des autorisations pour échapper à la justice et à la répression. »
-Miss Tic

Pour le 8ème épisode, direction Berlin, haut lieu du street art.

« Je pense que le street art ou le graffiti doit rester dans la rue. La récupération ne fera que créer un phénomène comparable à l'académisme du 19ème siècle, c'est à dire des artistes pompiers, récupérés par des politiques qui finalement ne produisent pas grand chose d'intéressant. »
-Pascal Feucher, galeriste

Le 9ème épisode questionne les initiatives de certains street artistes emplis d'idéalisme et de bons sentiments.

Le 10ème épisode, concluant cette série, interroge la postérité des artistes.

« Les institutions en France n'y connaissent strictement rien, ils n'ont aucun référent par rapport à ça. Ils n'ont jamais été formés pour analyser l'art urbain. Ils ont toujours vomi l'art urbain depuis des années. On va y arriver, il y a un renouvellement des élites qui est un peu lent chez nous. »
-Jean Faucheur

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Hula, ou comment peindre au bord du gouffre

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Sean Yoro alias Hula, artiste originaire de Oahu (Hawaï), explore de nombreuses zones inaccessibles pour trouver des murs en béton vierge.

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Avec son paddle et à coups de rames, il glisse à la surface de l'eau pour dégoter de jolis spots, peindre des portraits réalistes et jouer avec son environnement.

« Dans chacune de mes pièces j'intègre l'environnement au portrait, en montrant une sorte de connexion entre les 2. J'essaie toujours de trouver un équilibre entre le paysage et mes portraits, en y ajoutant de l'interaction quand c'est nécessaire. Je pense qu'avoir grandi à Hawaï m'a appris à observer mon environnement et à apprécier les relations entre les différents éléments. »

« Les limites ne vivent que dans nos esprits. »

« J'ai toujours été attiré par les méthodes traditionnelles de peinture de portraits, fortement inspirées par les artistes de la Renaissance. La plupart du temps, j'utilise de la peinture à l'huile parce que j'aime le mélange que je peux obtenir avec les temps de séchage plus long. J'utilise différentes méthodes de hachures croisées et de contour, en particulier pour les tons de peau. »

Ces excursions l'emmènent parfois dans des zones dangereuses, comme on peut le voir dans cette vidéo dans laquelle il peint en haut d'une cascade, secoué par le courant et les flots.

Source : Street Art News