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STMan, le superhéros du métro

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Depuis quelques mois, un étudiant en littérature canadien réalise des performances artistiques complètement absurdes et rigolotes dans l'enceinte du métro de Montréal relayées sur sa page Facebook.

« Pourquoi le métro devrait seulement servir à nous transporter d'un point A au point B ? C'est un lieu du repli sur soi, dans lequel les gens se craignent. Ce serait tellement plus sain, s'il y avait une joie de vivre pour que ça devienne un lieu de rencontres et de création. »
-Jean-Michel alias STMan

Initiateur du mouvement Tartistique, Jean-Michel alias STMan bat différents records du monde saugrenus dans les vidéos suivantes, des performances qui ne sont pas du tout du gout de la STM.

« Plusieurs dispositions du règlement R-036 ne sont pas respectées selon les images vues sur Facebook, par exemple : être pieds nus dans le matériel roulant, souiller la station, mettre en péril la sécurité d'une ou des personnes, se coucher au sol, s'agripper au matériel roulant, entraver le mouvement du matériel roulant. »
-Amélie Régie, porte-parole de la STM

Le meilleur nageur au monde :

L'homme le plus rapide :

L'homme le plus fort du monde :

Source : Le Journal de Montréal

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Ceres, graffiti sur trains et prison en Angleterre

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Originaire de Cardiff, Ceres a déglingué le métro de Londres et les trains de banlieue au début des années 2000, avant de se faire serrer, suite à une enquête, et de passer quelques temps derrière les barreaux. Toujours accro à la peinture, il évoque sa carrière de writer et son serrage.

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« J'ai toujours essayé d'avoir mon propre style, il faut demander aux autres writers ce qu'ils en pensent. La police a réussi à faire le rapprochement entre Ceres et d'autres alias que j'utilisais régulièrement. Vu sous cet angle, je préfère faire des trucs différents plutôt qu'une pièce parfaite inspirée par les lettres et les techniques d'autres personnes. »

« Le Royaume-Uni est assez merdique pour tout ce qui concerne le graffiti. On risque de grosses peines de prison, le buff est très actif ce qui fait qu'on ne voit pas grand chose de qualité. A mon avis, les meilleurs writers viennent d'ici ainsi que les plus beaux modèles de trains. J'ai vraiment été chanceux de me faire serrer au bout de 10 années d'activité. J'ai rencontré des gamins qui ont passé plus de temps en prison que n'importe quel writer actif. Quand j'ai commencé à peindre à Londres, on vivait la renaissance du graffiti sur trains et métros, il y avait aussi beaucoup de bombing et d'embrouilles dans les dépôts, c'était le bon temps. »

« Le graffiti m'a donné tant de bons moments et de sacrés souvenirs, j'ai pu rencontrer plein de potes et faire de nombreux voyages. Même les pires moments étaient assez drôles avec du recul. Je n'ai aucun regret bien que les perquisitions, le temps passé en prison et l'ambiance dramatique aient eu un impact négatif sur ma famille et mes proches. Je continue de peindre, ce serait vraiment étrange d'arrêter maintenant. »

« Je dois être honnête, j'ai longtemps méprisé la présence du graffiti sur le net. Mes soupçons se sont confirmés quand la police a utilisé des photos mises en ligne accompagnées de commentaires postés par d'autres personnes pour me condamner. J'ai passé un weekend à Copenhague pour peindre, quelqu'un a posté les photos de mes pièces sur un blog danois relayées ensuite par un site anglais, tout cela avant même mon retour. Les flics ont juste eu besoin de faire quelques vérifications sur les vols en provenance de Copenhague pour défoncer ma porte à 6h du matin… »

Source : Graffdonuts

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Les aventures de Orcke à Recife

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Les 10 bonnes années regroupe de nombreuses photos de TER peints dans le sud de la France au début des années 2000, mais pas que. Certains writers publient aussi leurs anecdotes, les petits détails croustillants et amusants qui accompagnent chacune de leurs missions en France et à l'étranger.

Orcke TPA, actif sur TER au début des années 2000, s'est rendu au Brésil pendant quelques mois en 2008. Cédant à l'envie irrépressible de peindre le modèle de Recife, il s'introduit dans un dépôt en pleine journée, tongs aux pieds.

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« Un dimanche vers midi, je suis dans un bus pour rentrer chez moi, quand j'aperçois en passant sur un pont des voies ferrées avec au fond des rames bleues garées sur ce qui semble être un dépôt de casse, à l abandon. Je bouillonne, je rentre en speed, choppe quelques sprays et y retourne illico. C'est l ancien métro qui fonctionne encore sur une ligne mais qui passe dans des favélas trop ghetto pour qu'un petit gringo comme moi y rentre. L'occasion est trop belle surtout que depuis 2 mois j'ai pas fait grand chose ici. Sur place, je zone, cherche une entrée, que je trouve assez facilement. Passe par un jardin, un grillage à sauter, me voilà dedans. Des herbes hautes, un bâtiment défraîchi, des bouts de wagons rouillés, des trains entiers posés là. C'est calme, ça a l air calme en tout cas. Comme d'hab, je commence mon petit tour, je me faufile entre les trains, je zone, j'écoute. Quelques voix se font entendre au loin, dans un bâtiment portes ouvertes mais ce bâtiment est bien à une centaine de mètres de là où les wagons sont garés. Pas ou peu de vis à vis, je ne suis pas tellement à l aise, mais l envie est trop forte. Les trains semblent vraiment abandonnés, tous marqués d'impacts de balles, pas un graff ou un tag. Je ferme doucement les portes du wagon, je pose mon sac, enfile les gants, ça part de là. J'vais faire ça vite, j'ai des bombes brésiliennes Colorgin Arte pourries, short, havaïanas aux pieds. Je trace, commence à remplir ma croûte, perso Bender dégueulasse, pause , écoute, regarde à droite, regarde à gauche. RAS. Je continue, je finis mon remplissage, j'écoute, rien. Je fais mon fond, tranquille, je commence à être bien, ça sent la fin et le plan tranquille. »

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« Je me retourne, et derrière moi, j'vois 2 mecs adossés au bâtiment que j'avais dans le dos, en train de me regarder calmement. Ils sont à 50 mètres. Je m'arrête, les regarde, ils me regardent, ne disent rien. Bon, ils n'ont pas l'air hostile. C'est forcément des travailleurs vu qu'ils sont dans le dépôt, mais ils me disent rien, donc je décide de continuer comme si de rien n'était. Je commence quand même à avoir la susu, et j'accélère. Contours de briques, tous les 3 coups de bombes je me retourne pour voir ce qu'ils font. Ils n'ont pas l air énervé, ils ne bougent pas. Fond terminé, je les regarde de nouveau, et là, un 3ème mec arrive en vélo, et se cale avec eux. Il a l air âgé, il a une tenue bleu foncé et j'aperçois marqué Seguranca. Sécurité. Oups. Le mec, la cinquantaine, moustachu, ne s'approche pas plus que les autres et à vue d'œil, il n'est pas armé, il a juste une matraque, ça me rassure un peu. Je les regarde, ils me regardent, mais ne disent rien. Il manque juste les contours et les lights, je décide de continuer, au pire vu l'âge du sécu, en vélo sur les voies, je pense le distancer assez facilement, même en tongs. Je speed, finis mes contours en 2/2, quelques lights coulantes dégueulasses, eux ne bougent toujours pas. Je range les bombes, fais 2, 3 tofs avec un œil derrière la tête au cas où ça arrive. Je range l'appareil dans ma sacoche, prend mon sac de sprays et m'apprête à partir par où je suis arrivé quand le vieux sécu commence à me crier des trucs en portugais. Je ne parle pas encore trop bien, mais je commence à comprendre certains mots, certains bouts de phrases. Il me dit de venir le voir. Je suis pas serein , mais j'y vais quad même. Il parle fort mais n'a pas l'air énervé plus que ça et surtout il est sur son vélo. Je me dis qu'au pire je mets un chassé dedans et me barre en courant si il y a le moindre soucis. Sur les voies, en tong, je suis plus rapide que lui en vélo quoi qu'il arrive. J'arrive à son niveau et il commence à m'enchaîner de paroles, je pite rien, nada. Il voit que je ne capte pas, voce tem autorizacao ? voce tem autorizacao ?. Je capte le dernier mot, autorisation. Sim je lui réponds. Oui, bien sûr que j'ai l autorisation ! Il me baragouine des trucs, je comprends qu'il me demande par où je suis rentré, je lui montre au loin le grillage. Il me dit nao, naaao, vem aqui. Il est assez souriant, je commence à être à l'aise, je le suis. Il me ramène à l entrée principale du dépôt, m'ouvre le portail, me serre la main et me dit au revoir. Obrigado avec mon accent français pourri. Moi, le smile jusqu'aux oreilles, surexcité par l'aventure, je trottine pour vite aller prendre un bus avant qu'il ne comprenne. J'ai appris un peu plus tard par des potes brésiliens que quelques mois avant mon arrivée à Recife, les Os Gemeos et leur équipe étaient venus peindre un métro en mode légal au même endroit. Le sécu m'avait pris pour l'un deux. Merci les artistes ! »

En bonus, quelques trains peints par Orcke en France.

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Thow, le graffiti comme acte de résistance

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Actif depuis de nombreuses années, Thow se consacre presque exclusivement aux trains et aux métros. Originaire de Madrid, il trouve régulièrement des failles dans la sécu pour peindre, ce qui n'est pas une mince affaire, on se souvient du serrage très médiatisé de Lose en 2013.

Thow, métro de Madrid

Thow, métro de Madrid

Un petit aperçu de l'activité récente de Thow :

L'équipe de EYC a recueilli les positions de l'activiste, quelques extraits traduits :

« Le graffiti est à la mode actuellement. Mais à 35 ans, après 20 ans d'activité, je ne veux pas parler de l'actualité de cette pratique mais plutôt de sa mémoire. »

« Parler de graffiti et tenter de l'expliquer est aussi contradictoire que de parler politique en Espagne et de chercher des solutions, c'est de l'hypocrisie pure. Pour moi, le graffiti n'est pas une mode, comme les jeans skinny ou les crêtes à la Beckham, c'est une attitude, un acte de rébellion, qui peut s'apparenter à une forme de résistance. »

« L'amour pour le graffiti est lié à une passion pour l'adrénaline. L'euphorie et la frustration y cohabitent de manière contradictoire.[…] L'important, ce n'est pas la chute mais l'atterrissage. Je ne sais pas pourquoi je peins, certainement pas pour gagner ma vie. Le graffiti me sert tout simplement à pouvoir vivre »

L'intégralité du texte de Thow est à lire ici en espagnol.