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Ceres, graffiti sur trains et prison en Angleterre

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Originaire de Cardiff, Ceres a déglingué le métro de Londres et les trains de banlieue au début des années 2000, avant de se faire serrer, suite à une enquête, et de passer quelques temps derrière les barreaux. Toujours accro à la peinture, il évoque sa carrière de writer et son serrage.

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« J'ai toujours essayé d'avoir mon propre style, il faut demander aux autres writers ce qu'ils en pensent. La police a réussi à faire le rapprochement entre Ceres et d'autres alias que j'utilisais régulièrement. Vu sous cet angle, je préfère faire des trucs différents plutôt qu'une pièce parfaite inspirée par les lettres et les techniques d'autres personnes. »

« Le Royaume-Uni est assez merdique pour tout ce qui concerne le graffiti. On risque de grosses peines de prison, le buff est très actif ce qui fait qu'on ne voit pas grand chose de qualité. A mon avis, les meilleurs writers viennent d'ici ainsi que les plus beaux modèles de trains. J'ai vraiment été chanceux de me faire serrer au bout de 10 années d'activité. J'ai rencontré des gamins qui ont passé plus de temps en prison que n'importe quel writer actif. Quand j'ai commencé à peindre à Londres, on vivait la renaissance du graffiti sur trains et métros, il y avait aussi beaucoup de bombing et d'embrouilles dans les dépôts, c'était le bon temps. »

« Le graffiti m'a donné tant de bons moments et de sacrés souvenirs, j'ai pu rencontrer plein de potes et faire de nombreux voyages. Même les pires moments étaient assez drôles avec du recul. Je n'ai aucun regret bien que les perquisitions, le temps passé en prison et l'ambiance dramatique aient eu un impact négatif sur ma famille et mes proches. Je continue de peindre, ce serait vraiment étrange d'arrêter maintenant. »

« Je dois être honnête, j'ai longtemps méprisé la présence du graffiti sur le net. Mes soupçons se sont confirmés quand la police a utilisé des photos mises en ligne accompagnées de commentaires postés par d'autres personnes pour me condamner. J'ai passé un weekend à Copenhague pour peindre, quelqu'un a posté les photos de mes pièces sur un blog danois relayées ensuite par un site anglais, tout cela avant même mon retour. Les flics ont juste eu besoin de faire quelques vérifications sur les vols en provenance de Copenhague pour défoncer ma porte à 6h du matin… »

Source : Graffdonuts

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A la rencontre de Molrok, graffeur sculpteur

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Artiste polyvalent, Molrok s'intéresse au graffiti depuis 1994.

« J'ai grandi en R.D.A dans une période ou on était très protégé. Je me souviens de ces moments privilégiés en été ou on se baladait à vélo et ou rencontrait les copains. […] La ville d'Erfurt n'est ni vraiment petite, mais elle n'est pas grande non plus.[…] J'ai un bon niveau de vie ici, j'ai un studio de 300m2. Pour moi le lieu ou on se trouve importe peu, puisque l'art est mobile. »

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En 2004, cet artiste autodidacte s'installe dans son 1er atelier pour explorer les différents facettes du graffiti.

« Ces travaux de sculpture sortent de mon esprit. Je ne réfléchis pas à la façon de les faire, je ne fais pas de croquis, c'est du freestyle. Mon art me glisse des mains. Je ne m'attache pas à la manière de procéder et de structurer les choses […] je ne suis pas sûr à 100% du résultat final.[…] Je suis naturellement doué pour la construction. »

« Pour moi un véritable artiste doit pouvoir adapter son art et son style à chaque média qu'il décide d'utiliser. »

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Comme on peut le voir dans cet épisode de Street Atelier, Molrok s'intéresse désormais à la réalisation d'oeuvres tridimensionnelles inspirées par ses lettrages.

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Thow, le graffiti comme acte de résistance

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Actif depuis de nombreuses années, Thow se consacre presque exclusivement aux trains et aux métros. Originaire de Madrid, il trouve régulièrement des failles dans la sécu pour peindre, ce qui n'est pas une mince affaire, on se souvient du serrage très médiatisé de Lose en 2013.

Thow, métro de Madrid

Thow, métro de Madrid

Un petit aperçu de l'activité récente de Thow :

L'équipe de EYC a recueilli les positions de l'activiste, quelques extraits traduits :

« Le graffiti est à la mode actuellement. Mais à 35 ans, après 20 ans d'activité, je ne veux pas parler de l'actualité de cette pratique mais plutôt de sa mémoire. »

« Parler de graffiti et tenter de l'expliquer est aussi contradictoire que de parler politique en Espagne et de chercher des solutions, c'est de l'hypocrisie pure. Pour moi, le graffiti n'est pas une mode, comme les jeans skinny ou les crêtes à la Beckham, c'est une attitude, un acte de rébellion, qui peut s'apparenter à une forme de résistance. »

« L'amour pour le graffiti est lié à une passion pour l'adrénaline. L'euphorie et la frustration y cohabitent de manière contradictoire.[…] L'important, ce n'est pas la chute mais l'atterrissage. Je ne sais pas pourquoi je peins, certainement pas pour gagner ma vie. Le graffiti me sert tout simplement à pouvoir vivre »

L'intégralité du texte de Thow est à lire ici en espagnol.

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Ekto, wildstyle à l'anglaise

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Originaire de l'Essex, dans l'est de Londres, Ekto perpétue la tradition du wildstyle à l'anglaise depuis 2005, dans les lieux désaffectés de sa région.

« J'ai commencé à peindre en 1995 avec des potes. Je n'étais qu'un writer lambda, peignant des pièces le long des voies ainsi que quelques trains. J'ai arrêté en 1999 pour une fille. Je m'y suis remis en 2005 avec l'alias Ekto. »

« Je n'aime plus trop les murs légaux. Ne vous méprenez pas, je les peins quand même, mais je trouve qu'il y a mieux à faire que de se contenter d'une photo d'un mur avec le ciel et le sol comme seul décor. Je suis connu comme un writer qui ne fait que du légal, ça me convient, mais tu as plus de chances de me trouver dans un bâtiment désaffecté, ou dans un spot surveillé par un garde. C'est une obsession, la particularité du lieu ajoute quelque chose à la pièce finale. »

« Pour être honnête, je considère que le style utilisé par Blade dans les années 70 devrait rester dans les années 70. […] Dans l'antistyle, il n'y aucune volonté de progression, ni aucun désir de repousser les limites. Je préfère largement une pièce propre avec un thème cool et des couleurs assorties. »

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Source : ILG

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Roice183, peindre pour le plaisir

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Originaire d'une petite ville espagnole, Rois183 multiplie les fresques colorées tout en en participant à de nombreux jams en France et ailleurs. Pas de grands discours, mais une fournée de nouvelles photos qui font mal à la rétine.

« Je vis dans une petite ville entourée de palmiers ou nous sommes assez peu nombreux à peindre. Le temps splendide, les potes de passage et les voyages rendent tout ceci très amusant. »

« Dans les années 90, tout le monde dansait le break, écoutait du hip hop et peignait des graffitis. »

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« J'aime toutes sortes de graffiti, y compris les plus laids, ce que j'aime beaucoup moins c'est le comportement de certains writers. »

Source : Spraydaily