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DRIPS: l'auto-interview

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Depuis cet été, Drips se fait remarquer en publiant des photos de graffiti sur Instagram. Entre-temps, nous les avons rencontrés, pour parler de ce qu'ils mijotaient dans leur coin : divers projets de publications, mais surtout un site internet dont la sortie était imminente. Aujourd'hui, Drips.fr est en ligne, avec un contenu éditorial sélectif et prometteur. En espérant que le projet perdure, All City a décidé de soutenir l'initiative, en tant qu'annonceur et partenaire média. C'était donc la moindre des choses de relayer leur « auto-interview », une présentation claire et efficace du projet.

Qui est Drips ?

Jusqu'à présent, c'est une sélection de graffiti triée sur le volet, présentée sur l'instagram Drips. Un peu dans l'esprit des fanzines graffiti de l'époque, mais distillée à dose directe et journalière, et forcément moins confidentielle, 21ème siècle oblige. En ce moment sur la page, l'heure est aux trains et métros majoritairement français.

Qui est aux commandes ?

Quelques passionnés de Graffiti. On reçoit des photos et on écume le net, Instagram mais aussi les placards à archives pour en extraire des pépites : du classique, de la peinture fraîche, parfois de l'exclu.

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Êtes vous des (ex) writers ?

Oui.

Et on peut savoir vos…

Non.

Aujourd'hui, le projet s'étend au site internet.

Sur Drips.fr le but est d'aller au delà d'Instagram et dépasser la simple collection de photos. Au programme donc, élargir l'horizon, creuser plus loin dans la scène graffiti, proposer plus.

Comment est financé le projet ?

Grâce à la participation de sponsors, accommodée d'une bonne dose d'huile de coude.

Qui sont-ils ?

MTN, Allcity.fr et Grog ont répondu à l'appel, trois acteurs majeurs du graffiti dont nous passerons en contrepartie les publicités sur le site. Si d'autres aiment le concept et souhaitent apporter leur soutien, ils sont les bienvenus. Ça permettra aussi par la suite de concrétiser différents micro-projets : édition, réalisation vidéo… les idées ne manquent pas et tout est ouvert.

Niveau contenu, on reste dans la vie du rail comme sur Instagram ?

Pas forcément, on aime les trains et les métros, mais ce qui se passe sur les murs et dans la rue est tout aussi intéressant. Donc on ira partout, déterrer des sujets classiques comme récolter les nouvelles fraîches qui à notre humble avis valent le coup.

Et le street art dans tout ça ?

Tout n'est pas à jeter. Il y a de la peinture étiquetée « street art » qui vaut carrément le détour. Si c'est le cas on ne se privera pas d'y jeter un œil, mêmes si nos axes d'intérêts penchent inexorablement vers le graffiti.

Les #12shot c'est quoi ?

Sur Instagram on a les photos sans l'histoire qui va avec. Dans cette rubrique on rectifie le tir en demandant à une brochette de peintres, photographes, trainspotters et autres « initiés » les sous-titres d'une sélection de 12 de leurs propres photos. Pekno et Konas94 ouvrent le bal, puis viendront Sheik, Salamech, Dezio, Poes 1UP, et bien d'autres.

Pourquoi 12 ?

12 mois, 12 heures, 12 commandements, 12 apôtres, 12 singes, 12 coups… coïncidence ? je ne crois pas.

Tout en français ?

Le site est entièrement rédigé en français. Mais pour les lecteurs non-francophones, il suffit de cliquer sur English pour le visualiser à 100% en Anglais. La traduction fonctionne grâce à Google Translate, il ne faut donc pas s'attendre à du Shakespeare, mais le niveau permet à tout le monde de lire les articles à l'international.

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La Réunion: Eko, le graffiti dans la peau

Originaire de La Réunion, Eko LSA fait partie des pionniers du mouvement hip hop sur l'île. Vasanda Valin a interviewé ce partisan d'un graffiti authentique.

« Notre premier graff pour le crew a été toyé, on a quand même continué. J'habitais à Bouvet dans le même quartier que Maxi CEA. Dieu alias Konix faisait aussi partie des CEA (Cartonneurs En Action). Maxi est le premier tagueur qui a tout déchiré sur l'île. Son blaze était tellement ancré dans la culture visuelle des jeunes que des mecs se sont mis à écrire Maxi sur les murs sans savoir ce que c'était, je l'ai donc toyé par pure jalousie. Il est bien sûr venu me voir et au lieu de s'embrouiller, on a sympathisé. Il m'a donc coaché, m'a appris différentes techniques comme les dégradés etc… »

« Dans les années 90, il existait une réelle connexion, on était tous rassemblé autour de ce mouvement, peu importe sa discipline. Quand tu faisais du rap, tes visuels étaient dessinés par ton pote graffeur et sur scène, il y avait tes potes danseurs. Dans le graffiti, il y avait une réelle volonté de déchirer le centre-ville et la rue. Aujourd'hui, il n'y a plus de tagueur […], on trouve en majorité des murs peints au rouleau sur les routes, sous les ponts, dans les ravines, moins risqué pour ne pas se faire serrer. Et pour ce type de pratique La Réunion, c'est le paradis.[…] On est passé du gros vandale de masse à un truc où on vient peindre le dimanche entre potes, on s'amuse et voilà… Pire que tout, La Réunion est devenue le pays des Bisounours. Je déteste cette mode ou on se choisit un petit personnage sympa pour ensuite le poser partout en espérant devenir la nouvelle star du street art. »

« On a appris avec Wo GAP à se cacher, en mode ninja, la nuit. Toutes les deux minutes on se cachait. L'objectif était d'être invisible pour la police mais aussi pour les passants. Une fois qu'on a appris ça, pendant sept ans, j'ai tagué ou graffé tous les weekends à 4h du matin de cette manière. »

« Je ne suis pas en mode Street Art Vs. Graffiti. Je dirai juste que le Street art ne m'intéresse pas. Banksy, Obey, ce n'est pas ma came. […] Je pense qu'il faut malheureusement encore éduquer les gens et les nouvelles générations. Ils doivent savoir que le graffiti, ce n'est pas que peindre avec une bombe. Le graffiti est ancré dans la culture hip hop. A l'inverse, le street art n'est pas une culture, c'est une étiquette fourre-tout. »

« Le graffiti, c'est avant tout le travail de la lettre.[…] Je ne suis pas contre le fait de vivre de son art, demain, s'il le faut, je peindrai des tableaux, mais je ferai du graffiti sur toile, du lettrage, un B Boy. Ce qui m'énerve, c'est le street artiste qui se prend pour un graffeur et le graffeur qui fait du street art en disant qu'il fait du graffiti. »

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Sosek, portrait d'un artiste

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Influencé par les pixadores, Sosek alias Pifo peint depuis plusieurs années dans les rues de São Paulo. André Ferezini a réalisé un portrait vidéo sous-titré en anglais de l'artiste d'origine japonaise.

« Je suis rentré dans la culture Pixo à cause des tagueurs de mon quartier. Je remarquais leurs noms sur les murs du centre ville. J'ai fait partie de certains groupes de pixadores. En 1998, je me suis concentré sur mon propre nom, Pifo. J'ai eu plein d'alias, mais c'est celui pour lequel je suis le plus connu dans le monde du graffiti.[…] En 2011, j'ai eu une expérience très forte avec des psychotropes, c'est à ce moment là que j'ai commencé à utiliser un nouvel alias, Soseki qui signifie contrariété en japonais. »
-Sosek

Source : MTN-World

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Interview Nina

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Depuis l'an 2000, Nina peint de nombreux murs dans les différents hall of fame de Rome en compagnie de son crew SLC. Spraydaily l'a interviewée, quelques extraits traduits :

« Le graffiti, c'est ma culture et mon lifestyle. Je remercie chaque jour le graffiti de m'avoir permis de rencontrer mon petit ami. Ca m'a aussi permis de sortir de mon quartier marqué par le crime et la violence. »

« J'aime Rome, c'est une ville merveilleuse. La vie y est frénétique, il y a plein de choses à voir, des expos, des concerts. Il y a plein de gens qui peignent avec des styles très différents. Chaque coin de Rome est peint : les métros des lignes A et B, les voies, les rideaux de fer, les murs le long des autoroutes. On a aussi des murs légaux pour faire de grosses prods. »

« Enfant, j'observais déjà attentivement les graffitis en me baladant dans les rues avec mes parents. Mon père m'a ramené des livres de New York, j'ai commencé à me documenter sur cette culture jour après jour. J'ai commencé à sketcher en 98, à faire des tags sur la porte de ma chambre et à me rendre à des jams pour regarder les gens peindre. J'ai ensuite rencontré des gens de mon quartier avec lesquels j'ai commencé à peindre en 2000. »

L'interview est à lire dans son intégralité ici.
L'actu de Nina est à suivre sur son compte Instagram.