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Subset célèbre l'arrivée de Stormzy à Dublin

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Michael Omari alias Stormzy est actuellement le roi de la Grime. Caracolant en tête des charts anglais avec son 1er album Gang Signs & Prayer, il fait le buzz sur Youtube avec un freestyle intitulé Shut Up. Entamant sa tournée en Irlande en Mars 2017, Stormzy a eu la surprise de découvrir sur les réseaux sociaux un mur peint en son honneur à Dublin, par le collectif Subset.

La capture d'écran utilisée par Subset.

Le rappeur a pris le temps de passer et de poser devant la fresque qui lui est dédiée.

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En Angleterre, prison ferme pour du graffiti sur trains

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On le sait depuis un certain temps, il ne fait pas bon être un trainwriter en Angleterre, surtout quand on se fait serrer après une enquête de plusieurs années. La justice anglaise est toujours prompte à prononcer des peines d'emprisonnement ferme pour de vulgaires histoires de graffiti. La propriété privée reste un bien sacré dans la mentalité anglo-saxonne. Condamné à 3 ans de prison ferme, Vamp en a fait les frais en 2013.

Dans cette nouvelle affaire mettant en cause les SMT, les médias locaux n'ont pas hésité une seconde à enfoncer le clou en décrivant le crew comme un véritable réseau mafieux, prenant ses ordres auprès d'un Parrain, Kieron Cummings, emprisonné au moment des faits.

Retour sur les faits de cette affaire complexe. Pendant plusieurs années, les fins limiers de la police ferroviaire anglaise sont payés pour traquer impitoyablement plusieurs membres du crew. En 2012, la police ferroviaire britannique ouvre une enquête suite à l'augmentation du nombre de trains peints par les SMT dans la région de Manchester. Les compagnies ferroviaires privées Virgin Trains, Chiltern Railways, Merseyrail, Northern, London Midland, le métro de Londres, Manchester Metrolink et Arriva Train Wales signalent de nombreuses actes de vandalisme sur leurs rames.

Photo : Ed. Dempsi

Photo : Ed. Dempsi

Après constatations et analyses, la police ferroviaire britannique déduit que ces actes sont l'œuvre d'au moins une personne, Dominic Leach, précédemment arrêté en 2013. Libéré sous caution, la police ne lâche pas l'affaire et continue son enquête pour démanteler un potentiel réseau. Au cours de l'enquête sur Dominic Leach, d'autres suspects sont identifiés (Niall Leach, Jake Goddard et Judah Hannaway), tous arrêtés en Décembre 2013. Comme Leach, ils sont libérés sous caution. Mais ayant de la suite dans les idées, les SMT continuent de peindre en Angleterre et à l'étranger, tout en filmant pour leur vidéo System Tumours 2.

Rebelote en Octobre 2014, Dominic Leach et Kieron Cummings se font serrer à Londres avant de peindre à la station Waterloo. Suite à la perquisition de leurs domiciles respectifs, la police trouve tout un attirail (bombes de peinture, gants, autocollants, pince coupe-boulons, caméras) qui conduit à une inculpation pour soupçon de complot en vue de commettre des dommages matériels, rien que ça ! L'enquête pour complot se poursuit et conduit à l'arrestation de 2 nouveaux suspects : Blake Feather et Christopher Thomas. Pas de chance pour eux, de nouvelles perquisitions conduisent à la saisie de matériel compromettant. La police trouve sur place des échanges de messages entre les membres du groupe, des vidéos, de nombreuses photos et des bombes de peinture.

« Dans un 1er temps, le crew SMT était suspecté d'être impliqué dans 64 attaques sur les différents réseaux de transport entre 2011 et 2013. Mais depuis leur 1ère arrestation, les membres du crew ont récidivé pour un total de 130 attaques. »
-Jonathan Dickinson, procureur

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L'officier chargé de l'enquête Tony McGibbon n'a pas eu la victoire modeste :

« Ce fut une enquête longue et incroyablement complexe qui a pris de nombreuses années. Au total, on reproche aux SMT à peu près 130 délits pour un cout de 300 000£. Nos efforts assidus ont payé, je suis heureux que chacun des condamnés soit derrière les barreaux. J'espère que cette condamnation envoie un message clair aux writers. Nous ne tolérons pas cette forme de criminalité. Le public peut évidemment contribuer à lutter contre ce fléau. Si vous remarquez un comportement suspect, n'hésitez pas à nous le signaler discrètement par texto. Nous continuons à travailler pour détruire l'activité de ces gangs, on fera tout ce qui est en notre pouvoir pour les traduire devant les tribunaux. »

Avant de rendre son délibéré le 12 Avril 2017, le juge chargé de l'affaire, Michael Leeming, a fait une déclaration qui fait froid dans le dos :

« Ces actes de vandalisme ont été commis uniquement pour prouver à ceux qui partagent votre mode de vie que vous en étiez capable, sans aucun égard pour une audience plus large, alors qu'il existe des endroits dédiés pour du street art de qualité. Ce genre de graffiti contribue à un état d'esprit de non-droit, ce qui est tout simplement inacceptable. Ce crime est d'autant plus grave, qu'il est planifié et organisé, un complot de grande envergure effectué pour votre propre satisfaction. Chacun d'entre vous savait que la conspiration dépassait ses actes individuels. A mon avis, ces infractions doivent obligatoirement conduire la plupart d'entre vous immédiatement en détention. »

Le verdict :

Dominic Leach : 14 mois de prison ferme
Niall Leach : 12 mois de prison ferme
Jake Goddard : 8 mois de prison avec sursis, mise à l'épreuve de 2 ans, 150 heures de travaux d'intérêt général
Judah Hannaway : 12 mois sous surveillance électronique, 150 heures de travaux d'intérêt général
Christopher Thomas : 13 mois de prison ferme
Kieron Cummings : 16 mois de prison ferme
Blake Feather : 12 mois de prison ferme

A la lecture de ce verdict, on peut se demander quel est l'avenir du graffiti radical, en rupture totale avec un street art béat, adoubé par les institutions, mais aussi s'inquiéter pour l'avenir de la contre-culture anglo-saxonne dans son ensemble… A méditer.

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Sources : British Transport Police, Manchester Evening News

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Akse, spécialiste des portraits réalistes

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Originaire de la banlieue parisienne, Akse fait ses armes avec les P19 avant de s'installer en Angleterre à la fin des années 90. Depuis 2007, Akse se consacre exclusivement à la réalisation de portraits réalistes d'acteurs (John Malkovich, Anthony Hopkins, Jack Nicholson, Christopher Walken…) de chanteurs (David Bowie, Snoop Dogg,  Amy Winehouse…) et de célébrités diverses, mais aussi de son jeune fils.

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« Je dessine depuis que je suis enfant, bien avant d'être intéressé par le graffiti. J'ai eu un parcours de graffeur classique, j'ai toujours aimé peindre des b-boys. Avec le temps mon style et mes compétences ont évolué en m'inspirant des Comics et des mangas. J'ai peint mes premiers portraits réalistes en 1993, j'ai fait d'autres tentatives en 1996 et en 1998. Mais c'est vraiment à partir de 2004 que je me suis mis au photo réalisme. Depuis 2007, je ne fais plus que ça. »

« Être père change les priorités dans la vie. Depuis que mon fils est né, j'ai mis la peinture en second plan. D'un autre côté, j'ai ressenti le besoin de peindre des portraits de lui. C'est pourquoi j'ai décidé de faire son portrait une fois par an, un moyen de le voir grandir à travers mes peintures. J'espère qu'il appréciera quand il sera plus grand. »

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« Idéalement, je voudrais voyager partout dans le monde pour peindre, ce qui est assez compliqué à faire avec de jeunes enfants. Tout ce que je peux me permettre c'est un ou deux voyages par an. Je voudrais peindre plus de toiles aussi pour en faire une expo à un moment ou à un autre, mais avec un boulot à plein temps , c'est assez compliqué. Mais il n'y a pas d'urgence, je prends mon temps et j'apprécie le processus. »

Source : Street Art Europe

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Ceres, graffiti sur trains et prison en Angleterre

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Originaire de Cardiff, Ceres a déglingué le métro de Londres et les trains de banlieue au début des années 2000, avant de se faire serrer, suite à une enquête, et de passer quelques temps derrière les barreaux. Toujours accro à la peinture, il évoque sa carrière de writer et son serrage.

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« J'ai toujours essayé d'avoir mon propre style, il faut demander aux autres writers ce qu'ils en pensent. La police a réussi à faire le rapprochement entre Ceres et d'autres alias que j'utilisais régulièrement. Vu sous cet angle, je préfère faire des trucs différents plutôt qu'une pièce parfaite inspirée par les lettres et les techniques d'autres personnes. »

« Le Royaume-Uni est assez merdique pour tout ce qui concerne le graffiti. On risque de grosses peines de prison, le buff est très actif ce qui fait qu'on ne voit pas grand chose de qualité. A mon avis, les meilleurs writers viennent d'ici ainsi que les plus beaux modèles de trains. J'ai vraiment été chanceux de me faire serrer au bout de 10 années d'activité. J'ai rencontré des gamins qui ont passé plus de temps en prison que n'importe quel writer actif. Quand j'ai commencé à peindre à Londres, on vivait la renaissance du graffiti sur trains et métros, il y avait aussi beaucoup de bombing et d'embrouilles dans les dépôts, c'était le bon temps. »

« Le graffiti m'a donné tant de bons moments et de sacrés souvenirs, j'ai pu rencontrer plein de potes et faire de nombreux voyages. Même les pires moments étaient assez drôles avec du recul. Je n'ai aucun regret bien que les perquisitions, le temps passé en prison et l'ambiance dramatique aient eu un impact négatif sur ma famille et mes proches. Je continue de peindre, ce serait vraiment étrange d'arrêter maintenant. »

« Je dois être honnête, j'ai longtemps méprisé la présence du graffiti sur le net. Mes soupçons se sont confirmés quand la police a utilisé des photos mises en ligne accompagnées de commentaires postés par d'autres personnes pour me condamner. J'ai passé un weekend à Copenhague pour peindre, quelqu'un a posté les photos de mes pièces sur un blog danois relayées ensuite par un site anglais, tout cela avant même mon retour. Les flics ont juste eu besoin de faire quelques vérifications sur les vols en provenance de Copenhague pour défoncer ma porte à 6h du matin… »

Source : Graffdonuts