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J'irai graffer sur vos murs

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La Bretagne n'a pas résisté à la déferlante du graffiti à la fin des années 90. Rapidement, de nombreux writers ont rejoint les pionniers à Brest et Rennes. Depuis le début des années 2000, des artistes atypiques comme War ou Caca développent leurs univers personnels de manière illégale sur les murs de la région tandis que d'autres réalisent des commandes. Pour faire un état des lieux d'une situation paradoxale (entre institutionnalisation et répression), Erwan Le Guillermic et David Morvan ont réalisé un docu de 52 minutes sur la scène locale intitulé J'irai graffer sur vos murs, diffusé sur Tébéo.

« Plongez dans l'univers coloré et transgressif du graffiti, qui ne laisse personne indifférent et offre un nouveau regard sur nos murs. Le graffiti est avant tout un besoin de s'affirmer. Écrire son nom de rue, son blaze, sur les murs peut devenir une addiction totale. Ailleurs, comme à Brest, les fresques des terrains dédiés au graffiti adoucissent l'image bétonnée de la cité. »

War Photo : Helairen

War

On y trouve des interviews de War, Caca, Brez, Bush, Nazeem, Guillaume des Éditions Peinture, mais aussi d'un service de nettoyage qui semble complètement dépassé par l'ampleur du phénomène. Pour les amateurs, Nazeem et Brez partagent et commentent de nombreuses images d'archive du Port de commerce de Brest, un spot emblématique de la scène locale.

« Le graffiti est un truc d'ados, on peut rester un ado très longtemps, mais le graffiti est un truc de jeunes. Tu peux avoir envie de rester jeune toute ta vie, mais il faut laisser la place aux jeunes. »
-Brez

« J'ai choisi des endroits visibles à Rennes, super passant. »
-War

« J'ai choisi ce nom parce que tout le monde peut se sentir concerné. Je suis un artiste-peintre. J'ai de très très bon retours sur mon travail. Je veux rendre tout le monde heureux, la clé, c'est l'amour. »
-Caca

« Il y a une tension qui existe en terrain entre le respect des œuvres et la nécessité de peindre. C'est très rare que des graffs restent. »
-Guillaume

Le teaser :

Le documentaire complet :

Photo : Helairen

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Wild Street 3, attaque du métro de Monterrey

Wild Street 3 Monterrey-01-511

Au Mexique, Morris, Asbro & Soder ont eu la riche idée de peindre un métro dans la station Cuauhtémoc à Monterrey. Ne se souciant pas de la vidéosurveillance, le crew réussit à peindre à quai en un temps record, une action largement relayée par les médias locaux perplexes. En 2015, 40 artistes ont été invités à peindre les murs à l'occasion d'une étape du Meeting of Styles.

Cette action résume dans un même lieu le paradoxe lié à la pratique du graffiti : quand c'est légal, les œuvres sont préservées et célébrées, pour le reste, on a affaire à un cas de vandalisme caractérisé, dénoncé par les médias.

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Kalouf, comme un poisson dans l'eau

Kalouf Lyon-01-511

Invité par l'association Le M.U.R. 69, Kalouf a passé 9 jours à peindre une façade de 120m2, place des Tapis, dans le 4ème arrondissement de Lyon.

Du 16 au 24 Mai 2017, Kalouf a mis en scène un immense Combattant, un poisson tropical du Sud-Est asiatique.

« Il mène depuis toujours un véritable combat sans relâche pour protéger son territoire. Ce poisson donne une dimension engagée et ouverte qui sous-entend un combat d'hier, d'aujourd'hui et de demain, sur ce territoire essentiel à toute vie sur notre planète, l'eau. […] Et l'écologie est un combat, […] je trouve qu'il y avait des passerelles intéressantes. »
-Kalouf

L'équipe de Culture Box a suivi l'artiste pendant la réalisation de son œuvre :

Pour conclure cet évènement en beauté, le 24 Mai 2017, les enfants du quartier ont été invités à peindre la palissade de la rue Jacquard.

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Popay peint le M.U.R. d'Orléans

Popay MUR d'Orléans-01-511

Du 18 au 20 Mai 2017, Popay a été invité à peindre le M.U.R. d'Orléans.

« Normalement le street art, c'est censé peindre sur la ville, moi je peins la ville sur la ville, c'est une espèce mise en abime. »
-Popay

« Je peins à la bombe depuis 86, et ce n'était pas forcément de manière très légale. On est moins dans l'urgence de devoir s'échapper, de faire vite et de se cacher. Maintenant on est plus dans la démarche contraire, de se montrer, de faire une animation. Je suis contre l'art qui regarde les gens de haut. »
-Popay

Culture Box est allé à la rencontre de l'artiste pendant sa performance :

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A la rencontre de Rocco & ses frères

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Depuis 2016, le collectif allemand Rocco & ses frères mène de nombreuses actions artistiques aux frontières de la légalité.

Mettant à profit leurs expériences de trainwriters avertis, les membres de l'équipe investissent le métro berlinois en réalisant différents types d'intervention.

Ils se sont fait récemment remarquer par les médias internationaux en aménageant un espace oublié dans les entrailles du métro.

Rocco & ses frères y ont aménagé une chambre clandestine, tout confort (qui n'est pas sans rappeler les interventions de Farewell dans le métro parisien, lui même inspiré par une installation de Adams & Itso à Copenhague).

« On s'en fout de savoir si les gens adhèrent à notre conception de l'art, l'art n'existe que par son contexte et pour nous c'est l'espace urbain. On subvertit l'espace en l'annexant et en le chargeant d'un sens nouveau. »

-Rocco & ses frères

Pour en savoir un peu plus, l'équipe de Tracks est allée à la rencontre du collectif.