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Popay peint le M.U.R. d'Orléans

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Du 18 au 20 Mai 2017, Popay a été invité à peindre le M.U.R. d'Orléans.

« Normalement le street art, c'est censé peindre sur la ville, moi je peins la ville sur la ville, c'est une espèce mise en abime. »
-Popay

« Je peins à la bombe depuis 86, et ce n'était pas forcément de manière très légale. On est moins dans l'urgence de devoir s'échapper, de faire vite et de se cacher. Maintenant on est plus dans la démarche contraire, de se montrer, de faire une animation. Je suis contre l'art qui regarde les gens de haut. »
-Popay

Culture Box est allé à la rencontre de l'artiste pendant sa performance :

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A la rencontre de Rocco & ses frères

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Depuis 2016, le collectif allemand Rocco & ses frères mène de nombreuses actions artistiques aux frontières de la légalité.

Mettant à profit leurs expériences de trainwriters avertis, les membres de l'équipe investissent le métro berlinois en réalisant différents types d'intervention.

Ils se sont fait récemment remarquer par les médias internationaux en aménageant un espace oublié dans les entrailles du métro.

Rocco & ses frères y ont aménagé une chambre clandestine, tout confort (qui n'est pas sans rappeler les interventions de Farewell dans le métro parisien, lui même inspiré par une installation de Adams & Itso à Copenhague).

« On s'en fout de savoir si les gens adhèrent à notre conception de l'art, l'art n'existe que par son contexte et pour nous c'est l'espace urbain. On subvertit l'espace en l'annexant et en le chargeant d'un sens nouveau. »

-Rocco & ses frères

Pour en savoir un peu plus, l'équipe de Tracks est allée à la rencontre du collectif.

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Le tour du Monde du Corps Blanc de Jérôme Mesnager

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En 1982, le graffiti à Paris en est à ses balbutiements, Jérôme Mesnager, co-fondateur du groupe d'artistes Zig-Zag, investit de nombreux lieux abandonnés à Paris avec de jeunes artistes. Le corps couvert de peinture blanche, Jérôme organise des happenings pendant lesquels il déambule dans les friches urbaines. Le 16 janvier 1983, il projette sur un mur de la Petite Ceinture son premier Homme blanc, avant de reproduire sa silhouette caractéristique dans les rues et les catacombes de Paris.

« Je serais libre de tout circuit marchand, dans la rue, on peut faire de l'art pour les gens de notre époque, pour les passants comme pour les clochards ! »
-Jérôme Mesnager

Richard Hambleton & Le Corps Blanc

Richard Hambleton & Le Corps Blanc

Au cours des années 80, l'artiste effectue un tour du monde pour peindre le Corps Blanc dans le plus de lieux emblématiques possibles : la muraille de Chine, le site des pyramides de Gizeh en Egypte…

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A une époque ou on pouvait encore fumer sur les plateaux de télévision, Thierry Ardisson, qui enchaine clope sur clope, s'entretient avec Jérôme Mesnager dans la célèbre émission Lunettes noires pour nuit blanche, le 24 Mars 1990.

30 ans plus tard, l'artiste continue de peindre aux 4 coins de la planète…

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Ceci n'est pas un graffiti: le documentaire sur l'histoire du street art

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Des catacombes de Paris aux salles de vente, la série mise en ligne par Arte Creative intitulée Ceci n'est pas un graffiti révèle en 10 épisodes les rouages du street art, un courant artistique inédit dans l'histoire de l'art. On y trouve de nombreuses interviews de journalistes, galeristes, et d'artistes tels que Blek Le Rat, Kashink, Psyckoze, Jonone, L'Atlas, Jean Faucheur, C215

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Le 1er épisode intitulé Il était une fois le street art regroupe des interviews de Jonone, Magda Danysz, Arnaud Oliveux, Speedy Graphito, C215, Blek le Rat, Miss Tic et du collectif VLP.

« Le street art, d'une certaine manière, est une parodie du graffiti. Un véritable acteur du graffiti va s'exprimer pour son équipe de foot, pour déclarer sa flamme à sa petite amie, pour dire qu'il est passé par là, pour dire qu'il insulte son voisin, ou qu'il nique la police, qu'il baise la France. Alors que l'artiste, d'une manière ou d'une autre prétend toujours être subversif, mais il est toujours du côté de l'ordre. L'artiste par nature, même s'il conteste le système, fait partie du système. Être assimilé par le système est son fantasme inavoué. Il n'y a pas un seul artiste alternatif qui ne rêve pas de finir sur les pinacles des grands musées. »
-C215

Le 2ème épisode regroupe différents points de vue féminins (Konny Steding, Magda Danysz, Stéphanie Lemoine, Miss Tic, YZ) sur l'art urbain.

« Le street art est tout aussi macho que n'importe quel mouvement artistique contemporain. »
-Stéphanie Lemoine

Le 3ème épisode, intitulé Street art Melody, se penche sur le parcours atypique du groupe VLP (Vive La Peinture). Psyckoze accompagne le duo dans les Catacombes pour une session peinture.

Le 4ème épisode est une enquête sur le marché de l'art et le phénomène de spéculation.

« Je vois le galeriste comme un promoteur, il est là pour mettre en valeur le travail de l'artiste. »
-Jonone

Le 5ème épisode interroge l'utilisation des média sociaux par les artistes.

« Je suis vraiment accro à Instagram. »
-Jean Charles de Catelbajac

Le 6ème épisode est consacré au partenariat entre marques et artistes.

« Avant je peignais des métros, maintenant je laisse mes œuvres sur les avions. Un tag sur un avion, je ne vois pas ça souvent. »
-Jonone

Le 7ème épisode débute avec une belle altercation entre un passant/délateur et Miss Tic et questionne la politique de certaines villes qui utilisent le street art.

« Peindre dans la rue, je l'ai toujours fait, mais j'ai été tentée d'arrêter parce que j'ai eu un procès pour dégradation et j'ai pris cher. Je ne suis pas une martyre. […] J'ai trouvé la solution, j'ai commencé à demander des autorisations pour échapper à la justice et à la répression. »
-Miss Tic

Pour le 8ème épisode, direction Berlin, haut lieu du street art.

« Je pense que le street art ou le graffiti doit rester dans la rue. La récupération ne fera que créer un phénomène comparable à l'académisme du 19ème siècle, c'est à dire des artistes pompiers, récupérés par des politiques qui finalement ne produisent pas grand chose d'intéressant. »
-Pascal Feucher, galeriste

Le 9ème épisode questionne les initiatives de certains street artistes emplis d'idéalisme et de bons sentiments.

Le 10ème épisode, concluant cette série, interroge la postérité des artistes.

« Les institutions en France n'y connaissent strictement rien, ils n'ont aucun référent par rapport à ça. Ils n'ont jamais été formés pour analyser l'art urbain. Ils ont toujours vomi l'art urbain depuis des années. On va y arriver, il y a un renouvellement des élites qui est un peu lent chez nous. »
-Jean Faucheur

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Le métro fantôme de Noisy-le-Grand

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Au palmarès des projets foireux, couteux et abandonnés par la RATP et le STIF, le métro fantôme de Noisy-le-Grand occupe certainement la 1ère place.

En 1991, le Syndicat des Transports Parisiens (futur STIF) initie la création d'une mini-ligne de métro, un peu spéciale, entre la Gare de Noisy-le-Grand-Mont d'Est et la ZAC dite complexe Mail-Horizons, qui devait comporter environ 355 000 m² de bureaux et d'hôtels, des centres d'affaires et des commerces.

Cabine SK

Cabine SK

La technologie retenue à l'époque est 100% française. Ce système de transport hectométrique (dérivé du système de remontées mécaniques), baptisé SK, utilise de petites cabines roulant sur des rails et tractées par un câble à vitesse continue .

Malheureusement, le projet immobilier Mail-Horizons ne voit jamais le jour en raison de la faillite du promoteur. Ce qui n'empêche pas le futur STIF de continuer les travaux pour achever la ligne de 560 mètres de long. Soixante-dix millions de francs auraient été investis dans ce projet (dont quinze à la charge de la ville).

Les travaux s'achèvent en 1993, pourtant aucun passager ne peut l'emprunter, la ligne ne dessert qu'un terrain vague… Non ouvert au public, l'équipement a été entretenu, avec au moins une circulation à vide par mois entre 1993 et 1999, pour un coût estimé d'un million de francs annuel.

En 1999, la ligne, jamais utilisée, est mise en sommeil. Selon le maire, la technologie est obsolète, les pièces de rechange indisponibles et les compétences techniques éparpillées.

« Apparemment, les cabines ne sont plus entretenues depuis cinq ans. Hormis le fait de démanteler l'ensemble et reboucher le tunnel, je ne vois pas d'autres solutions possibles. Mais cela risque de coûter une petite fortune. »

Ce projet pharaonesque a été, à l'époque, épinglé par la Cour des Comptes, avant de sombrer totalement dans l'oubli.

Un extrait du journal télévisé du 7 Octobre 1996 :

De nombreux explorateurs urbains et certains writers curieux n'ont pas attendu que la RATP communique sur cette ligne fantôme pour explorer le moindre de ses recoins.

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Voici ce qu'il en restait en 2014 :

Cerise sur le gâteau de ce projet de mini-métro absurde, la RATP a construit 2 autres ligne SK, à l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle.  Après leur construction, près de trois ans de tests mirent en évidence de nombreux problèmes techniques. La 1ère ligne n'a jamais pu être utilisée correctement. La 2ème ligne fonctionnait parfaitement mais a été démontée en raison du bruit généré par le système. Une première ouverture de la ligne 1 a été prévue le 1er mai 1996, mais fut reportée pour finalement ne jamais être ouverte au grand public.

Depuis 2007, le métro automatique CDGVAL, empruntant l'essentiel de l'infrastructure SK, assure désormais la desserte interne à l'aéroport Charles-de-Gaulle.

Source : Exurbis