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Cartel 29, le livre: l'Atlantique et au delà

Créé en 1999, le crew breton C29 regroupe Arnem, Bush, Asar, Malik, Reduk, Baby K, Drak, Jone, Ofuske, Wen2, Meyer, Les Gens, Moner, Aiser, Skom, Omse, Shire, Haribow, Pak, Mites, Shire, Arcko,Soem, Skal… de nombreux membres actifs qui perpétuent la tradition du crew habitué aux grandes fresques à thèmes. Leurs productions de qualité sont souvent axées autour d'une imagerie cosmique qui est devenu au fil des ans leur marque de fabrique. La réputation de l'équipe ne se limite plus d'ailleurs depuis longtemps à leur région, avec des membres issus de toute la métropole, ils font partie des poids lourds de la scène française.

Le livre éponyme Cartel 29 retrace l'histoire du collectif en trois grandes périodes richement illustrées par des photos grand format. On suit les les évolutions majeures du Cartel de 1999 à aujourd'hui, de la Bretagne à Paris en passant par Nantes, Cherbourg, Lyon, … De très nombreux clichés de murs et de fresques mais aussi des chromes, des photos d'ambiance, quelques concepts et les fameux bunkers : un des supports préférés des graffeurs de la côte atlantique.

L'ouvrage est une auto-production en tirage limité. Une occasion rare de découvrir le travail de passionnés qui participent aux lettres de noblesse du graffiti français actuel. Les amateurs de Graffiti apprécieront que de nombreuses longueurs sont mises en avant sous forme de bandes avec tous leurs intervenants, une tradition qui se perd ces derniers temps.

Le livre coûte 34,95€ et est disponible ici sur Allcity.fr.

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Le Radeau de la Méduse de Banksy menacé de disparaitre

En 2015, Banksy s'illustrait dans les rues de Calais avec une série de pochoirs dénonçant le triste sort réservé aux réfugiés. 2 ans plus tard, se pose la question de la préservation des œuvres de l'artiste réalisées illégalement. Le pochoir détournant la célèbre peinture de Théodore Géricault, Le Radeau de la Méduse est menacé de disparition par un ravalement de façade.

Wilmo Kasal, une des nombreuses fans de Banksy a permis d'éviter son effacement in extremis.

Le propriétaire de l'immeuble en question, Georges Lagouge, est dans une situation unique en France, sinon rare. En choisissant son mur, l'artiste mondialement connu lui a fait un cadeau empoisonné :

« J'avoue que je ne connaissais pas Banksy auparavant et, très honnêtement, avoir un Banksy sur mon mur ne m'a rien rapporté… J'étais prêt à vendre, sans la moindre idée de la manière dont ça pouvait se faire techniquement. J'aurais même pu vendre l'immeuble entier, moyennant une plus value compte tenu du Banksy… Mais je n'ai eu aucune sollicitation. »
-Georges Lagouge

Ayant définitivement renoncé à se faire marchand d'art, Georges Lagouge a retrouvé ses préoccupations de propriétaire. Cette année, il a décidé de faire repeindre la façade de son immeuble, dont il loue une partie à une pharmacie.

C'est le plus normalement du monde que les peintres se sont mis au travail, ce jeudi. Le Banksy est passé tout près de leurs rouleaux :

« Nous, on nous a dit de tout repeindre. On a commencé à démonter la plaque de plexiglas et deux dames sont venues nous expliquer qu'on n'avait pas le droit. Notre patron a appelé la mairie, et on lui a dit la même chose. Donc, on va laisser comme ça. »

Sceptiques, les peintres contourneront le graffiti sous plexi.

« Franchement, ce n'est pas propre… »

soupire le senior du trio de peintres.

C'est exactement l'avis du propriétaire :

« Même le plexiglas est abîmé. Il reste des traces de tags qui débordent et le mur est abîmé. Ça va donner un mur renduit et repeint à neuf… avec ça en plein milieu. »

Georges Lagouge est prêt à négocier avec la municipalité :

« Je veux bien ne pas l'effacer à condition qu'il soit restauré. Enfin que ce soit quelque chose de propre. Si la municipalité veut le préserver, très bien, mais ce n'est pas moi qui vais payer. »

Le Banksy de la rue de la Tannerie n'est pas tiré d'affaire car on voit mal ce qui, juridiquement, pourrait empêcher le propriétaire de faire ce qu'il souhaite de son bien. C'est un comble, Georges Lagouge n'a pas eu le choix des couleurs pour sa rénovation : elles lui ont été imposées par l'Architecte des Bâtiments de France.

Source : Nord Littoral