writer's bench

Le Radeau de la Méduse de Banksy menacé de disparaitre

En 2015, Banksy s'illustrait dans les rues de Calais avec une série de pochoirs dénonçant le triste sort réservé aux réfugiés. 2 ans plus tard, se pose la question de la préservation des œuvres de l'artiste réalisées illégalement. Le pochoir détournant la célèbre peinture de Théodore Géricault, Le Radeau de la Méduse est menacé de disparition par un ravalement de façade.

Wilmo Kasal, une des nombreuses fans de Banksy a permis d'éviter son effacement in extremis.

Le propriétaire de l'immeuble en question, Georges Lagouge, est dans une situation unique en France, sinon rare. En choisissant son mur, l'artiste mondialement connu lui a fait un cadeau empoisonné :

« J'avoue que je ne connaissais pas Banksy auparavant et, très honnêtement, avoir un Banksy sur mon mur ne m'a rien rapporté… J'étais prêt à vendre, sans la moindre idée de la manière dont ça pouvait se faire techniquement. J'aurais même pu vendre l'immeuble entier, moyennant une plus value compte tenu du Banksy… Mais je n'ai eu aucune sollicitation. »
-Georges Lagouge

Ayant définitivement renoncé à se faire marchand d'art, Georges Lagouge a retrouvé ses préoccupations de propriétaire. Cette année, il a décidé de faire repeindre la façade de son immeuble, dont il loue une partie à une pharmacie.

C'est le plus normalement du monde que les peintres se sont mis au travail, ce jeudi. Le Banksy est passé tout près de leurs rouleaux :

« Nous, on nous a dit de tout repeindre. On a commencé à démonter la plaque de plexiglas et deux dames sont venues nous expliquer qu'on n'avait pas le droit. Notre patron a appelé la mairie, et on lui a dit la même chose. Donc, on va laisser comme ça. »

Sceptiques, les peintres contourneront le graffiti sous plexi.

« Franchement, ce n'est pas propre… »

soupire le senior du trio de peintres.

C'est exactement l'avis du propriétaire :

« Même le plexiglas est abîmé. Il reste des traces de tags qui débordent et le mur est abîmé. Ça va donner un mur renduit et repeint à neuf… avec ça en plein milieu. »

Georges Lagouge est prêt à négocier avec la municipalité :

« Je veux bien ne pas l'effacer à condition qu'il soit restauré. Enfin que ce soit quelque chose de propre. Si la municipalité veut le préserver, très bien, mais ce n'est pas moi qui vais payer. »

Le Banksy de la rue de la Tannerie n'est pas tiré d'affaire car on voit mal ce qui, juridiquement, pourrait empêcher le propriétaire de faire ce qu'il souhaite de son bien. C'est un comble, Georges Lagouge n'a pas eu le choix des couleurs pour sa rénovation : elles lui ont été imposées par l'Architecte des Bâtiments de France.

Source : Nord Littoral

writer's bench

Shahak Shapira tague des tweets haineux devant le siège de Twitter

Shahak Shapira twitter-01-511

Sous couvert de liberté d'expression, de nombreux messages haineux, antisémites et racistes sont régulièrement publiés sur les réseaux sociaux. Selon les plateformes, les politiques de modération varient, comme l'artiste allemand Shahak Shapira a pu le constater.

« Ces 6 derniers mois, j'ai signalé près de 450 commentaires haineux à Twitter et Facebook. Des choses que personne ne devrait dire ou lire. J'en ai signalé 150 à Facebook qui en a supprimé 80%. J'en ai signalé près de 300 à Twitter. Je n'ai reçu que 9 réponses ces 6 derniers mois.[…] Si Twitter m'oblige à lire ce genre de trucs, alors il n'y a pas de raison qu'ils ne le voient pas aussi. »
-Shahak Shapira

Décidé à agir, le 7 Aout 2017 l'artiste a reproduit au pochoir une sélection de tweets haineux non modérés devant le siège de Twitter à Hambourg, en Allemagne.

Pour un résultat plutôt mitigé :

« Il est 10h, la police est venue puis est repartie, rien ne s'est passé. Le sol a été nettoyé mais seulement sur le seuil de l'entreprise, ce qui correspond à la politique de modération de Twitter : nettoyer le pas de sa porte, le reste ne les concerne pas. »
-Shahak Shapira

writer's bench

C215 dénonce les menaces d'En Marche!

C215 en Marche-01-511

C215 a eu une drôle de surprise en découvrant qu'une de ses œuvres réalisée dans le 13ème arrondissement a été récupérée par le comité d'En Marche du secteur. Sans aucune autorisation, le parti présidentiel a détourné un de ses pochoirs réalisé en 2011, pour le poster sur leur page Facebook agrémenté du slogan: En Marche !. S'ensuivent des échanges de messages sur les réseaux sociaux entre l'artiste et le responsable local, Philippe Zaouati.

Dans la journée du 4 Juin 2017, C215 fait part de son mécontentement sur sa page Facebook, expliquant que :

« Le responsable local lui a répondu par le mépris et la calomnie. »

Le post de l'artiste a été partagé plus de 300 fois sur le réseau social et a récolté de nombreux commentaires indignés. Dans les commentaires justement, Christian Guémy assure avoir été insulté par Philippe Zaouati, le référent du parti macroniste dans le 13e arrondissement de la capitale.

« Non seulement ils l'ont utilisée sans mon autorisation, mais en plus il y ont ajouté leur slogan, qui peut laisser croire que j'adhère au mouvement. J'ai été pris de haut comme rarement. En gros, il me dit qu'il faut que je me calme, parce que c'est un collectionneur et qu'il possède d'ailleurs quelques-unes de mes œuvres. Il m'a dit : tu verras quand on sera à la mairie dans trois ans, on fera effacer tes fresques. »

L'échange s'est ensuite poursuivi par SMS et tweets interposés :

« Ce n'est pas l'aspect politique qui m'intéresse, mais la dimension légale et morale du préjudice que je subis. »

De son côté, Philippe Zaouati regrette une volonté de faire monter un bad-buzz. Il assure que cela faisait plusieurs mois que cette image qui tourne partout depuis un petit moment sur Internet était utilisée par le comité local d'En Marche.

« Il m'a envoyé un message pour me dire que c'était illégal, ce que j'ignorais, et nous avons tout de suite supprimé cette image de nos réseaux sociaux. C'est un peu triste, le sujet est clos pour nous. Nous avons une grande estime pour le travail de C215 qui est un artiste emblématique du 13ème arrondissement. Nous pensions lui rendre un hommage en utilisant ses œuvres, mais nous comprenons que nous aurions dû lui demander une autorisation. Nous sommes surpris de voir que, même après suppression de ces photos, nous continuons à être soumis à de nombreux messages et critiques venant de C215 ou relayés par C215″.

Photo : Stéphane Masset

Photo : Stéphane Masset

La photo modifiée a depuis été retirée de la page Facebook du comité En Marche ! du 13ème arrondissement.

Source : Huffington Post

writer's bench

Street Generation(s) Ep. 1: C215

C215 Street Generation-01-511

A l'occasion de l'exposition collective intitulée Street Génération(s) 40 ans d'art urbain qui a lieu à Roubaix jusqu'en Juin 2017, Virgile Lesbert et Matthieu Le Moign se sont entretenus avec chacun des artistes invités.

« Plus qu'un art alternatif, le street art est le mouvement artistique le plus important de la fin du 20ème et du début du 21ème siècle. Avec une communauté digitale présente dès le début, il s'est imposé au fil des décennies comme une culture dominante. C'est le premier mouvement artistique qui a bénéficié de l'ère d'internet de l'Argentine en passant par l'Afrique, l'Europe et la Chine le street art s'est ancré profondément dans la culture populaire. »

Pour ce 1er épisode, l'équipe est allée à la rencontre de C215, l'occasion de faire un point sur l'histoire du pochoir.

« Dans les années 30, on s'est servi du pochoir pour faire de la propagande, notamment totalitaire. Les 1ers portraits réalisés au pochoir dans la rue sont des portraits de Mussolini à Rome. Ça a pris une ampleur particulière depuis 1981 avec l'apparition de la peinture aérosol dans les années 60. Le pochoir s'est plus attaché à la culture punk qu'à la culture hip hop. Il y avait 350 pochoiristes actifs dans les rues de Paris au milieu des années 80. »
-C215

« J'essaie de retrouver la fibre contestataire et politique en faisant des figures qui font sens avec la société. »
-C215

« Toute forme d'art appelle à une forme de critique et d'autocritique, c'est la condition sine qua non pour qu'elle se maintienne et se renouvelle. Si on n'a pas cette dimension critique face à ce mouvement, on ne se situe plus dans l'art, on est dans la consommation. »
-C215

writer's bench

100 Murs pour la Jeunesse: Jef Aérosol à Sarcelles en vidéo

100 murs pour la jeunesse Jef Aérosol à Sarcelles en vidéo-511

Invité par la ville de Sarcelles et par le collectif Walls in Progress, Jef Aérosol a inauguré le 27 novembre 2016 en présence du maire, une fresque en mémoire de Aimé Césaire sur le mur de la bibliothèque Anna-Langfus, à Sarcelles.

100 murs pour la jeunesse Jef Aérosol à Sarcelles en vidéo-02-511

« C'est un acte de partage, d'éducation, et parfois un cri d'amour. »
-Jef Aérosol

Cette vidéo documente la réalisation du mur au pochoir par l'artiste ainsi que son inauguration.