writer's bench

Arrestations à la chaîne sur le métro de Milan

Métro de Milan, arrestation de writers à la chaine-01-511

Depuis cet été, les arrestations de graffeurs français ou étrangers se multiplient dans les enceintes du métro de Milan. Ainsi, ils sont nombreux à se retrouver pris au piège dans les dépôts de la ligne verte et de la ligne jaune. Les autorités semblent vouloir faire passer le message aux trainwriters à grand renfort de communication : vous n'êtes plus les les bienvenus et nous mettons tout en œuvre pour vous arrêter.

Petit rappel des faits de cet été. Le 8 Juillet 2016, 3 writers danois s'introduisent dans le dépôt de San Donato de la ligne jaune. Avertie par une alarme et la vidéosurveillance, la sécu débarque et les tient en respect le temps que la police arrive.

En Août 2016, rebelote mais cette fois c'est un graffeur allemand qui s'est retrouvé piégé dans le dépôt de Gorgonzola, situé sur la ligne verte. Il a réussi à s'introduire dans l'enceinte en compagnie de 2 autres personnes. L'alarme et la vidéosurveillance ont une fois de plus permis à la sécu de prévenir les carabiniers qui ont réussi à intercepter le malchanceux allemand, pendant que les 2 autres prenaient la fuite.

La police a saisi une trentaine de bombes de peinture, une caméra et un talkie-walkie.

Métro-de-Milan-arrestation-de-writers-à-la-chaine-02-511b

Désormais, la ville de Milan se porte systématiquement partie civile dans ce genre d'affaires, enclenchant automatiquement une procédure judiciaire. Le temps est à la tolérance zéro, y compris pour les writers étrangers pris en flag.

« Je considère que l'implication de la Police est importante pour rendre tangible notre engagement à défendre la ville. Ceux qui barbouillent nos murs et nos trains endommagent l'image de notre ville. Il doit être clair pour tous que nous allons continuer à rendre la vie difficile à ceux qui n'ont pas de respect pour Milan et les milanais. »
-Beppe Sala, maire de Milan

Une déclaration sous forme d'avertissement clair qui n'a pourtant pas refroidi des writers français de passage à Milan au début du mois d'Octobre.

Une fois de plus, 2 writers se sont retrouvés coincés par la sécu dans l'enceinte du dépôt de Gorgonzola. Les carabiniers ont une nouvelle fois saisi de nombreuses bombes de peintures, des billets de trains et des appareils photos dans lesquels ils ont trouvé de nombreux clichés incriminants. Il semble que les 2 writers étaient en plein InterRail. Pendant que la police poursuit son enquête, les français, laissés en liberté, peuvent retourner en France s'ils le souhaitent, mais doivent signer leur contrôle judiciaire 2 fois par semaine (le mardi et le vendredi), en attendant leur 1ère audience prévue le 10 Novembre 2016.

Métro de Milan, arrestation de writers à la chaine-03-511

Selon les enquêteurs et le procureur, cette mesure est censée éloigner les writers étrangers, majoritaires parmi ceux qui peignent le métro de Milan.

Sources : Milano Today, Libero 24/7

writer's bench

Dax, un tagueur récidiviste de 78 ans devant la justice

La contestation n'est pas une affaire d'âge, ni une crise d'adolescence passagère comme le prouve l'arrestation d'un octogénaire à Dax, déféré devant le parquet de cette sous-préfecture, ce mercredi 7 Septembre 2016.

Depuis Octobre 2015, de nombreux édifices de cette commune du sud-ouest de la France ont été victimes de graffitis contestataires et vengeurs. Profitant de la nuit, un homme avait pris l'habitude de tracer à la peinture jaune et noire de nombreux messages dont Violeurs, pédophiles sur les façades de la cathédrale Notre-Dame et de l'église Saint-Vincent-de-Xaintes. Il s'en est aussi pris aux locaux du Parti socialiste local, recouverts d'un voleurs, et il a enfin tagué un grand cons sur le bâtiment du quotidien régional Sud-Ouest.

« Les tags ont un caractère symbolique très fort. Ils dégradent le cadre de vie et donnent une image négative de la ville. Ils nourrissent également les sentiments d'insécurité et de relégation. La lutte contre les tags est devenue un élément fort de la politique municipale de la ville de Dax. »

Le papy tagueur a finalement été saisi sur le vif par les caméras d'un parking sous-terrain, le 28 Août dernier, et identifié grâce à la plaque d'immatriculation de sa voiture. Placé en garde à vue, il a reconnu les faits en expliquant son geste par un ras-le-bol des politiques, de l'Église et de la presse.

Une petite leçon à retenir pour les graffeurs du 3ème âge, il vaut mieux peindre des petits chats au pochoir plutôt que d'écrire ce qu'on pense, au risque de se prendre une enquête sérieuse menée par des forces de l'ordre motivées…

Source : Le Point

writer's bench

Hawaï: la 1ère rame automatique vandalisée à Honolulu

Hawai-511

Dans la nuit du 23 au 24 juin 2016, une des nouvelles rames de ligne ferroviaire automatique d'Honolulu, inaugurée en Mars 2016, a été peinte par un ou plusieurs writers. Une action dont on n'a pas du tout l'habitude dans la contrée des chemisettes à fleurs et du surf. 

Bien qu'étant en dehors du continent nord-américain, Hawaï n'en est pas moins un état américain, on peut donc s'attendre à une enquête approfondie pour mettre la main sur le ou les responsables.

Rame automatique Hitachi, Honolulu

Rame automatique Hitachi, Honolulu

« Les gens devraient être outrés. Ce sont des trains très chers que nous avons acheté. Environ 2 millions de dollars pour une rame. »
-Bill Brenan, responsable de HART (Honolulu Authority for Rapid Transportation)

Un reportage d'HawaiiNewsNow :

On peut se demander si les rames parquées en entrepôt étaient suffisamment surveillées, selon les autorités qui ont renforcé le dispositif depuis, seul un garde était chargé de la surveillance cette nuit là. La police d'Honolulu a ouvert une enquête pour cambriolage.

writer's bench

Grenoble: une fresque de Goin fait polémique

L'État matraquant la liberté

L'État matraquant la liberté

A l'occasion du festival de street art organisé par Spacejunk du 8 au 26 Juin 2016 à Grenoble, Goin a eu la bonne idée de peindre une Marianne matraquée par 2 policiers, l'intitulant L'État matraquant la liberté.

Les réactions de l'ensemble de la classe politique, qui a l'indignation sélective, ne se s'est pas faite attendre, à croire qu'une peinture a plus de force que toutes les photos et les vidéos de violences policières répétées ces derniers mois durant les manifestations contre la loi travail.

« Fresque honteuse à Grenoble, soutien total aux forces de l'ordre, Eric Piolle doit prendre ses responsabilités. »
-Jean-Pierre Barbier (Les Républicains), député et président du conseil départemental de l'Isère.

« Voir des policiers représentés en train de matraquer Marianne, et donc la République, alors que depuis plusieurs mois, et pas plus tard qu'il y a dix jours, ils ont donné leur vie pour elle, c'est indigne! »
-Patrick Mairesse, directeur départemental de la sécurité publique.

« Quand la collectivité locale finance, sur l'argent des contribuables grenoblois, une fresque réalisée dans le cadre d'un festival subventionné à hauteur de 25 000 euros, à la vue de tous, dans l'espace public, elle est responsable des messages passés. Par respect pour ceux qui nous protègent, il faut effacer immédiatement cette fresque inacceptable dans le contexte. »
-Geneviève Fioraso, ancienne ministre socialiste, députée de la première circonscription de l'Isère.

« Plein soutien aux policiers qui protègent chaque jour les Grenoblois, et qui attendent d'Eric Piolle qu'il leur dise ses regrets. »
-Bernard Cazeneuve, ministre de l'intérieur

Les réactions de la mairie :

« Nous, en tant que politiques, on s'interdit de vouloir gérer la création artistique. On comprend la réaction de la police et d'autres, mais ça reste une œuvre d'art, et l'art peut être subversif. L'art a vocation à créer du débat, voire de la polémique. L'œuvre a été peinte sur un mur du quartier de la gare qui doit être détruit dans les jours ou les semaines qui viennent. »
-Cabinet du maire de Grenoble, Eric Piolle

Jérôme Catz, organisateur du festival, estime que le but de l'artiste n'était pas de stigmatiser les policiers mais bien l'État :

« D'ailleurs, dès vendredi quand nous avons su qu'il y avait une polémique, l'artiste, qui est un artiste anonyme qui cherche à faire réagir les gens, a rajouté un titre à son œuvre, qu'il a appelée L'État matraquant la Liberté. »

La tonalité est différente pour Jean-Pierre Barbier, président LR du conseil départemental de l'Isère.

« Fouler aux pieds le symbole de L'État et de l'autorité dont nous avons tant besoin, oui je suis choqué. »

Yannick Biancheri, du syndicat SGP-Police FO de Grenoble, n'exclut pas un dépôt de plainte.

On assiste donc à une véritable ronde des censeurs décomplexés, réglant leurs comptes au passage avec le maire écologiste de Grenoble, Eric Piolle, dont certains, on le rappelle soutiennent un gouvernement qui n'a pas hésité à 2 reprises à faire passer des lois par décret (Loi Macron et Loi Travail) en utilisant le fameux 49.3, qui permet l'adoption sans vote d'une loi.

Petit rappel : en trois mois, près de 50 enquêtes judiciaires ont été ouvertes par l'IGPN pour des accusations de violences policières. Le mercredi 23 Juin 2016, huit organisations (la CGT, la FSU, Solidaires, SAF, l'UNEF, la FIDL, l'UNL et la LDH) ont réclamé l'ouverture d'une enquête parlementaire sur les dysfonctionnements du maintien de l'ordre et les choix opérés par le ministère de l'Intérieur lors des manifestations contre la loi travail.

« De nombreux manifestant-tes sont victimes de graves dysfonctionnements : délogés, pourchassés, blessés, interpellés par les forces de police alors même qu'ils n'ont commis aucune infraction! Dans le même temps, certains individus responsables de casse sont contenus en tête de cortège sans jamais être neutralisés par les forces de police »

ajoutent ces organisations, estimant cette enquête indispensable.

Cette fresque subira peut-être le même sort que la fresque des TWE à Paris, repeinte moins de 2 heures après sa réalisation, mais l'emballement politico-médiatique assure à son auteur et aux organisateurs du festival une visibilité inattendue.

Sources : Le Monde, Le Parisien, Orange

writer's bench

On ne plaisante pas avec la police

On ne plaisante pas avec la police-511

Jeaze a récemment publié sur son compte Youtube une vidéo dans laquelle un petit plaisantin, accompagné d'un cameraman, repère une voiture de police sérigraphiée stationnant dans une résidence. Certainement inspiré par les blagues de Rémi Gaillard, le writer équipé de bombes à la craie s'amuse à peindre des smileys sur le parebrise et les vitres du véhicule, avant de se faire serrer en flag.

Beaux joueurs, les policiers en uniforme, qui gardent leur sang froid, plutôt que de lui signifier son placement en garde à vue, le laissent effacer avec de l'eau et un chiffon les petits smileys, avant de le laisser partir.

« C'est une blague, mais c'est une voiture de police. »
Un policier