Interview: Isham de Lille

Isham est un des writers clés du Nord de la France. Touche-à-tout, on peut retrouver sa trace sur tous les types de supports : murs, infographie, toiles… Il répond en exclusivité à nos questions, illustrées par quelques images tirées de son Flickr.

Bonjour Isham, Présente toi un peu, d'où viens tu? Quels sont tes crews?
Bonjour, je pratique sous le pseudo de Isham, je suis basé dans le Nord de la France à Lille.
Je suis membre du Macia, du D32 et du DBA.

Qu'est-ce que représente un crew pour toi?
Un crew est comme une famille avec différentes personnalités avec qui on partage la même passion, c'est une source d'inspiration et de motivation.

Parle nous de tes débuts, comment était la scène à l'époque?
J'ai débuté en 1989, dans le Nord de la France, la scène locale était riche avec des crews comme les ATM, TFA, ou encore les NSK, pas loin à Bruxelles il y avait les UTK, les CNN, et les RAB. Un peu après à Lille, j' ai rencontré les LC, les MCA, des mecs comme Sleek, Aspik, Ters. C'était une scène de tagueurs, on faisait beaucoup de tags à l' époque. Les sprays, c'était pas la qualité d' aujourd'hui. On allait souvent à Paris, rue de Maubeuge pour faire les boites d'intérim et chopper des magazines ou de la sape, Paris était une vraie source d'énergie et dès qu'on remontait dans le Nord, on était reboosté. Pas de portable, pas d'internet, pas d' appareil photo mais on bougeait pas mal.

Comment définirais tu ton style ? Wildstyle ? Qu'est ce qui est important à tes yeux?
Je suis toujours en recherche de style, j'ai toujours été attiré par le wildstyle, style west coast, mais j' ai fait aussi des trucs en 3D, et d'autres styles plus dans le délire calligraphie arabe. Ce qui est important à mes yeux c'est d'évoluer, pas de rester figé dans un style et surtout de se faire plaisir.

Quels sont les gens du moment à tes yeux?
En ce moment, les gens du moment pour moi se trouvent en Espagne (Dems, Sozy), j' aime beaucoup ce que font les MSK aussi.

Dessines tu beaucoup?
Ca dépend, il m'arrive d'avoir des crises mais je ne dessine pas autant que je devrais.

Quand tu arrives face au mur, Tu improvises ou tu as un dessin?
Les 2, souvent j' ai un dessin qui sert de base mais qui évolue au fur et à mesure de la réalisation sur mur.

Tu fais du graphisme, est-ce que le graffiti prend une place importante dans ton travail?
Au début oui, plus trop maintenant, j'aime travailler les  typos et les couleurs sur lesquelles je passe beaucoup de temps.

Tu fais beaucoup de visuels pour des groupes de musique…
Oui j'ai réalisé pas mal de pochettes de disques et bossé avec des artistes dans différents styles musicaux et pour différents labels.

Tu fais également des tableaux, parles nous de ce que tu recherches en les faisant?
C'est une  thérapie, je mets tout ce que je ressens, j'essaye d'y mettre mon vécu, comme je ne suis pas fort en écriture, l'image pour moi est un bon moyen de m' exprimer. Je ne sais pas ce que je recherche, je fais et ça vient comme ça au fur et à mesure.

On remarque deux séries, une appelée Crying B.Boy et une autre sur les sneakers, peux-tu nous en dire plus?

Les Crying B.Boyz m'on été inspiré par ces reproductions bien kitchs d'enfants larmoyants. J'en ai récupérées et je les ai détournées à ma sauce, en y mettant mes références (cinématographiques, musicales et artistiques). J'aime bien se faire rencontrer des univers complètement différents, les mélanger et en tirer mon propre univers. C'est pareil pour ma série sur les sneakers, ça m' a été inspiré par le tas de sneakers pourris que je gardais pour aller peindre, j'avais envie de leur rendre hommage du coup j' en ai fait mon modèle n°1. Avec leur cuir usé, leurs plis et leurs taches de peinture, c'est un autoportrait en quelque sorte. C'est aussi une réflexion sur l'appartenance à un groupe et sur l'individu face à ce groupe : les sneakers, tout le monde en a, mais elles sont en même temps uniques pour chacun. J'ai découvert plus tard que le terme employé pour les sneakers suspendues aux câbles électriques c'est le terme de Shoefiti ! Ca m' a inspiré une série de toiles sur ces baskets suspendues que j' ai appelé Witness of Chaos.

Des projets?
Une expo à la galerie Ores de Lille et un projet de livre sur le shoefiti et le street art en général. Comme je suis nul en texte, il y aura beaucoup d'images. Je vais travailler avec un photographe pro pour faire un beau livre. Il y a aussi le Macia Store avec qui on essaye de développer de nouveaux t-shirts et également des expositions.

3 commentaires

  1. debaudringhien monique le

    j ai vu the little prince a la mediatheque de roubaix j aimerais avoir plus d infos sur Isham et pouvoir le contacter

  2. Abderrahmane NACER le

    Bonjour Hisham suite au contacte sur le net j’aimerais pouvoir décorer un camping-car pas trop cher avec comme thème vacance, la mer, désert, ou libre choix à l’artiste mes coordonnées abd62680@laposte.net merci d’avance.