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Logick, peindre des portraits à la bombe

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Nicolas Prévost alias Logick peint depuis plusieurs années dans la région de Roubaix.

« J'ai commencé en 2011. Je me suis entraîné pendant presque un an sur une friche du côté de Babylone. »

Passionné de bandes dessinées et de cinéma, Logick teste différentes techniques, dont l'anamorphose, dans les friches du Nord de la France.

 « C'est le réalisme qui me plaît, même si j'essaye de ne pas rester bloqué dans un style. »

Sur toiles ou sur murs, l'artiste réalise des portraits (Nelson Mandela, Snoop Dogg, MF Doom…) et s'essaie régulièrement à la caricature (Donal Trump).

« Ce que j'aime avec la bombe, c'est que les couleurs ne se mélangent pas. Et puis c'est intéressant de se creuser la tête pour faire un travail de précision avec un outil qui ne le permet pas toujours. »

Source : La Voix Du Nord

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Capdorigine, de l'autre côté du mur

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Capdorigine se distingue par sa passion pour les lieux chargés d'histoire et son intérêt sans limite pour les différents modèles de bombes de peinture qu'il collectionne. Noise la ville a suivi le writer/digger pendant un après-midi pour une exploration des environs du dépôt de frets de Délivrance, près de Lille et une peinture improvisée.

« Ma toute première fois à Délivrance, ça devait être en 99, ou 2000 maxi, mais j'dirais 99. En fait mon pote aimait bien tout ce qui était imagerie et son hardcore, lugubres… Il avait voulu faire des photos en mode samouraï, mais avec un manche à balai ! »

« Faire mon graff avant, sur papier, pour le peindre après, je trouve ça bizarre puisque ce qui m'a amené dans le graffiti, c'est justement le côté spontané, brut. En plus, entre le moment de faire mon graff sur papier et le moment de le faire sur mur, je changerais d'idée. »

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« J'étais à Dunkerque pour faire des frets. J'avais pas loin de 80 bombes et au bout de quatre wagons, j'en pouvais plus… Je pétais un plomb, j'avais mes sacs trop lourds, ça s'vidait pas, j'avais mal à l'index à force de peindre… J'me disais putain mais il en reste combien ?! Et comme je repars jamais d'un spot avec des bombes, je claque tout. Je calculais, il est 14h, j'ai fait 4 bâches… Je vais devoir rentrer tard. Je vais devoir faire 30 pièces. Un moment, j'avais même plus de plaisir. »

Quelques expérimentations de Capdo sur mur :

L'intégralité de l'article sur cet après midi raconté, mis en images et en sons est à lire ici.

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Lille, chasse aux trésors

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Initiative originale, Capdorigine organise une vaste chasse aux trésors dans les rues et les environs de Lille. L'objet de cette quête : 5 boites richement remplies de bombes de peinture, marqueurs, teintures, encres, caps, feutres, textes, photographies, dessins et le fanzine RIO78…

Le fanzine de 50 pages rend hommage au RIO78, un modèle de trains inox, portes jaunes circulant dans le Nord-Pas-de-Calais et la région Picardie & Lorraine. Il est accompagné d'illustrations de 4 Letters, de photos argentiques de Rousse Barbe et des archives de Capdorigine.

Fanzine RIO78

Fanzine RIO78

« Je les cacherai toutes d'un coup, dans la semaine, aux quatre coins de la métropole, enterrées, camouflées, dissimulées. Ceux qui voudront partir à leur recherche pourront me poser des questions, et je distillerai quelques indices, sinon elles attendront un mois, un an, ou un siècle avant d'être découvertes. »
-Capdorigine

La chasse est déjà ouverte, Capdorigine distille les indices sous forme d'énigmes sur son compte Instagram et sur son Facebook.

« J'ai laissé un indice dans les alentours de chaque cache, collé sur un poteau, le même indice pour les cinq lieux : une photo de Griotte, petite cocker rousse perdue dans la verte végétation. »
-Capdorigine

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Amis lillois, ouvrez l'œil, la première boite a déjà été trouvée, il en reste donc 4.

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Interview Bobspray, frites et briques rouges

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On connait le travail d'illustrateur de Bobspray qui met régulièrement en scène de manière humoristique les aventures d'une petite bombe de peinture dans des jeux et de petits strips. Mais cet artiste originaire du nord de la France met aussi le doigt sur le cap et peint de nombreux murs dans la même veine que ses illustrations. Spraydaily a eu la bonne idée de le rencontrer. Quelques extraits traduits de l'entretien.

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« Faire partie d'un crew, c'est souvent adhérer à l'idée de nous contre les autres. Le crew idéal regrouperait des personnes de mon quartier, des frites, de la brique rouge, mais ce ne serait pas un groupe de héros aux super-pouvoirs. »

« Ces dernières années, je suis influencé par la bande dessinée et les logos. J'achète de plus en plus de BD, en vrac, ça me motive beaucoup. Quand je vois les dessins de Franquin, Poirier, Bakshi, Mauricio, Hergé, Pound et l'école belge, je me dis que je veux faire comme eux, être capable de dessiner des personnages et leur faire dire ce que je veux. Je m'intéresse aussi aux graffitis naïfs, qu'on faisait gamin, comme les Bob, les SOS ou les NTM, ça m'évoque mes débuts dans les toilettes publiques ou sur les tables de cours. Je me souviens que mon pote Tony avait dessiné sur le tableau noir un flingue et une belle feuille de canabis, on a évidemment tous les 2 fini dans le bureau du principal. »

« Il y a plein de trucs à faire dans ma ville qui a un passé industriel. Il y a plein de voies abandonnées, des usines désaffectées, des petites rues etc. Mais après avoir passé 15 ans à trainer dans ces zones, j'ai du mal à faire la même chose encore et encore. J'adore donc découvrir de nouveaux spots, de nouvelles possibilités de voir ma ville sous un nouvel angle. Comme partout ailleurs, le graffiti est illégal et les gens n'aiment pas ça. Je me souviens des rues éclatées de tags dans les années 90, aujourd'hui tout est effacé très vite, quelque chose a changé, on doit faire avec. »

« Désormais, j'essaie d'adapter mon graffiti au contexte. Quand je trouve un mur, j'essaie de trouver une idée originale qui prend en compte l'environnement. J'aime bien ajouter des détails et des couleurs que je vois autour. La photo finale du mur est très importante, j'essaie d'y penser en amont. Je pense qu'il ya une différence dans l'approche du graffiti entre la old school et maintenant, tout ce qu'on conserve, c'est la photo, autant qu'elle soit réussie. »

L'intégralité de l'interview est à lire ici en anglais.

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Interview Pones CDT

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Le blog Graffiti-V-Français a rencontré Pones, un writer lillois actif à la fin des années 90, début 2000 dans les rues et dans les dépôts de trains du Nord de la France.

« J'ai choisi ce blaze pour les lettres, j'aimais bien le p avec l'enchaînement du one, ou oner et le s en terminaison de lettre ça faisait style espagnol ou américain, alors ça a donné au final Pones. »

« Cavale le 25 Décembre 1999 avec Keyz par les gendarmes sur un plan train de journée, je m'enfonce le pied dans un marécage et je perds une basket. Toujours en 2000 course poursuite avec les gendarmes au plan de Cergy, pleine journée un dimanche, Stone CDT prend sa photo et me dit qu'il y à un maître chien qui arrive sur les voies vers nous, alors je finis en 2 secondes et dans la foulée je tente de prendre une photo mais impossible tellement mes mains tremblaient, du coup on se barre en courant/glissant dans une pente d'herbe, on file sur le pont et là, gendarmerie, on se cache derrière un buisson on voit la voiture qui repasse, on a taillé dans l'autre sens. Cavale aussi sur les quais de la gare de Lille avec la police ferroviaire, ils sont venus, j'avais juste pris en photo ma pièce qu'un mec m'a chopé le bras, puis m'a demandé ma carte d'identité et tout, mais j'avais rien, ils voulaient m'emmener dans leur bureau mais après avoir marché à leur cotés quelques mètres je me suis sauvé en courant, un seul des gars a couru après moi, et au bout de 20 mètres, le mec à lâché l'affaire. »

« Le graffiti reste un délit mineur et à été un grand passe temps, même si ça coûte très cher à effacer, enfin moins que ça en a l'air au final. Ce que je pourrai dire aux nouvelles générations d'aujourd'hui : faites les choses à l'ancienne, faites les du moins avec l'esprit ou comme aujourd'hui innovez ou un mélange des deux. »

L'intégralité de l'interview est à lire ici.