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More Hate Than Fear [Full movie]

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En Angleterre, le système judiciaire envoie régulièrement des writers en prison pour plusieurs années. On se souvient qu'en 2013, Vamp a été condamné à 3 ans de prison ferme et que le même jour, Stuart Hall, un présentateur de la BBC, a écopé de 15 mois de prison pour avoir violé 13 mineures sur une période de 20 ans. On en déduit que les tribunaux anglais accordent plus de valeur à la propriété privée qu'aux vies de jeunes filles dévastées par un prédateur sexuel.

Inspiré par cette injustice caractérisée, Molly Manning Walker a réalisé un court métrage intitulé More Hate Than Fear dans lequel on suit les premières journées d'incarcération d'un writer dans une prison de haute-sécurité, au contact de criminels endurcis.

« Le graffiti, c'est la liberté d'expression. C'est un moyen de déclarer son désaccord avec un statu quo généralisé. Mais ce n'est pas le graffiti qui m'a conduit à réaliser ce film, ce sont les peines de prison disproportionnées. Ce qui est devenu évident, c'est que nous avons un système judiciaire qui protège plus la propriété privée que les vies humaines. »
-Molly Maning Walker

Le trailer :

Le film complet :

Source : Dazed

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No comment: les retrouvailles d'Utah & Ether

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Les Bonnie & Clyde du graffiti célèbrent leurs retrouvailles après plus de 6 mois de séparation. Retour sur les aventures judiciaires du couple : après 2 semaines d'actions intensives dans les dépôts de trains australiens, Ether se fait serrer et prend 6 mois de prison ferme en 2016. Pendant ce temps là, Utah fuit la justice et réussit à sortir du pays pour se réfugier en Europe.

Pour célébrer sa sortie de prison, Ether a retrouvé Utah à Paris courant Avril 2017. Le duo a rapidement renoué avec son modus operandi en défonçant les rues de la capitale à coups de tags et de throw ups.

Cette présence massive sur les stores et les camions parisiens n'a pas fait que des heureux, certains se sont empressés de toyer leurs throw ups, en signalant à qui veut bien l'entendre que ce seraient des balances (Snitch en anglais). On se perd un peu dans les allégations hasardeuses et les embrouilles internationales, largement relayées sur les médias sociaux, qui opposent Utah & Ether à de nombreux writers…

Pour faire taire les rumeurs, Ether a récupéré les vidéos de son audition précédant sa mise en détention en Australie, dans lesquelles on le voit répéter inlassablement la même réponse aux questions très précises des enquêteurs : No comment (sans commentaires). Une déposition filmée qui vient compléter la vidéo de leurs actions dans les dépôts de trains australiens.

Photos : Lepublicnme, Vitostreet, Locuality, Les Mystères de Paris, Maudit Français

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En Angleterre, prison ferme pour du graffiti sur trains

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On le sait depuis un certain temps, il ne fait pas bon être un trainwriter en Angleterre, surtout quand on se fait serrer après une enquête de plusieurs années. La justice anglaise est toujours prompte à prononcer des peines d'emprisonnement ferme pour de vulgaires histoires de graffiti. La propriété privée reste un bien sacré dans la mentalité anglo-saxonne. Condamné à 3 ans de prison ferme, Vamp en a fait les frais en 2013.

Dans cette nouvelle affaire mettant en cause les SMT, les médias locaux n'ont pas hésité une seconde à enfoncer le clou en décrivant le crew comme un véritable réseau mafieux, prenant ses ordres auprès d'un Parrain, Kieron Cummings, emprisonné au moment des faits.

Retour sur les faits de cette affaire complexe. Pendant plusieurs années, les fins limiers de la police ferroviaire anglaise sont payés pour traquer impitoyablement plusieurs membres du crew. En 2012, la police ferroviaire britannique ouvre une enquête suite à l'augmentation du nombre de trains peints par les SMT dans la région de Manchester. Les compagnies ferroviaires privées Virgin Trains, Chiltern Railways, Merseyrail, Northern, London Midland, le métro de Londres, Manchester Metrolink et Arriva Train Wales signalent de nombreuses actes de vandalisme sur leurs rames.

Photo : Ed. Dempsi

Photo : Ed. Dempsi

Après constatations et analyses, la police ferroviaire britannique déduit que ces actes sont l'œuvre d'au moins une personne, Dominic Leach, précédemment arrêté en 2013. Libéré sous caution, la police ne lâche pas l'affaire et continue son enquête pour démanteler un potentiel réseau. Au cours de l'enquête sur Dominic Leach, d'autres suspects sont identifiés (Niall Leach, Jake Goddard et Judah Hannaway), tous arrêtés en Décembre 2013. Comme Leach, ils sont libérés sous caution. Mais ayant de la suite dans les idées, les SMT continuent de peindre en Angleterre et à l'étranger, tout en filmant pour leur vidéo System Tumours 2.

Rebelote en Octobre 2014, Dominic Leach et Kieron Cummings se font serrer à Londres avant de peindre à la station Waterloo. Suite à la perquisition de leurs domiciles respectifs, la police trouve tout un attirail (bombes de peinture, gants, autocollants, pince coupe-boulons, caméras) qui conduit à une inculpation pour soupçon de complot en vue de commettre des dommages matériels, rien que ça ! L'enquête pour complot se poursuit et conduit à l'arrestation de 2 nouveaux suspects : Blake Feather et Christopher Thomas. Pas de chance pour eux, de nouvelles perquisitions conduisent à la saisie de matériel compromettant. La police trouve sur place des échanges de messages entre les membres du groupe, des vidéos, de nombreuses photos et des bombes de peinture.

« Dans un 1er temps, le crew SMT était suspecté d'être impliqué dans 64 attaques sur les différents réseaux de transport entre 2011 et 2013. Mais depuis leur 1ère arrestation, les membres du crew ont récidivé pour un total de 130 attaques. »
-Jonathan Dickinson, procureur

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L'officier chargé de l'enquête Tony McGibbon n'a pas eu la victoire modeste :

« Ce fut une enquête longue et incroyablement complexe qui a pris de nombreuses années. Au total, on reproche aux SMT à peu près 130 délits pour un cout de 300 000£. Nos efforts assidus ont payé, je suis heureux que chacun des condamnés soit derrière les barreaux. J'espère que cette condamnation envoie un message clair aux writers. Nous ne tolérons pas cette forme de criminalité. Le public peut évidemment contribuer à lutter contre ce fléau. Si vous remarquez un comportement suspect, n'hésitez pas à nous le signaler discrètement par texto. Nous continuons à travailler pour détruire l'activité de ces gangs, on fera tout ce qui est en notre pouvoir pour les traduire devant les tribunaux. »

Avant de rendre son délibéré le 12 Avril 2017, le juge chargé de l'affaire, Michael Leeming, a fait une déclaration qui fait froid dans le dos :

« Ces actes de vandalisme ont été commis uniquement pour prouver à ceux qui partagent votre mode de vie que vous en étiez capable, sans aucun égard pour une audience plus large, alors qu'il existe des endroits dédiés pour du street art de qualité. Ce genre de graffiti contribue à un état d'esprit de non-droit, ce qui est tout simplement inacceptable. Ce crime est d'autant plus grave, qu'il est planifié et organisé, un complot de grande envergure effectué pour votre propre satisfaction. Chacun d'entre vous savait que la conspiration dépassait ses actes individuels. A mon avis, ces infractions doivent obligatoirement conduire la plupart d'entre vous immédiatement en détention. »

Le verdict :

Dominic Leach : 14 mois de prison ferme
Niall Leach : 12 mois de prison ferme
Jake Goddard : 8 mois de prison avec sursis, mise à l'épreuve de 2 ans, 150 heures de travaux d'intérêt général
Judah Hannaway : 12 mois sous surveillance électronique, 150 heures de travaux d'intérêt général
Christopher Thomas : 13 mois de prison ferme
Kieron Cummings : 16 mois de prison ferme
Blake Feather : 12 mois de prison ferme

A la lecture de ce verdict, on peut se demander quel est l'avenir du graffiti radical, en rupture totale avec un street art béat, adoubé par les institutions, mais aussi s'inquiéter pour l'avenir de la contre-culture anglo-saxonne dans son ensemble… A méditer.

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Sources : British Transport Police, Manchester Evening News

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Torturés et incarcérés pour du graffiti

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Ce n'est pas une mauvaise blague : en Azerbaïdjan, Bayram Mammadov et Giyas Ibrahimov, âgés de 22 ans, sont incarcérés depuis le 10 Mai 2016 après avoir écrit un graffiti ironique à caractère politique sur la statue du père du Président en exercice, Ilham Aliyev, à Bakou et l'avoir publié sur Facebook.

L'objet du délit

L'objet du délit

Les deux jeunes ont été tabassés pour les forcer à signer une confession selon laquelle ils détenaient de l'héroïne. Giyas a été condamné à 10 ans de prison et Bayram est dans l'attente de son procès.

Action de solidarité pour Bayram et Giyas devant le graffiti de Djalouz avec Turgut Gambar, militant pro-démocratie et ami de Bayram

Action de solidarité pour Bayram et Giyas devant le graffiti de Djalouz avec Turgut Gambar, militant pro-démocratie et ami de Bayram

Amnesty International a mis en ligne une pétition réclamant la libération des 2 jeunes gens à signer jusqu'au 10 Mai 2017.

Liberté d'expression par Mr2700 et Korail à Toulouse

Liberté d'expression par Mr2700 et Korail à Toulouse

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Ceres, graffiti sur trains et prison en Angleterre

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Originaire de Cardiff, Ceres a déglingué le métro de Londres et les trains de banlieue au début des années 2000, avant de se faire serrer, suite à une enquête, et de passer quelques temps derrière les barreaux. Toujours accro à la peinture, il évoque sa carrière de writer et son serrage.

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« J'ai toujours essayé d'avoir mon propre style, il faut demander aux autres writers ce qu'ils en pensent. La police a réussi à faire le rapprochement entre Ceres et d'autres alias que j'utilisais régulièrement. Vu sous cet angle, je préfère faire des trucs différents plutôt qu'une pièce parfaite inspirée par les lettres et les techniques d'autres personnes. »

« Le Royaume-Uni est assez merdique pour tout ce qui concerne le graffiti. On risque de grosses peines de prison, le buff est très actif ce qui fait qu'on ne voit pas grand chose de qualité. A mon avis, les meilleurs writers viennent d'ici ainsi que les plus beaux modèles de trains. J'ai vraiment été chanceux de me faire serrer au bout de 10 années d'activité. J'ai rencontré des gamins qui ont passé plus de temps en prison que n'importe quel writer actif. Quand j'ai commencé à peindre à Londres, on vivait la renaissance du graffiti sur trains et métros, il y avait aussi beaucoup de bombing et d'embrouilles dans les dépôts, c'était le bon temps. »

« Le graffiti m'a donné tant de bons moments et de sacrés souvenirs, j'ai pu rencontrer plein de potes et faire de nombreux voyages. Même les pires moments étaient assez drôles avec du recul. Je n'ai aucun regret bien que les perquisitions, le temps passé en prison et l'ambiance dramatique aient eu un impact négatif sur ma famille et mes proches. Je continue de peindre, ce serait vraiment étrange d'arrêter maintenant. »

« Je dois être honnête, j'ai longtemps méprisé la présence du graffiti sur le net. Mes soupçons se sont confirmés quand la police a utilisé des photos mises en ligne accompagnées de commentaires postés par d'autres personnes pour me condamner. J'ai passé un weekend à Copenhague pour peindre, quelqu'un a posté les photos de mes pièces sur un blog danois relayées ensuite par un site anglais, tout cela avant même mon retour. Les flics ont juste eu besoin de faire quelques vérifications sur les vols en provenance de Copenhague pour défoncer ma porte à 6h du matin… »

Source : Graffdonuts