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Visite de Olhão, la ville de Sen

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En passant par Olhão, dans la région de l'Algarve au sud du Portugal, il est pratiquement impossible de ne pas remarquer les murs de Sen qui peint dans les rues depuis de nombreuses années.

« Gamin, je devais faire le mur en passant par la fenêtre de ma chambre pour sortir peindre. C'était vraiment différent. Depuis que la ville me laisse peindre librement, je dois faire de nombreux dessins pour les gamins. »
-Sen

Au volant de sa camionnette remplie de peinture, il parcourt la région à la recherche de spots légaux ou illégaux pour peindre des pièces rapides ou des fresques colorées et élaborées, l'important pour lui étant de ne jamais arrêter de peindre.

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Source : ILG

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Le graffiti absurde… mais intelligent du Germes Gang

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Depuis quelques années au Portugal, les GERMES s'inscrivent dans la lignée du CAP crew connu pour avoir un peu bousculé les puristes du graffiti classique. Se mettant volontairement en marge de la scène hardcore, les GERMES peignent de nombreux murs débiles mais marrants dans les rues de Lisbonne, clamant dans chacune de leur pièce que les règles et les diktats ne sont pas faits pour eux. On en apprend un peu plus sur les motivations du crew en compagnie de Dad161.

« C'est vraiment compliqué de définir notre style. On savait dès le départ qu'on n'était pas du tout intéressé par ce qu'on appelle le mouvement. Nous considérons qu'avoir du flow ou utiliser de nombreuses couleurs n'est pas suffisant, les idées pour dessiner des lettres et des combinaisons sont illimitées. Ce n'est ni du graffiti de toy, ni de l'ignorant, c'est quelque chose comme de l'absurdité intelligente. »

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« On fait partie de la génération qui a grandi dans les années 80. Durant notre enfance, on a vu quantité de dessins animés qu'on trouve désormais remarquable, c'est la même chose avec les jeux vidéos. On aime bien aussi ajouter des objets et des persos interagissant entre eux. On n'essaie pas d'éviter les styles plus standardisés, mais on ne pense pas à la scène graffiti, on est libre de faire ce qu'on veut, c'est l'essentiel. »

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« Le Portugal est entouré par l'Espagne, on a passé beaucoup de temps à feuilleter les mêmes magazines encore et encore avant l'apparition du graffiti en ligne. Entre 2000 et 2004, il y avait plein de bons writers à Lisbonne, bien plus originaux et authentiques que de nos jours. Il y a eu un moment ou on pratiquait un graffiti classique, c'est devenu rapidement chiant et sans intérêt, on a alors commencé à développer notre langage personnel en faisant abstraction de la merde qu'on pouvait voir dans les rues. On déteste les règles et les hiérarchies inhérentes au graffiti. On dirait qu'il y a toujours quelque chose à prouver à quelqu'un, c'est absurde et cela ne nous parle absolument pas. »

Sources : 12oz, Graff Donuts

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Thow, le graffiti comme acte de résistance

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Actif depuis de nombreuses années, Thow se consacre presque exclusivement aux trains et aux métros. Originaire de Madrid, il trouve régulièrement des failles dans la sécu pour peindre, ce qui n'est pas une mince affaire, on se souvient du serrage très médiatisé de Lose en 2013.

Thow, métro de Madrid

Thow, métro de Madrid

Un petit aperçu de l'activité récente de Thow :

L'équipe de EYC a recueilli les positions de l'activiste, quelques extraits traduits :

« Le graffiti est à la mode actuellement. Mais à 35 ans, après 20 ans d'activité, je ne veux pas parler de l'actualité de cette pratique mais plutôt de sa mémoire. »

« Parler de graffiti et tenter de l'expliquer est aussi contradictoire que de parler politique en Espagne et de chercher des solutions, c'est de l'hypocrisie pure. Pour moi, le graffiti n'est pas une mode, comme les jeans skinny ou les crêtes à la Beckham, c'est une attitude, un acte de rébellion, qui peut s'apparenter à une forme de résistance. »

« L'amour pour le graffiti est lié à une passion pour l'adrénaline. L'euphorie et la frustration y cohabitent de manière contradictoire.[…] L'important, ce n'est pas la chute mais l'atterrissage. Je ne sais pas pourquoi je peins, certainement pas pour gagner ma vie. Le graffiti me sert tout simplement à pouvoir vivre »

L'intégralité du texte de Thow est à lire ici en espagnol.

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Edis met à l'honneur le patrimoine portugais

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L'artiste pluridisciplinaire Edis rend hommage au patrimoine portugais en utilisant exclusivement du liège (un des produits naturels les plus caractéristiques du Portugal) et des carreaux de faïence (les fameux azulejos) comme supports de ses peintures réalisées à la bombe et au marqueur.

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Edis prépare et assemble tout d'abord les carreaux et les plaques de liège.

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Avant de dessiner en noir au pinceau, au marqueur et à la bombe.

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Puis il se rend dans un terrain vague de Lisbonne pour coller son assemblage et ajouter quelques touches de peinture en bombe, histoire d'harmoniser le tout.

Dans cette vidéo, il utilise cette technique avant de coller le portrait d'une vieille femme réfugiée sur le mur d'une maison condamnée.