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Lego, graffiti à La Réunion

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Lego TEA s'intéresse au graffiti à la fin des années 90. Inspiré par les magazines spécialisés de l'époque et Internet, il commence à peindre à La Réunion en utilisant l'alias Barjo, avant de se faire attraper et de devoir changer de blaze.

Depuis, Lego continue de peindre de nombreux murs en couleurs sur l'île et à l'étranger, tout en essayant de maintenir un rythme soutenu de bombing. Vasanda Valin s'est entretenue avec l'artiste :

« Comme je venais de me faire gauler, j'ai dû changer de pseudo. J'ai choisi Gole. J'ai inversé les syllabes et je me suis rendu compte que ça faisait Lego. J'aimais bien l'assonance. J'ai donc commencé à m'intéresser à l'égo. Celui qui fait partie de nous et vu que pour moi le graffiti était quelque chose de très égocentrique, j'ai trouvé ça intéressant de l'afficher aux quatre coins de l'île, mais aussi à l'étranger. »

« L'adrénaline c'est bon ! J'aime le fait que ce soit placé là, comme une publicité, imposée. Juste pour vos yeux, que ça vous plaise ou non. C'est plus instinctif, le trait doit être rapide, propre et efficace. Tout ça en peu de temps, c'est génial ! De la spontanéité à l'état pur. »

« La couleur égaye les gens et ça se ressent. Faut avouer qu'un mur coloré est cent fois plus beau qu'un mur gris non ? »

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Nems, peindre entre Bordeaux et l'île de La Réunion

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Originaire de La Réunion, Nems se met au graffiti au début des années 2000. Au fil de ses voyages sur le continent européen et nord américain, le writer rencontre ses futurs partenaires et affute son style sur murs.

« A la base mon blase c'est Nemy, c'est juste une suite de lettres qui me plaisait à l'époque. Par la suite j'ai changé le Y en S, parce que ça me faisait penser aux nems (plat traditionnel du Vietnam très apprécié à La réunion), ça m'a fait rire, j'ai validé. J'ai 2 approches : d'une part je travaille consciencieusement avec les croquis, le choix des couleurs et la disposition des lettres entre elles. D'autre part, je laisse libre cours à mon imagination face au mur, afin d'avoir une pièce uqi correspond au moment présent, au spot et à l'humeur générale. »

Capten et Nems en action :


« Ma 1ère pièce est un flop que j'ai réalisé en 30 secondes sur les palissades d'un terrain de foot de mon quartier. Ma 1ère fierté. J'ai réellement commencé à graffer en 2006 lorsque je rencontre des potes (Ekof et Séna OKF). A cette époque, c'était surtout des pièces en vandale avec 2/3 couleurs max sans fond. 3 ans après, je pars à Bordeaux et je découvre un niveau qui est vraiment différent de ce que je connaissais notamment grâce aux 3GC. Ca m'a permis de me concentrer sur la technique sur feuille. Je ne connaissais personne, du coup je m'aventurais dans des spots, je découvrais de nouveaux terrains sans trop oser repasser les graffeurs locaux. De retour à La Réunion 2 ans après, je rencontre Kapten, Heype et Miaow, on crée le crew 24. Grâce à cette connexion, on commence à réaliser des pièces plus poussées : persos , lettrages plus complexes et on diffuse quelques vidéos sur le net. J'ai aussi fait un voyage à Montréal ou j'ai pris de grosse claques. K6A, A'Shop me brûlent la rétine avec leurs fresques incroyables. »

« La Réunion regorge de spots. La géographie et les microclimats font qu'il y a un nombre incalculable de ponts et de spots différents. Pour moi, c'est juste magique, on peut peindre toute l'année, il fait tout le temps beau. il y a pas mal de graffeurs qui privilégient les couleurs par rapport au chrome et au noir. Ce qui fait qu'un terrain est souvent composé de nature verte, de graffs colorés et d'un soleil omniprésent. On peut passer une journée à peindre au bord de la mer et la semaine d'après peindre dans les hauteurs de l'île ou la végétation est hyper dense, ou encore peindre dans une savane limite désertique; C'est un truc à vivre. »

Heyp, Nems & Capten :

graff market

Jace X MTN Limited Edition

Après des années de graffiti « traditionnel », Jace ressent le besoin de se démarquer. Pour cela il crée le gouzou, un personnage original qu'il décline en premier sur les murs de la Réunion où il vit. Ce design simple et reconnaissable entre mille fait rapidement la renommée de l'artiste.

Le gouzou est toujours sans visage, un anonyme qui n'est ni mâle ni femelle et toujours en orange. Qu'il soit représenté adossé à un coffre au trésor, lesté au fond de l'Océan ou piégé dans une machine à laver, il véhicule toujours une image colorée, joviale et positive.

23 ans après la naissance de son personnage, Jace continue de trouver de nouvelles façon d'impressionner, de choquer et surtout d'émerveiller son public en le plaçant dans des endroits insolites, héros urbain de scénarios improbables et hilarants. Même si le writer pose régulièrement ses gouzous aux quatre coins du monde, c'est à La Réunion qu'il est le plus connu. A tel point que l'office de tourisme de l'île met en avant son travail comme une attraction pour les visiteurs, ce qui est inhabituel pour une œuvre essentiellement illégale.

Montana Colors lui dédie une bombe de la série 2016 d'éditions limitées. Le design de la bombe est lithographié, c'est-à-dire imprimé directement sur le métal et non pas apposé sur une simple étiquette papier. Ce modèle est produit en série limitée à 500 exemplaires estampillés par l'artiste. Chaque bombe est vendue dans une boîte vitrée en bois, de quoi satisfaire les collectionneurs les plus exigeants.

La bombe est disponible ici sur Allcity.fr.

store flavor

Jace: L'Usine à Gouzou

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Fort du succès de son avatar, le Gouzou, Jace, artiste résident à La Réunion a ouvert son Usine à Gouzou à Saint-Pierre le 21 Décembre 2015.

Répondant à la demande de ses fans, ce lieu n'est pas seulement une boutique mais aussi un lieu culturel dans lequel les amateurs peuvent désormais trouver des objets en édition limitée, des œuvres originales, des livres ou des t-shirts estampillés du fameux personnage, souvent à petit prix.

Pour en apprendre un peu plus sur cette Usine à Gouzou, Véronique Tournier s'est entretenue avec Jace.

« J'ai mon atelier à la maison. Étant de plus en plus sollicité pour mes œuvres, je n'ai pas forcément envie de faire venir les gens à la maison. C'était délocalisé, avoir un espace pour le public et surtout avoir un endroit pour que les gens puissent trouver des petites choses accessibles à des petits prix pour des anniversaires et autres évènements. Même si j'avais déjà des corners dans certaines boutiques, j'avais envie de tout regrouper en un même lieu. »

« J'avais mis, disons, un point d'honneur à ne pas tomber dans cet aspect trop commercial, ce merchandising. Puis on change. Il y a eu l'opportunité du lieu, le passage. Je me suis dit qu'il y avait peut-être quelque chose à faire. Mais c'est surtout la demande croissante qui devient tout de même oppressante. »

« Je vis très bien de mon art. A la limite, c'est une pression supplémentaire en ouvrant ce lieu. Honnêtement, même si certains vont penser le contraire, je sens que le public souhaite cet espace. C'est pour eux. Sur un plan artistique, je vais pouvoir aussi expérimenter des nouvelles choses. »

« Il y a une petite cour derrière qui n'est pas encore exploitée. On veut se servir de la vitrine de l'usine pour faire connaître d'autres artistes aussi bien des potes venus de l'extérieur que des locaux. Le plus important est de concevoir un espace soit sous la forme d'une résidence, soit sous la forme d'exposition. Un espace pour permettre aussi au public de porter leur regard sur d'autres artistes. »

« Je serai là à l'ouverture ce lundi et le reste du temps, j'ai embauché une responsable de l'usine car je continue à balader le Gouzou dans l'île, sur les murs des villes en dehors de l'océan indien. Puis je vais aller à la biennale au Cap (Afrique du sud) en Février, une exposition à Tokyo. J'ai la chance de pouvoir voyager grâce à mon art. »

« [J'emploie] 28 Gouzous dans 30 mètres carrés. Ils sont au sous-sol. Vous ne les verrez jamais travailler. »

Parmi tous ses projets sur le feu, Jace prépare également une bombe MTN Collector spéciale, en collaboration avec Montana Colors… beaucoup de boulot en perspective pour les Gouzous qui bossent à l'Usine !

L'Usine à Gouzou
170 rue Marius et Ary Leblond
97410 Saint-Pierre
La Réunion
Plan d'accès ici