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Pour Erosie, le graffiti n'est pas une fin en soi

Pour Erosie le graffiti n'est pas une fin en soi-01-511

Originaire d'Eindhoven, Jeroen Erosie peint depuis 1992. Au fil des années ce oldtimer hollandais ne s'est jamais laissé enfermé dans un style et continue d'innover en peignant ses formes spéciales sur murs mais aussi en atelier. Juxtapoz a réalisé une interview assez longue dans laquelle l'artiste évoque son parcours et son rapport à Internet. En voici quelques extraits traduits :

« Dans mes peintures récentes, il y a de nombreuses références au graffiti que j'aime pratiquer. J'utilise toujours mes carnets de croquis dans lesquels on peut voir l'évolution de mes dessins. J'essaie des trucs pour trouver le swing. Les symboles que je dessine ressemblent au graffiti, on peut y voir des contours, des diagrammes ou des éléments architecturaux. Ils surgissent assez naturellement, chaque espace carré contient un dessin intuitif.[…] Le contraste entre une grille rationnelle et les formes intuitives m'intriguent. »

Erosie & Tomek PAL

Erosie & Tomek PAL

« Je suis toujours en quête du plaisir de faire, d'un résultat rapide, intuitif et à l'échelle entre autres choses. Il y a toujours une référence au graffiti dans mes œuvres, que ce soit ma série de bicyclettes ou mes cercles parfaits. Le résultat laisse une interprétation plus large au spectateur. Le pratique du graffiti a toujours été pour moi un moyen d'expérimenter, mais cela n'a jamais été une fin en soi. »

« J'ai pris conscience de l'impact d'internet en 2004 avec Fotolog, une sorte de protoblog de partage de photos. Tout d'un coup, on a eu accès à des peintures venant de Barcelone ou Sao Paulo de manière quotidienne. Tout se réduisait aux photos, l'expérience n'avait plus d'importance. Cela permettait d'avoir accès à plein de choses sans avoir besoin de rencontrer les personnes pour de vrai. C'était très addictif, on ne pouvait poster qu'une photo par jour. C'était un mode de communication totalement nouveau. Cela m'a permis de mesurer l'impact d'internet sur notre quotidien, de constater la manière dont ça réduit notre vision du monde. Le street art est l'enfant issu du mariage du graffiti et d'internet, une hyper réalité sous culturelle. Combien de gens connaissent le travail de Banksy et n'en ont jamais vu en vrai ? Le jpeg se substitue désormais au travail in situ de l'artiste. »

L'intégralité de l'entretien est à lire en anglais ici.