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Toper, serrage et embrouilles dans le sud de la France

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Longtemps solitaire, Toper a défoncé les autoroutes et les voies ferrées du sud de la France au début des années 2000, sans négliger le matériel ferroviaire. Dans cet entretien, il dévoile son parcours et quelques anecdotes croustillantes concernant son serrage.

« J'ai commencé vers 2001 à 16 ans, j'ai toujours griffonné des trucs. J'étais émerveillé par ces grosses écritures sur les murs le long de l'autoroute, je me demandais comment on y allait. J'ai trouvé comme premier blase Voare. Comme je ne connaissais personne qui peignait, c'était ma petite amie de l'époque qui m'accompagnait principalement, sinon j'y allais tout seul, j'ai du apprendre sur le tas. […] Je ne connaissais pas les règles et j'ai repassé quelques mecs déjà bien installés comme Arone, Cvp, Ulla etc… J'ai eu pas mal d'embrouilles. »

« J'ai toujours gardé ce coté solitaire, je graffais d'abord pour moi, mon blase était plus important, je n'aimais pas cette idée d'exister grâce à un crew. »

« Ma plus grosse anecdote, car il y en a eu pas mal, je dirais que c'était en 2004, une période où j'étais à fond sur le dépôt d'Aix. J'avais fais un trou dans le grillage pour préparer une session avec des potes de Montpellier. Ce soir là, je remarque que le train était vraiment bien placé et en plus juste en face du grillage que j'avais préparé la veille. On commence à peindre puis 5 minutes après les portes s'ouvrent toutes d'un coup avec un mec qui gueule bougez pas police ! Il tente de m'attraper par l'épaule, je me retourne violemment, le flic trébuche en voulant descendre du train, je trébuche également gêné par mon sac à dos. Je ne sais pas par quel miracle j'arrive à localiser mon trou dans le grillage malgré la mauvaise visibilité, je m'y engouffre en plongeant la tête la première. Pendant ce temps là, le flic ne trouvait pas le trou, j'ai couru comme j'ai jamais couru de ma vie, à en vomir. »

« L'enquête a débuté en 2008, jusqu'à 2010, pendant 2 ans donc. En fait, j'ai été convoqué pour soit disant signer un papier. A mon arrivée, je file direct en garde à vue, et dans la foulée perquisition. Ils avaient eu mon nom par une balance qui s'était fait serrer quelques mois plus tôt. Ils ont facilement fait le rapprochement, je m'étais déjà fait serrer. C'était pour du tag principalement et quelques autoroutes. Pour les trains, la SNCF n'a jamais donné signe de vie,  donc pas de suite heureusement. Ils ont voulu faire de moi un exemple, à Aix. C'est tombé pendant leur campagne de nettoyage, soutenue par une association qui a également constitué un dossier contre moi, avec des fausses notes, des faux devis. Sans aucune vérification, ils ont eu gain de cause. Résultat : 2 mois de prison avec sursis, assortis d'une amende de 10 000 euros que je paye chaque mois. Pour l'anecdote, un flic au procès m'a demandé une toile. Quand je leur ai demandé pourquoi il faisait de moi un exemple, ils m'ont répondu que j'étais un des plus lisibles, et donc un des plus faciles pour l'enquête, l'un d'entre eux m'a même dit que j'aurais pu faire un très bon publicitaire… »

L'interview est à lire dans son intégralité ici.