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Edjinn, un mur pour dénoncer le fossé générationnel

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Invité à participer au projet 12+1 à Barcelone, l'illustrateur espagnol Edjinn a réalisé une peinture, assez naïve à première vue, qui met l'accent sur le fossé générationnel creusé par l'utilisation des médias sociaux.

« Je veux confronter les personnes âgées aux nouvelles technologies, aux réseaux sociaux et aux nouvelles façons d'interagir que les jeunes utilisent. »
-Edjinn

Quelques murs de Edjinn :

Source : Bizarre Beyond Belief

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The Intruders, hacking publicitaire

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Dans un contexte d'entre 2 tours des élections présidentielles, le binôme The Intruders, équipé de clefs bricolées, s'attaque aux sucettes publicitaires JC Decaux pour détourner les affiches avant de les replacer dans leur emplacement d'origine.

Un hacking publicitaire dans les rues de Paris qui permet au duo de dénoncer les affres de la malbouffes, l'échec des politiques et les connivences existant entre grands groupes industriels et pouvoir.

« Les grandes enseignes de l'agroalimentaire et les politiques ont cela en commun qu'elles ont chacune à leurs manières, concentrées tout leurs efforts sur le marketing, le clientélisme, le trafic d'influences. Tout le monde le sait et c'est un secret de polichinelle que c'est pourri. Mais on continue tous à consommer, à les invoquer ou à y faire référence. Les deux sont intimement liés, ils suffit de voir le lobbying de ces mêmes marques au niveau de la communauté européenne et des députés européens pour se rendre compte de la porosité entre les deux mondes. »
-The Intruders

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Apes, style simple et efficace

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Originaire de Barcelone, Apes peint depuis 1997. En dépit de la répression mise en place, le writer espagnol trouve toujours le moyen de peindre à un rythme soutenu des lettrages et des combinaisons assez simples mais efficaces.

« Mon nom est Apes. Mais ce n'est pas vrai, ce n'est pas mon nom en fait. Cependant cela n'a aucune importance. Je viens de Barcelone mais j'essaie d'être omniprésent en évitant de m'établir à un endroit spécifique. J'aime être partout physiquement et mentalement. J'aime voyager. J'essaie d'être en perpétuel mouvement pour le travail et pour le plaisir. En attendant je fais du graffiti. »

« On dit souvent que le graffiti est une histoire de territoire. Je ne suis pas tout à fait d'accord, s'il y a un territoire, c'est le monde entier. Pour moi le graffiti est un langage contemporain qui permet à des gens de différents pays de parler la même langue. »

« Le graffiti en plus d'être une pratique illégale répond à un besoin. Je pense que c'est une sorte d'espéranto involontaire qui n'a besoin ni de dictionnaire ni de règles. Le graffiti reste ouvert à l'interprétation et cela nous rend plus libre. Et je pourrais de nouveau mentir. »

Pour en apprendre un peu plus sur Apes, Wallspot a suivi le writer pendant la réalisation d'un mur à Barcelone :

Source : Spraydaily

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Nems, peindre entre Bordeaux et l'île de La Réunion

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Originaire de La Réunion, Nems se met au graffiti au début des années 2000. Au fil de ses voyages sur le continent européen et nord américain, le writer rencontre ses futurs partenaires et affute son style sur murs.

« A la base mon blase c'est Nemy, c'est juste une suite de lettres qui me plaisait à l'époque. Par la suite j'ai changé le Y en S, parce que ça me faisait penser aux nems (plat traditionnel du Vietnam très apprécié à La réunion), ça m'a fait rire, j'ai validé. J'ai 2 approches : d'une part je travaille consciencieusement avec les croquis, le choix des couleurs et la disposition des lettres entre elles. D'autre part, je laisse libre cours à mon imagination face au mur, afin d'avoir une pièce uqi correspond au moment présent, au spot et à l'humeur générale. »

Capten et Nems en action :


« Ma 1ère pièce est un flop que j'ai réalisé en 30 secondes sur les palissades d'un terrain de foot de mon quartier. Ma 1ère fierté. J'ai réellement commencé à graffer en 2006 lorsque je rencontre des potes (Ekof et Séna OKF). A cette époque, c'était surtout des pièces en vandale avec 2/3 couleurs max sans fond. 3 ans après, je pars à Bordeaux et je découvre un niveau qui est vraiment différent de ce que je connaissais notamment grâce aux 3GC. Ca m'a permis de me concentrer sur la technique sur feuille. Je ne connaissais personne, du coup je m'aventurais dans des spots, je découvrais de nouveaux terrains sans trop oser repasser les graffeurs locaux. De retour à La Réunion 2 ans après, je rencontre Kapten, Heype et Miaow, on crée le crew 24. Grâce à cette connexion, on commence à réaliser des pièces plus poussées : persos , lettrages plus complexes et on diffuse quelques vidéos sur le net. J'ai aussi fait un voyage à Montréal ou j'ai pris de grosse claques. K6A, A'Shop me brûlent la rétine avec leurs fresques incroyables. »

« La Réunion regorge de spots. La géographie et les microclimats font qu'il y a un nombre incalculable de ponts et de spots différents. Pour moi, c'est juste magique, on peut peindre toute l'année, il fait tout le temps beau. il y a pas mal de graffeurs qui privilégient les couleurs par rapport au chrome et au noir. Ce qui fait qu'un terrain est souvent composé de nature verte, de graffs colorés et d'un soleil omniprésent. On peut passer une journée à peindre au bord de la mer et la semaine d'après peindre dans les hauteurs de l'île ou la végétation est hyper dense, ou encore peindre dans une savane limite désertique; C'est un truc à vivre. »

Heyp, Nems & Capten :