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Le vernissage @ Vénissieux

La compagnie de théâtre La Quincaillerie Moderne présente son spectacle Le Vernissage le 30 Novembre 2014 à 17h à l'Espace culturel de la Buire à L'Horme, puis le 3 Décembre 2014 à 15h et le 4 Décembre 2014 à 20h au Théâtre de Vénissieux.

Espace Culturel de la Buire
Place Lanet
42152 L'Horme
Plan d'accès ici

Théâtre de Vénissieux
8 Boulevard Laurent Gérin
69200 Vénissieux
Plan d'accès ici

writer's bench

Le Droit d'Azyle

Azyle est une légende du graffiti parisien pour tous ceux qui s'intéressent au métro. Très discret tout au long de sa carrière de writer qui a duré près de 15 ans, l'artiste entretient un rapport privilégié avec Karim Boukercha, auteur du livre Descente Interdite, qui dresse son portrait pour Clique.tv et dévoile certaines photos inédites.

« L'histoire commence un dimanche matin de mai 1990, sur la ligne 13. Trois adolescents sont postés dans un wagon qui les conduit vers le 7ème arrondissement de Paris. Là-bas, en dessous des Invalides et de l'ambassade d'Italie, dorment paisiblement une douzaine de rames qui, paraît-il sont défoncées tous les week-end … Ce jour là, il y a Evil et Jek, mais aussi un petit nouveau, d'une quinzaine d'années, qu'ils ont invité à faire son premier métro. Ils ont été intrigués par ses tags un peu partout dans la Courneuve d'où le gamin est originaire. Jusque-là, il écrivait Asi.06, mais comme ça ne sonnait pas terrible, Abdik, son acolyte de la toute première heure qui n'avait de cesse de le voir grimper partout pour poser lui conseille de signer Asile : Ça t'irait vraiment bien, je t'assure. Vendu.[…] La seule chose qui lui pose problème c'est qu'il manque de place. Les rames sont déjà ruinées par l'artillerie lourde d'un des groupes phare de l'époque et proche des rappeurs des NTM, les 93 MAFIA CREW, qui règnent en maîtres sur la ligne. Les Kea, Mam, Swen, Arys, Keys, Acide, et tous les autres visages menaçant que l'on aperçoit dans le clip, Le monde de demain, filmé par Mondino l'année suivante. Il pose sur les moteurs. Au moins là il y est seul et ne sera pas effacé. Quand il ne trouve pas de petites places restantes sur la carrosserie, pour poser ses signatures qu'il délimite ensuite soigneusement par un trait. Déjà ce besoin de se séparer des autres. »

« Jusqu'à présent la poignée de tagueurs qui apparaît dès 1984 ne se spécialise pas vraiment. Comme à New-York où le graffiti est né quinze ans plus tôt, on cherche en premier lieu la visibilité. On tag dans les rues, graff le long des berges de Seine ou sur les palissades des chantiers de Beaubourg et du Louvre, sans oublier bien sûr le mythique terrain vague de la Chapelle qui voit naître le mouvement hip-hop français. Les premiers acteurs se penchent bien évidemment sur le métro et posent les bases mais il faudra attendre 1989 pour que la RATP sature sous le poids du nombre d'adeptes qui ne cesse de croître. Le métro devient alors le terrain de jeu le plus convoité et le plus prestigieux pour cette nouvelle vague d'activistes. La compétition fait rage et la loi du milieu est simple. Il s'agit d'en faire un maximum, avec le plus de style possible. De son coté, la RATP, sommée par ses voyageurs de réagir, n'a d'autre choix que de déclarer la guerre aux tagueurs, sur le terrain bien sûr, mais aussi dans les médias, leur fournissant, malgré elle, un adversaire naturel à défier. C'est dans ce contexte qu'Asile entre en piste, que cette première arrestation n'a en rien découragé. »

« Il lui faut également régler ce problème de visibilité. Trouver le moyen de sortir de cette masse de signatures qui finissent par s'annuler entre elles. Avoir l'exclusivité sur son nom. Ne laisser aucune place aux autres. Qu'il n'y ait plus de vide et que la rame lui appartienne. C'est ainsi qu'il décide d'aligner méthodiquement ses tags, comme le ferait un élève qu'on punit au tableau, et comble tous les wagons qu'il prend pour cible. Dans le milieu on appelle ça une punition. Quelques tagueurs en avaient déjà fait auparavant mais jusque-là, aucun n'avait eu l'idée d'en faire sa marque de fabrique. Asile, qui affine sa calligraphie, et change pour Azyle, s'accapare la pratique, qui s'impose littéralement à lui. En cette rentrée des classes 1990, et alors que ses parents, usés par ses errances scolaires, le mettent dans le lycée autogéré de Paris (LAP), Azyle décide de frapper un grand coup. Tant pis pour les études, et le contrat moral passé avec la famille, qui pensait que dans une structure moins contraignante leur fils, qui a tant de problème avec l'autorité, se prendrait en main. Ils ne se seront pas totalement trompés car il n'y a que dans le tag qu'Azyle trouve de l'amour pour la discipline. Il se réfugie dans le métro et organise ses journées de façon militaire. »

« À la rentrée scolaire 1992, alors qu'il a tout juste 18 ans, c'est le choc. Plus rien n'est comme avant, tout lui semble mort. Les œuvres que l'on pouvait voir rouler plusieurs mois jusqu'à présent n'ont plus qu'une durée de vie de quelques jours, et encore. Création d'une brigade anti-graffiti. Pas mal d'arrestations. Plus d'émulation. Beaucoup raccrochent les gants. Ça sent la fin. Pas pour lui, pour qui il est hors de question d'arrêter et qui vit très mal ce sevrage forcé. Il en évite même de prendre le métro, dont il ne supporte plus les odeurs et qui lui rappelle trop de souvenirs. Nostalgique, aigre, l'ennui le gagne. Largué socialement, il en arrive même à envier ses potes qui ont des devoirs à faire. Il décide de raccrocher les wagons de la vie normale et intègre la seule école qui veut bien de lui. Un centre de formation technique où il se découvre de véritables aptitudes pour les métiers manuels. Totalement coupé du milieu, et persuadé que plus personne ne peint encore des métros, il continue tout de même à descendre. Juste par instinct de survie. Pour se prouver qu'Azyle n'est pas mort… »

« C'est pendant les grandes grèves de 1995 qu'Azyle renaît, lorsqu'il tombe par hasard sur une petite boutique de bombes de peinture près de la Gare de l'Est. Il en franchit la porte, assez étonné de voir qu'un magasin spécialisé dans le graffiti ait pu ouvrir alors qu'il pensait le mouvement décédé. Déjà à son époque les points de ventes n'étaient pas légion. La tradition était au vol et les graffeurs qui concédaient d'acheter leur matériel devaient se rendre aux Puces de Montreuil, chez MJ Spray à Père Lachaise, ou encore chez Alim Color à Aulnay, où ont leur cédait des Sparvar pour 20 francs la bombe, et 100 francs les six. Azyle est de ceux qui ne dépensent pas. Pas le choix car par d'argent. Chez Monoprix il s'approvisionne en Krylon noire et blanche, chez Graphigro et au Bon Marché en Marabu Do it, quand ça n'est pas dans une constellation de magasins automobiles, pour les Auto-K, Altona, et autre Multona bien solvantées. Pour les encres, c'est BHV, Samaritaine, ou une multitude de commerces au surnom des stations de métro où ils sont situés. Azyle est maintenant l'intérieur de la boutique où il découvre l'existence de nouveaux fanzines que le vendeur le laisse feuilleter. On n' On, Paris Connexion, Keep Rollin, Xplicit Grafx dans lesquels il constate, choqué, qu'on peint encore dans le métro de Paris ! Son ego en prend un coup. Il reconnait SES dépôts, SA ligne, et n'y voit aucun vestige de ce qu'il a fait. Ça lui fait mal, d'autant plus qu'il ne se reconnaît pas dans ce nouveau graffiti qui n'hésite pas à changer constamment de pseudonyme pour tromper la police. Sacrilège. »

« Azyle profite des grèves (grand rendez-vous à ne manquer sous aucun prétexte) pour redescendre dans tous ses plans d'époque et revenir déposer discrètement ses nouvelles productions à l'attention des magazines. En remettant le pied à l'étrier, il s'aperçoit aussi que la punition, style qu'on lui attribuait, est devenue une pratique courante pour les nouveaux activistes. Il la trouve dépassée, ennuyeuse, impuissante. Comme dans les années 90, il va lui falloir innover s'il veut se démarquer. Il est hors de question pour lui de faire autre chose que signer. Nostalgique, il a à cœur de retrouver la vraie matière et traque les places qui ont échappé au pelliculage de la RATP. »

« Ici et là entre deux wagons ou en dessous des marchepieds. Fait ce qu'il nomme les places discrètes, comme les moteurs, les têtes et même parfois en dessous des rames ! »

« Toujours à l'affut des poses éternelles, il se met à la rayure. Cible pare-brise, vitres, carrosseries et pousse le procédé en passant jusqu'à trois quarts d'heure sur certaines d'entre elles. Ravi de voir que la RATP, ne pouvant les éliminer dans un laps de temps raisonnable, est obligée de les faire circuler. »

« C'est dans cette quête de faire revivre le passé qu'il trouvera les prémices de son nouveau style, quand il termine une des ses punitions en faisant gicler ce qui lui reste d'encre dans ses baranes pour les vider. Petit plaisir qu'il savoure en souvenir du temps où il n'était pas rare qu'il soit à court de matériel, en galère pendant une semaine pour faire ses remplissages ou à sec devant une première classe bien punie mais non achevée. Maintenant jeune adulte, traduire ici plus intelligent et organisé dans sa façon de voler, il se constitue des stocks astronomiques de teinture pour cuir qu'il n'a pas de remord à faire couler sur le support, même si elle ne s'imprègne plus dans la matière comme par le passé. »

« C'est un paradoxe, car pour se ré-inventer, Azyle va devoir bafouer les principes de base de sa discipline. Tuer la lisibilité de son nom et s'auto-toyer*. (*Toyer = écrire son nom par-dessus celui d'un ennemi). Il mixe les procédés. À ses tags à l'encre, il ajoute des signatures à la bombe qui se superposent, faisant ainsi un pas de plus vers la peinture et l'abstraction. Ses compositions sont plus explosives. Plus anarchiques. Plus impactantes. Il ne punit plus le support : il le sature. »

« Le graffiti est intégré à tous ses choix sans que ça soit un questionnement pour lui. Stylistiquement surtout, il voit toujours des choses a innover. Il se trouve peu à peu, même s'il garde en lui un sentiment d'inaccompli. Sa vie de famille, et surtout sa compagne, avec laquelle il entretient des rapports de plus en plus conflictuels, ne lui laisse pas assez de temps pour peindre et le frustre. Il vit leur séparation, en 2005, comme une libération, un des plus beaux jours de sa vie. Un champ libre pour se donner les moyens de vivre l'existence dont il a toujours rêvé. Mettre à profit toute son intelligence d'adulte dans sa passion adolescente. Peindre quand il veut. »

« Solitaire dans l'âme, Azyle se laisse aller à ce qui l'avait perdu à ses débuts : rompre avec la règle de l'agissement préparé et exécuté seul. Pour lui, le risque, c'est l'autre. Il fait la rencontre de Vices, un autre amoureux du métro, en novembre 2006 dans lequel il se retrouve adolescent car ils partagent en partie la même vision du graffiti. Il a en tête de faire une année 2007 où il repousse toutes ses limites physiques et mentales. Il n'est pas rare qu'il dorme dans sa voiture avant de pointer au travail après avoir œuvré toute la nuit. Ne dit rien à sa nouvelle compagne de ses activités nocturnes. (Elle pense qu'il vole des tableaux) Cette fois il a décidé que l'amour ne viendrait pas perturber son destin. »

« Dépôts rares, plans à quai, ateliers. Peintures deux à trois fois par semaine, ajouté aux nuits de rodage et de préparations des entrées, Azyle et Vices exagèrent. Ne se soucient de rien. Multiplient les exploits. Et se pensent protégés par les dieux du graffiti quand ils échappent de peu aux arrestations. Illusion de courte durée car depuis plusieurs mois déjà, irritée par ces deux insolents qui les narguent en ne changeant pas de nom, la police anti-graffiti les recherche activement. Ils parviendront à les retrouver suite à un patient travail de recoupement. Sylvain ! Vincent ! Les mains sur la tête ! Les deux tagueurs les entendent crier leurs prénoms un soir de juin 2007 alors qu'ils regagnent leur voiture après avoir peint dans le dépôt de Porte de la Chapelle.
La fin de 17 ans de peinture dans le métro pour Azyle. »

« Pour lui, c'est évidemment le choc, mais surtout la frustration. En pleine évolution stylistique, il dit au policier qu'il n'avait pas du tout planifié son arrestation à ce moment et la vit comme une incohérence. Ses saturations commençaient à peine à s'orner de projections additionnelles, fins traits de peintures projetés sur le support, produisant un effet de lacérations dynamiques. Lui permettant par la même occasion de changer d'échelle de peinture, et dépasser ses limites physiques avec lesquelles il devait composer jusqu'alors. Tant de nouvelles directions qu'il ne pourra pas explorer. Ça le désole. Le reste n'est que détail pour lui. Pour leurs actions en réunion avec Vices, on leur réclame la somme de 581 000 euros. Cette estimation sera révisée par la suite, par la juge d'instruction, qui comprendra bien que la démarche d'Azyle est avant tout une affaire personnelle. D'autant plus que Vices, rattrapé par l'accumulation de procès, fuira la France à tout jamais, suite à cette affaire. Addition finale pour Azyle de 195 000 euros. »

 

« Ne pouvant plus peindre, il conçoit son procès comme la suite de son œuvre. Il fait appel à un avocat, Maître Jésus (un signe ?). Sa ligne de défense se résume en un mot : la Vérité. Ne concevant pas avoir écrit Azyle toute sa vie, sans mentir, pour qu'on y accole un chiffre erroné, il veut connaître le juste prix de ses créations (selon la police). »

« C'est en tagueur qui classe ses métros par numéro de série doublé d'un technicien appliqué, concepteur de cours méthodiques, rompu au devis, qu'il se plonge dans son dossier et tente de comprendre le mode de calcul de la RATP. Celui du coût et de la quantité des produits utilisée, comme celui de l'immobilisation des rames, ou celui du temps pour nettoyer ses peintures. Il fait appel à un huissier. Démontre qu'il n'en résulte qu'un dommage léger et qu'à condition égale avec les nettoyeurs du métro, on peut nettoyer un mètre carré de dégradations en dix fois moins de temps que ce que la RATP indique, et cela sans que ne subsiste la moindre trace… »

« C'est avec tous ces éléments qu'il espérait être entendu lors de son procès fin 2012. En vain. La juge, amiable, qui l'a pourtant écouté attentivement, a retenu ce que le parquet et la RATP demandaient, exactement. Huit mois de sursis. Cent quatre-vingt-quinze mille euros de dommages-intérêts. Azyle fait appel. Pas pour l'argent. Pour la Vérité. Combien cela coûte-t-il d'effacer sa signature ? »

L'intégralité du portrait d'Azyle est à lire en 2 parties ici et .

L'ouvrage Descente Interdite regroupant de nombreuses photos et d'anecdotes d'Azyle est toujours disponible ici sur Allcity.fr

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Good Guy Boris Vs. Bad Guy Moris

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A l'occasion de sa première exposition solo intitulée The Paradigm Shift au Pari(s) Urbain du 6 Décembre 2014 au 6 Janvier 2015,  Boris présente un trailer original, probablement inspiré par le personnage de Rudy Wade dans la série britannique The Misfits.

L'artiste Good Guy Boris se trouve confronté à son double maléfique, Bad Guy Moris, contre lequel il doit se battre pour ne pas replonger dans le chaos.

« Mon nom est Boris, mais les gens m'appellent Good Guy Boris, je suis récemment sorti de prison. J'ai passé quelques mois dans la plus grande prison d'Europe […] à cause du graffiti. Un crime perpétré par mon jumeau maléfique qui essaie de détruire ma vie depuis le jour ou mes parents l'ont banni de la maison. »