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Les Gouzous débarquent à Toulouse

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Décembre 2016, Jace débarque à Toulouse pour peindre une équipe de ses petits Gouzous sur les murs de l'école Anatole France.

« Quand on travaille sur les murs d'une école, on ne fait pas n'importe quoi. Il y a quelques messages qui sont passés, je me restreint forcément sur le fond.[…] Je suis content, les gamins vont voir la fresque tous les jours, ça jouera certainement le rôle d'une madeleine de Proust dans 20 ans quand ils reverront mon personnage ailleurs[…] Ça créera peut-être des vocations chez certains. »
-Jace

Reso l'assiste ensuite durant l'animation d'un atelier d'initiation au street art avec les jeunes élèves de l'établissement.

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Sabek, du lettrage classique au street art

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Le writer madrilène Sabek, adepte de lettrages classiques depuis plusieurs années, s'est converti en artiste street art. En quête de contenu et de sens, il décline depuis son bestiaire sombre en Malaisie, en Angleterre, en Roumanie, en Thaïlande et en Allemagne à l'occasion de festivals qui lui permettent de peindre à grande échelle.

« J'ai commencé à gribouiller mon nom sur les murs pour rigoler à 16 ans, avant que cela ne m'envahisse complètement. Je façonne mes œuvres comme elles me façonnent, c'est devenu très important dans ma vie. »

« Au début, je cherchais un moyen de m'exprimer dans la rue. Je ne m'intéressais pas vraiment au message. Avec le temps, je me suis préoccupé du contenu et de la forme du message à faire passer. Mon quotidien et mes expériences nourrissent ma pratique et la font évoluer. »

« Le simple fait de peindre dans la rue ouvre un débat. Cela permet de s'accaparer un espace uniquement accessible aux grandes marques payant pour des campagnes publicitaires. Ils nous bombardent avec des messages et des infos alors qu'on essaie de démocratiser les rues par la libre expression et qu'on ouvre le champ des possibles. »

« Le street art a le pouvoir d'ouvrir des espaces à la libre expression. Cela génère questionnement et débat. C'est très important de le distinguer du neomuralisme, ce sont 2 choses totalement différentes. L'art représente notre environnement d'un point de vue subjectif. »

En Décembre 2016, Sabek a été invité à peindre un mur à Madrid.

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Pour tracer l'esquisse préliminaire de son oiseau de mauvaise augure, il utilise un pinceau fixé au bout d'une perche.

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Sources : MTN-World, Fresh Paint Gallery

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Acne, être partout et en faire le plus possible

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Actif depuis la fin des années 90, Acne a défoncé les 5 boroughs de New York à coups de tags et de throw ups en compagnie de Cecs. Pour étancher sa soif de bombing, il n'a pas hésiter à parcourir les États-Unis d'Est en Ouest et l'Europe pour trouver de nouveaux spots à peindre.

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« A l'âge de 12 ans, j'ai commencé à faire l'école buissonnière pour skater. J'allais sur le spot de Brooklyn Banks et j'observais régulièrement les trains passer. Je me suis mis à passer mon temps dans le centre ville et à voir les mêmes tags un peu partout.[…] Il y a une liste interminable de writers qui ont énormément peint et qui mérite une attention particulière. A cette époque, le graffiti était omniprésent à New York. »

« A un moment donné, je me suis rendu compte que c'était devenu une manière de vivre à part entière. Je me réveillais tous les matins en pensant à ce que je devais voler pour peindre ou payer mon loyer. Je me suis laissé porter longtemps avant de réaliser que le graffiti avait pris le dessus sur le reste de ma vie.[…] Le tag est ce qu'il y a de plus important. Ensuite viennent les throw ups, les straight letters et les pièces en couleurs. Je vois toujours le graffiti de cette manière. Mais de nos jours, les gamins ne le comprennent pas. Le style en premier, la quantité suit. Deviens bon et ensuite, défonce les rues. »

« A l'époque, les writers peignaient dans tous les quartiers de New York. Je ne pense pas que ce soit encore physiquement possible, il est fort probable de se faire serrer et tout est buffé très vite. Pour Cecs et moi, il s'agissait d'être partout. Je volais une caisse et on se baladait pour trouver des spots. Si je ne pouvais pas en trouver, on trouvait un autre moyen. On adorait faire des spots improbables ou les gens se demandaient ce qu'on était venu foutre dans le coin. »

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« A la base, on s'est concentré sur tous les quartiers de New York à l'aide d'un plan. J'ai rencontré des writers d'autres villes, ce qui m'a donné envie de voyager. D'abord du côté de New York, Philadelphie, Baltimore, Washington, Boston puis Oakland, San Francisco, Detroit. J'ai passé beaucoup de temps dans ces villes. C'est devenu mon objectif principal, être partout et en faire le plus possible. »

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L'intégralité de l'interview est à lire en anglais ici.