Interview Danger alias Pepsi ISK

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Le blog Graffiti-V-Français a rencontré Danger alias Pepsi, un des membres fondateurs du crew nîmois ISK, très actif sur les trains et métros du sud de la France et en Europe, à la fin des années 90. Dans cet interview, il évoque son parcours mouvementé accompagné par de multiples anecdotes croustillantes.

« J'ai créé le crew ISK en 1995 avec des amis de Nîmes. A la base ISK c'était Itchy Scratchy Krusty ou International South Kids. On s'organisait en petit groupe. On peignait sur Nîmes mais aussi avec Vania, donc des sessions sur Montpellier, Béziers mais aussi des bleds perchés comme Alès ou Millau. On était plutôt bien organisé. On faisait pas n'importe quoi, donc repérages de jour, repérages de nuit, alibis au cas ou ça tournerait mal etc… »

« A Nîmes, il y avait une base militaire. Certains des avions de la base comme ce Marcel Dassault étaient entreposés a l'extérieur des hangars. Un soir avec Koer (R.I.P) et Nosé de Paris on est allé taper 2 avions. Si mes souvenirs sont bons Koer avait tapé le même avion que moi et Nosé peignait l'avion d'à côté. Derrière les avions se trouvaient les hangars et devant un grand champ. Le deal, vue l'étendu du champ c'était que si une voiture de la sécurité débarquait, on ne s'aventurerait pas dans la direction du champ. Une fois les peintures à peine terminées, une voiture débarque. Moi j'ai longé les hangars derrière à fond la caisse puis j'ai fini par rejoindre la route en échappant à un serrage. Par contre Nosé et Koer ont d'abord couru entre les avions puis j'imagine, tracé vers le champs. Erreur fatale car ils sont tombés sur un militaire fou furieux qui les a non seulement renversés mais aussi tabassés. Je n'avais aucune idée de ce qui s'était passé à la base. Le lendemain matin je me rends chez Koer et là c'est pas lui qui ouvre la porte mais ses parents. Moi j'ai fait mine du gars qui n'était pas au courant des événements. Puis je suis rentré et j'ai vu l'état dans lequel Koer était. Il avait la tête plein de bleus. Et je crois que Nosé a eu des séquelles par rapport à l'incident au niveau de son genou (si je me souviens bien). Au final lors du jugement, le militaire de la sécurité ne pouvait s'y rendre car il est mort dans un accident d'avion quelques jours auparavant. »

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« En compagnie de Shampoo et ses potes. Shampoo avait la jambe cassée, et malgré ça il est quand même descendu dans le dépôt avec ses béquilles. Le dépôt était situé dans un tunnel en cul de sac. Une fois terminé on est tombé sur un mec de la sécurité qui se trouvait sur le quai d'en face. Shampoo lui criait dessus, il lui a même demandé ce qu'il faisait la, c'était hilarant. Finalement on s'est empressé de dégager nous même et on a attendu le métro dans une des stations pas loin. le quai était bondé. On a pris de bonnes toffs. »

« Un wholecar sur un TGV 1ère classe avec Vania a Tarbes. Manque de bol on avait oublié ou perdu les fatcaps donc on a du se taper le wholecar à la Julien chrome. On avait bien mal aux doigts à la fin tellement c'était long. On a été interrompu une ou deux fois par des locos et le matin une fois en quai, il y avait la police ferroviaire qui prenait des photos avant nous. On a pu avoir des photos en quai malgré tout et une sur le pont à la sortie de la gare. »

« Premier wholecar sur le métro de Marseille en compagnie de Mosk. C'était une station aérienne. Pour y accéder il a fallu grimper sur un arbre jusqu'à atteindre le pont qui menait à la station. Le métro était à quai, on avait des buntlack et des fatcaps c'était super ! A la fin il a fallu se dépêcher, y'avait de l'animation en bas de la station, une voiture de police il me semble. On est retourné sur les lieux quelques semaines plus tard mais le métro était garé de l'autre coté, sur le quai d'en face qui était accessible mais l'espace était plus étroit. On trouvait ça bizarre, on s'est avancé doucement et tout à coup on voit un mec de la sécurité assis a la place du chauffeur. On s'est vite barré. »

« Une soirée qui se termine mal. Sade, Shic, Danger, Astik et un pote à lui. Dans la nuit on a tapé un hélicoptère du SAMU, un TGV, un TER, et un autorail touristique. On est rentré sur Montpellier et comme on avait faim on est rendu dans le dépot TGV pour pécho de la bouffe et des boissons vu qu'on avait les clefs des cadenas du wagon bar TGV. C'est en ressortant du dépôt qu'on s'est pris un contrôle par la ferroviaire, tout bêtement. Évidemment il y avait toutes les preuves dans la voiture, bombes, appareils photo, photos d'action et un sac rempli de sandwichs et de boissons juste dérobés etc… Bref, garde à vue, des grosses claques dans la gueule, passage devant le juge, grosse pression. Le procès a eu lieu en 1997 et d'après ce que je me souviens je me suis pris de la prison avec sursis et peut être une amende. En fait moi j'étais déjà parti à Londres et cette histoire de procès j'en avais que faire. J'avais décidé que j'allais prendre mes responsabilité autrement. C'est à dire en rentrant dans le milieu professionnel ce que j'ai fait dans un premier temps. Puis de reprendre des études, ce que j'ai également fait, j'ai obtenu ma licence en 2003. Tout ça ne m'a pas empêché de faire un inter-rail en 2000. Comme quoi, Old habits die hard. »

« Pour ce qui est de la new school, je trouve ça cool. Les styles et techniques évoluent, plein de nouveaux talents. Après au niveau des méthodes, comme les sessions filmées a la GoPro uploadées directement sur YouTube, et relayées par les blogs et réseaux sociaux. Y'a des writers qui ne cachent même plus leurs visages, d'autres qui prennent carrément en otage des agents de la sécurité. Les plateformes webs et réseaux sociaux sont souvent utilisés afin d'amplifier un message qui au fond n'en a pas besoin. Car si tu as du style, le message s'auto-véhiculera sans effort. Aujourd'hui il y a une immédiateté grâce a internet qui n'existait pas autrefois. Même si on cherchait a se faire un nom on voulait garder une certaine discrétion et on faisait attention à ne pas se faire repérer. Mes conseils seraient : travailler a fond sur tes lettres, être conscient des risques encourus. De ne pas mettre ta vie en danger pour un tag ou un graff, d'être discret, de se faire rare, de rester humble, si tu décides de faire dans l'illégal, ne laisse aucune trace de tes activités chez toi, sur ton ordinateur, sur ton téléphone, sur ton e mail, sur les réseaux sociaux. Opte pour une méthode verbale et travaille ta mémoire, et un dernier : être ouvert. »

L'interview est à lire intégralement ici.

2 commentaires

  1. bibi le

    Old scholl, orriginal, humble, parfait !

  2. Vai t'en cagar !! le

    Et voilà comment des dépôts tranquilles finissent grillagés et surveillés …. Merci la tourista !