Interview Marc-Aurèle Vecchione

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Marc-Aurèle Vecchione alias Orel GT, réalisateur de différents documentaires dont Writers: 1983-2003, 20 ans de graffiti à Paris, a été interviewé par Tomas Statius & Denis Meyer pour Street Press. Dans cet entretien, le quadra évoque sa jeunesse dans les rues de Paris, la création des crew UK et GT, sa passion pour le tatouage et revient sur son initiative de peindre la devise désormais emblématique de Paris (Fluctuat Nec Mergitur), Place de la République, le lendemain des attentats du 13 Novembre 2015.

« Ce qui m'a plu dans le graffiti c'est la liberté ! Vivre sans argent, sans contrainte. A l'époque, on volait toute la journée et le soir on allait peindre. Puis le geste en lui-même : mettre ton nom avec la meilleure écriture sur le support le plus abusé possible. Je découvre le graffiti en 3e. A cette époque, il existe déjà en Europe chez les punks. Je choisis le nom Orel et je rejoins la bande des SAS, puis je crée ma propre équipe, AEC. Rapidement, je me suis concentré sur les métros et particulièrement les tunnels de métro. C'est ce que je préférais et c'est ce pour quoi je suis connu. J'aimais l'ambiance électrique. Quand tu rentres dans un dépôt, tu sais que tu es en train de braver un interdit. Au final, le graffiti ce n'est que ça : une recherche d'aventure. Il y a un siècle tu prenais un bateau pour partir à la découverte de pays. Nous, on est des gamins des villes, on a dû trouver autre chose. »

« Je me suis fait serré 3 mois après qu'Oeno, Chaze et Gary aient graffé la station Louvre en 1991. Moi je n'y étais pas. Ce soir-là, c'était la première rave à la Défense, organisée par Pat Cash. J'ai retrouvé Chaze, Oeno et Gary et plein d'autres à Palais Royal avant qu'ils aillent peindre. J'étais sous acide, donc pas trop chaud pour aller graffer. Le lendemain, les images de la station étaient sur tous les JTs. Quand Chaze et Oeno se font choper, la mère de Chaze m'appelle et me dit : Marco il faut que tu caches tout chez toi, les flics ont beaucoup parlé de toi. Quand Oeno sort de Fleury 15 jours plus tard, il me dit la même chose. Après les grandes vacances, les flics tapent perquis' chez moi et mon acolyte Slice mais on avait prévu le coup. C'est à cette époque que la police crée la brigade pour le graffiti. Son premier commissaire s'appelait Migaud. C'était un mec qui venait de l'anti-terrorisme, il venait d'arrêter le dernier mec de la Bande à Baader. »

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« A l'époque en 1997, GT ça voulait dire Gangbang Tonight. C'était plutôt un délire de soirées, lancé par notre pote Stephen, le chanteur du groupe de hardcore KickBack. Grim Team, c'est la continuation d'une bande qui s'appelait Underground Kings (UK) que j'avais crée avec Oeno et Smoker. Comme dans le cas d'UK, sa vocation est de réunir des gens de groupes différents mais qui ont un truc en commun : les métros. Puis le collectif s'est fait connaître dans un second temps pour la qualité de ses peintures en terrain. »

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« Le lendemain des attentats, mon fils a pris un de mes tatouages en photo : le blason de Paris que j'ai sur l'épaule droite. On s'est fait ce tattoo avec une dizaine de potes. En plus, j'écrivais souvent cette devise en bas de mes graffs. Alors que je mettais la photo sur Instagram, j'ai eu une sorte d'élan. J'ai eu envie d'être dans ma ville. J'ai pris quelques bombes, mon vélo et je suis parti place de la République. Sur la route j'ai appelé quelque potes. Certains étaient chauds, d'autres m'ont déconseillé d'y aller vu le nombre de flics. Ça m'a un peu excité, on retrouvait le côté interdit du graffiti. »

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L'intégralité de l'interview est à lire ici.

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