Interview Chas & Mister

Interview Chas & Mister-511

A l'occasion de leur passage en Italie, Spraytrains a rencontré Mister et Chas, 2 writers hollandais qui roulent leurs bosses dans les dépôts de trains et de frets d'Europe depuis de nombreuses années déjà. Il parait même que ces vétérans ont connu un monde sans Internet. Quelques extraits traduits.

« Que signifient qualité et quantité ? Ce qui fait la différence pour moi c'est le style. On peut discuter de la qualité, mais pas de la quantité. Ce qui compte ce n'est pas que tout le monde voit mes pièces, ce qui est important c'est que mes potes et moi, on les voit. […] Blade est le King parce qu'il a peint près de 5000 panels avant tout le monde. Hormis cette personne, il n'y a pas de king, juste de bons artistes. »
-Mister

« J'ai commencé le graffiti en 1989, en 1990 j'ai peint mon premier train. J'étais très nerveux, j'ai donc bu beaucoup de bières pour me détendre avant l'action. Le résultat a été catastrophique. Mais c'est un sacré souvenir. […] Je ne suis pas un vrai trainwriter, j'aime tout peindre, des murs (légaux ou illégaux), des trains , des frets. J'aime la diversité. Peindre illégalement donne de bonnes sensations. C'est agréable d'être dehors la nuit, d'être invisible, de se cacher du reste du monde. »
-Chas

« On peut comparer le fait de peindre des trains à un braquage. La première fois, on ne connait pas tous les trucs et astuces, on tâtonne. Mais quand on fait ça depuis longtemps, on sait ou regarder et quoi faire de manière posée. La première fois que je suis entré dans un dépôt de trains j'ai aperçu quelqu'un et je me suis enfui. Après plusieurs années de pratique, j'ai appris à attendre, à vérifier la situation. On ne ressent plus la même tension. Pour moi, cette sensation est la chose la plus romantique qui soit, je me sens vivant quand je le fais. »
-Mister

« Notre génération a beaucoup de respect pour ce que font les autres writers. Je ne repasserai certainement pas une belle pièce. Beaucoup de jeunes parlent beaucoup trop sur internet. Par exemple, ils n'hésitent pas à donner beaucoup d'infos sur les auteurs d'une pièce dans les commentaires. Je déteste ça. Je demande régulièrement à ses gamins d'effacer les commentaires mais ils ne comprennent rien. Ils pensent qu'il n'y a pas de problèmes et que la police n'utilise pas internet et qu'elle ne circule pas sur Instagram. Je sais que la police a utilisé Google pour me tracer et imprimer toutes les pages de mon ancien compte Flickr. Les gamins ne voient pas la connexion, ils pensent que la vraie vie et la vie virtuelle sont deux mondes distincts. Ils se trompent. »
-Chas

« Le graffiti a une place importante dans ma vie, au point que certains jour j'en arrive à le détester. Le graffiti apporte et prend beaucoup. Spécialement quand on le fait à ma manière, en mode guérilla. Ce qui signifie que je peux peindre littéralement pendant 1 ou 2 semaines sans m'arrêter, je me sens complètement vide après parce que ma vie n'a plus aucun équilibre. »
-Mister

« Chaque pièce s'accompagne de souvenirs spécifiques. Quand je regarde mes photos, ils ressurgissent. Je n'ai pas besoin d'avoir vécu des aventures incroyables pour m'en souvenir. Ça peut se résumer au souvenir du temps qu'il faisait, aux potes présents, aux odeurs qui circulent. »
-Chas

L'interview est à lire dans son intégralité ici.

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