Interview Chaze GT

Interview Chaze-511

Oneyard s'est entretenu avec Chaze GT alias Stem alias Stacy, un writer actif dans le métro parisien à la fin des années 90. Il s'est fait remarquer aux côtés de Gary et Oeno durant la célèbre attaque de la station Louvre Rivoli en 1991, ce qui lui a valu un petit passage par la case prison, une première en France. Depuis il multiplie les séjours aux États-Unis pour développer ses talents musicaux, tout en continuant de peindre avec son crew GT. Quelques extraits de l'entretien :

« En général pour quelqu'un qui ne me connaît ni d'Ève ni d'Adam, je ne me présente pas trop (rires). En fait, je me présente en disant que mon passé, c'est le graffiti. J'ai commencé en 1986/1987, j'estime que je suis la deuxième génération du graffiti en France. Avant moi il y avait les pionniers comme les BBC, les NTM, les CTK. […] Pour faire voir ton nom [le métro] est un des moyens les plus pratiques dans Paris et, encore une fois, il y a l'adrénaline. Si tu fais un tag dans la rue c'est assez facile, tu peux aussi faire une fresque autorisée sur un terrain vague, mais c'est un peu chiant. Dans le métro, tu es tout de suite au cœur du sujet. C'était une opération commando, on avait les clefs des trappes dans les entrepôts, les clefs des portes. Par exemple à la station Charles de Gaulle, il y avait des portes fermées qui donnaient tout de suite sur des métros. Petit à petit la collection se fait, les mecs ont des clefs, tu connais les horaires des maîtres chiens. »

« C'était en 91, on avait fait déjà pas mal de stations à l'époque et c'est mon collègue, qui taguait Oeno, qui avait décidé qu'il fallait faire la station Louvre parce que c'était une figure de proue de la RATP, leur plus belle station. Ils avaient déclaré la guerre aux graffitis et on s'est dit qu'il fallait marquer le coup. À l'époque, il y avait une des premières raves qui se passait à ce moment là à la Défense. On était une vingtaine, on avait tous nos bombes, on allait tous à la rave. Et quand on arrive sur le quai de la station de métro Louvre, ça s'est décidé. Gary, Oeno et moi on descend. Il y avait encore le métro qui tournait, on attend, pour engrainer les autres. Personne n'est venu : « Nous on s'en bat les couilles on va en soirée, on fera ça plus tard.» Bref, on est descendus tous les trois, on a attendu 3h du mat'. On avait les clefs et on a pété la station. Le lendemain on était dans les journaux, on faisait toutes les unes des magazines… On ne s'attendait pas du tout à ce que ça fasse du bruit comme ça. C'était le Parisien, Antenne 2, on était partout. C'était la station Louvre du coup les gens étaient choqués. Il y avait des répliques de statues, c'était vraiment une belle station à l'époque. On avait vraiment vandalisé le truc. Après ça, la mairie de Paris et la RATP ont décidé de frapper un grand coup et de nous retrouver. Un mois plus tard, on a été perquisitionnés tous les trois à la même heure, un truc synchronisé (rires). Ils nous suivaient, le graffiti c'était facile pour nous retrouver. Comme dans tous les milieux, il y a beaucoup de balances, donc on a vite été identifiés, ça a été rapide pour eux. Ils nous ont suivi quand on faisait d'autres métros, on arrivait en entrepôt on se disait : C'est bizarre, il y a plein de maîtres-chiens aujourd'hui, on ne peut pas le faire. Puis ils nous empêchaient de faire les trucs et un beau matin, ils nous on serrés. Pour des graffitis il me dit : Voilà, monsieur vous allez partir en préventive, tant pis pour vous. Donc on a fait 3 semaines de préventive, Gary était mineur encore, nous on venait tout juste d'être majeurs. Donc Gary a payé, il est sorti sous caution et nous, nous sommes restés à Fleury pendant 3 semaines. C'était rapide mais on hallucinait. Tu te retrouves devant les miradors en prison. Être là pour des tagueurs c'est un peu ouf et même les mecs dans la prison ils hallucinaient qu'on soit là pour de la peinture. Après on est sortis et on a été jugés 6 mois ou 1 an plus tard. On a eu une grosse amende et du sursis. »

« Quand tu sors de prison tu es calmé, mais tu n'arrêtes pas du tout parce que tu as 18 ans et ce n'est pas ça qui va t'arrêter. Donc on a changé de noms. À cette époque, je taguais Stem ensuite j'ai changé de nom pour Chaze. J'avais vu une couverture de bouquin qui s'appelait Charlie Chase, c'est un truc américain de détective et il y avait une belle typo sur la cover, j'avais kiffé ça. On est partis à Amsterdam pour défoncer pendant 1 mois et demi avec un stock de bombes. On avait 100 bombes chacun, on dormait dans des bed & breakfast, on faisait les coffee shop et on fumait, on faisait les entrepôts et la rue. Toujours dans l'idée de chicoter, comme on disait à l'époque, le plus possible et c'est tout. Il fallait tout niquer, c'est ouf comme concept mais on volait la journée, le soir on peignait. On ne faisait que ça .On avait arrêté l'école. Je devais avoir 19 ans je pense. »

« J'ai arrêté quand je suis parti à New York. J'y suis resté un an illégalement, après j'y suis reparti pour faire mes papiers parce qu'on voulait lancer la marque Grim Team aux États-Unis. J'ai donc arrêté de faire du graffiti parce que si tu te faisais serrer là-bas, tu avais des chances d'être renvoyé dans ton pays d'origine. Le jeu n'en valait pas la chandelle, je voulais y rester. »

L'interview est à lire intégralement ici.

4 commentaires

  1. Wolf Ziga le

    Allez voir les commentaires de l’article…il se fait afficher le gars !!!

    • chaze le

      il se fait afficher de rien du tout,le jour ou ce que je raconte est une fable il va pleuvoir de la merde.
      trop de trous du cul qui n’ont que ca a foutre de raconter de la merde sur le net!

      • Pipelette le

        Ha ben je vais sortir mon parapluie direct !
        Au fait, lamentable la récup Fluctuat Nec Mergitur, voire minable du niveau de C215 qui cire les pompes de Taubira.
        Je ne suis pas charlie, tiens le toi pour dit.

        • chaze le

          lol……intelligence quand tu nous tiens….
          tu n’est pas charlie donc….hooooo…hoooooo…..