Edes – Graffiti is gay

Edes - Gay Graffiti-511

A Copenhague, le graffiti fait partie du paysage depuis de nombreuses années. Les murs de la ville et les voies ferrées sont peints régulièrement, sans oublier les fameux S-trains rouges. Mais depuis quelques temps déjà, Edes, qui a fait son coming out en 2008, secoue un peu la communauté des writers, pas franchement réputée pour son ouverture d'esprit, en revendiquant en couleurs et de manière humoristique son homosexualité sur différents supports. Lars Jellestad l'a rencontré pour Vice. Quelques extraits traduits de l'interview.

« Tout a commencé quand j'étais à l'école, j'ai reçu une éducation chrétienne qui m'a donné des valeurs pas tout à fait en accord avec mon homosexualité. Je l'ai refoulée pendant longtemps. J'ai même prié pour devenir hétérosexuel. L'ambiance à l'école était très macho, il y avait pas mal de violence et comme on peut l'imaginer, être gay n'était pas vraiment évident. Mon coming out en 2008 a déclenché quelque chose de très fort en moi. Mon tempérament a commencé à changer et j'ai commencé à avoir plein d'idées. Je peignais déjà à l'époque, mais je n'ai rien fait de mes idées avant 2012, à la période ou le Danemark était pris dans les débats sur le mariage gay. Voir certains ministres s'y opposer m'a poussé à trouver un moyen de m'exprimer. Plutôt que d'aller brûler une église, j'ai commencé à dessiner. »

« J'essaie de provoquer tous les homophobes en transformant le gay bashing par du straight bashing. Je veux aussi faire chier la communauté du street art, particulièrement ceux qui ont un problème avec les homosexuels. De nombreux writers considèrent que peindre des trains est hardcore, et que c'est réservé à une élite. Je vais à l'encontre de leurs préjugés, si un gay peut peindre un panel, n'importe qui peut le faire. Ça leur retire le monopole de l'image du dur à cuire. »

« Je ne me sens pas à l'aise avec les stéréotypes de la scène gay, un mélange d'Eurovision, de glam et de Abba. J'ai grandi avec Dr Dre en buvant des bières tout en faisant du graffiti. C'est pourquoi mes pièces choquent certains. Je n'arrive pas vraiment à m'intégrer. On a dit que j'avais le Sida et certains toyent mes pièces en écrivant Pédé dessus. Mais mon crew DRA me soutient à 100%. »

« Pour le grand public, être gay est tout à fait envisageable. On a des membres du gouvernement danois qui participent à la gay pride. Mais dans les marges de la société, il y a toujours beaucoup d'hostilité contre les gays et ce n'est pas le type de personnes que vous allez atteindre en publiant un article dans un journal. »

L'interview est à lire dans son intégralité ici.

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