Egypte: Shawarma, barrages et graffiti

A l'heure où les médias de France et d'Europe nous servent du djihad à toutes les sauces, il arrive que quelques poignées de writers plus que téméraires se lancent tout de même à la poursuite de systèmes de trains et métros dans des zones à risques. Cet été, une équipe de writers allemands a ainsi tenté de renouveler l'exploit de Rider, Hard et Tibak qui avaient peint le métro du Caire en Égypte. Mais c'était en 2010, et aujourd'hui en 2014 la situation s'est nettement corsée. ILG nous rapporte le récit de leur aventure.

Après avoir passé de nombreux barrages routiers fortement gardés, des bases militaires et de nombreux contrôles de passeport, nous sommes arrivés au Caire après un trajet de 460km en taxi payé 100$, à travers le désert de Hurghada.

Premières impressions : du monde partout, des charrettes tirées par des ânes, du bruit, des motocyclettes, des chameaux, des autobus et un incompréhensible chaos.

Arrivés à l'hôtel, on fait un point comme d'habitude pour avoir un aperçu de la situation.

Près des gares et dépôts, de simples regards à travers un grillage attirent immédiatement l'attention. Il est arrivé plusieurs fois qu'on tombe sur des égyptiens agressifs qui se demandaient ce qu'on faisait là. Impossible de prendre une photo d'un train sans avoir de problème, on a dû à plusieurs reprises supprimer immédiatement les photos prises.

Le comportement des gens est inévitablement lié au climat politique local très tendu. Durant notre séjour, de nombreuses explosions ont eu lieu au Caire.

Il s'est avéré extrêmement difficile d'avoir une vue d'ensemble des lay ups potentiels en ville.

Alors que nous rentrions dans une cour par un pont piétonnier on a entendu des cris en arabe, un gars de la sécurité nous mettait en joue avec son fusil, un signe qui ne trompe pas : ce n'était pas le bon moment pour peindre…

Personne ne pense au graffiti là bas, si quelqu'un pénètre dans l'enceinte d'un dépôt ou d'un lay up, c'est forcément pour y poser une bombe.

Après plusieurs essais infructueux, nous avons décidé d'abandonner et de laisser ce système de métro exotique sur notre liste. Des haut-parleurs des gratte-ciels environnants résonnait régulièrement la voix de l'appel à la prière.

Nous avons finalement réussi à pénétrer dans un dépôt de trains, mais une meute de chiens s'est mise à aboyer, risquant d'alerter la sécurité. Il a fallu une éternité avant que les chiens ne s'habituent à notre présence et qu'on ose peindre, l'estomac complètement retourné.

Que faire si quelqu'un débarque ? Fuir, ou se cacher tout en sachant que la sécurité est armée de Kalachnikov ? On s'est décidé à dissimuler, avec de grandes précautions, le sac de peinture afin d'éviter qu'on nous prenne pour des poseurs de bombes.

Ça nous a pris beaucoup plus de temps que prévu mais l'action a finalement été menée à son terme.

Peu de temps après, nous avons pu de nouveau peindre sur les trains de banlieue de la capitale égyptienne.

Nous avons enfin pu profiter du Caire et de l'Égypte au maximum – en particulier les spécialités locales : La nourriture comme le shawarma, le baba ganousch ou la soupe de lentilles accompagnée d'épices sont excellents et pas chers, et on trouve de nombreux stands de jus de fruits frais dans la rue.

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