Fausses toiles: Jonone contre-attaque

Jonone Vs

Depuis plusieurs années, on assiste à un enchainement de ventes aux enchères et d'expositions siglées street art, une étiquette commode pour rassembler de manière fourre-tout un ensemble de pratiques bien distinctes.

Les appareils critiques et les experts manquant en la matière, cette bulle spéculative attire évidemment des petits malins sans foi ni loi qui comptent bien profiter d'une mise sur le marché sans contrôle d'œuvres.

Ainsi, Warren Levy aurait profité de l'explosion de la côte de Jonone pour insérer dans les réseaux de distribution officielle 23 fausses toiles. L'artiste new yorkais a déposé plainte en 2011. Le 7 Janvier 2014, on assistera à l'épilogue de cette affaire judiciaire, le Ministère public attaquera Warren Levy pour contrefaçon, mise en vente de fausses toiles avec la signature de Jonone et tromperie.

Artpresta s'est entretenu avec l'artiste, en voici quelques extraits :

« 23 fausses toiles de moi ont été vendues. Il y a notamment des collectionneurs et des galeries qui en ont acheté avant de les mettre aux enchères. Un marchand avait un graffeur faisant de fausses toiles de moi. C'est pour cela que j'ai dû changer mon style. Avant, j'avais un style très simple, reconnaissable, très graphique, juste une signature. Maintenant, ce que je fais est plus dur à copier. En 2011, j'ai commencé à recevoir des coups de fils de personnes qui me disaient : eh, j'ai quelqu'un qui m'a proposé des toiles de toi, mais je me demande si c'est vraiment de toi. Dans ma tête, je me disais : non, des fausses toiles de moi, c'est pour des gens comme César ou Arman. Qui va perdre son temps pour faire des toiles d'un artiste vivant ? C'est quoi cette magouille ? Je ne faisais pas trop attention, je ne mettais pas trop d'énergie dessus. Après, des gens ont commencé à me montrer des photos et je disais : non, ça c'est un faux, ça c'est pas moi ! Mais il n'y avait que deux ou trois toiles, je n'allais pas faire toute une histoire de ça. Après, un galeriste avec qui je travaille, Franck Lefeuvre, m'a prévenu qu'une galerie parisienne vendait de fausses toiles de moi. La galeriste s'est lavée les mains de l'histoire en disant avoir rendu toutes les toiles au marchand et ne plus être concernée. Je me suis dit que l'histoire était finie. Mais des gens ont continué de me dire qu'il y avait des fausses toiles de moi qui circulaient. Jusqu'au moment où j'ai vu des toiles à mon nom en ventes aux enchères. A ce moment là, je me suis dit que ce n'était plus possible : un réseau et un business se construisaient autour de mon nom, et là j'ai contacté la police courant 2011. »

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« Je représente la rue, une partie de moi aimerait régler le problème avec les poings, mais dans ce monde il faut régler le problème avec la justice. Le truc qui m'énerve le plus, c'est qu'il fait ce business pour se payer des vacances à Saint-Tropez, flamber avec une belle voiture dans le XVIe. Cela me rend fou, fou, fou. Cela me fait peur de le voir. Tout mon travail est fait avec la puissance, c'est fait à l'énergie. Je suis très défendeur de mon travail. J'ai peur de le voir car ma réaction pourrait être violente. »

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« J'ai été invité à manger à l'Assemblée nationale par Claude Bartolone, parce qu'il aime bien mon travail et habite aux Lilas. Il avait invité un ami qu'il était content de me présenter parce qu'il avait acheté des toiles de moi. Quand j'étais à ce dîner, à l'Assemblée, ce monsieur est venu vers moi et il m'a expliqué que son fils avait acheté une toile de moi, le père n'en avait payé que la moitié. Son fils s'est privé de vacances un été pour acheter la toile. Il était très fier, il m'a montré la toile, c'était une fausse. Ah fuck ! Cela me suit. Je suis sûr qu'il y a plus de 23 toiles, j'en ai identifiées 23. Ce n'était pas facile de convaincre les acheteurs de porter plainte. Maintenant, on a la procédure. Je veux qu'il aille en prison Warren Levy. Je paie beaucoup d'impôts, ce sera bien s'il goûte un peu à la prison. Je pense que ce sera juste. Je dormirai bien s'il y va. »

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« Il y a toujours une évolution dans mon travail. Avant je faisais beaucoup de choses dans la rue, ce côté vandale, mais j'ai toujours été assez malin pour ne pas me faire prendre. Au bout d'un moment, j'ai trouvé ça dommage que les choses que je faisais dans la rue soient effacées. Je me suis dit que ce serait bien si je faisais des efforts pour conserver mon travail, que d'autres générations puissent l'apprécier, le voir en vrai plutôt qu'en photos. Mon idée, c'est d'aider les prochaines générations à comprendre notre courant. »

L'intégralité de l'interview est à lire ici.

16 commentaires

  1. freddy krugger le

     » Je veux qu’il aille en prison Warren Levy. Je paie beaucoup d’impôts, ce sera bien s’il goûte un peu à la prison. Je pense que ce sera juste. Je dormirai bien s’il y va. »
    petite salope…

    • papa le

      Tu voulais dire « grosse », n’est-ce pas ?

      Cette histoire est dingue à tellement de niveaux… ça en est étourdissant. C’est difficile de trouver par quoi commencer.

      • vforvic le

        et toi papa toi aussi tu suce alors un papa qui suce quesqui a comme gai dans l art !!!

    • vforvic le

      tu est qui pour dire salope….??? un suceur?

  2. ... le

    C’est scandaleux qu’un des noms les plus connus du graffiti tiennent un discours comme ça !! c’est aux antipodes de la mentalité graffiti, au fait depuis quand les histoires de graffeurs se règlent à coup d’impôts ??

    • Valentin Nebout le

      Scandaleux peut-être, mais point étonnant.

    • C’est pour ça qu’il ne faut jamais se lancer dans le graffiti business, à partir du moment ou tu te sert du graffiti pour te faire du fric tu passe du coté obscur. Jonone qui était un hardcore autrefois ressemble plus aujourd’hui à un trou du cul de droite, qui saisie la justice pour des raisons de fric. Il le dit lui même « Je représente la rue, une partie de moi aimerait régler le problème avec les poings, mais dans ce monde il faut régler le problème avec la justice».
      Chacun ses valeurs.

  3. Allo la terre?
    Tout le monde est idiot ou quoi?
    Vous arrivez pas à lire entre les lignes?
    Jon il fait du buzz avec cette affaire à deux balles et en même temps il fait monter sa côte!!!

    En fait c’est lui même qui à monté cet atelier « clandestin » de fausses toiles (à Belleville au 2e étage, à coté du Président, à coté de l’atelier de nem).

    Il parait même que c’est c’est lui qui à mis toutes ces « salopes » qui suces pour 5 euros sur le boulevard!
    C’est une viet qui me la dit, j’ai pas bien compris elle avait « la bouche pleine », elle disait « wouane faiveu zixe » !
    Hein ??
    « Wouan faiveu zixe » !
    Ah tu veut dire 156 ?

    Allez les petit cerveaux, rendez vous à Matignon pour le prochain « brunch street art » on mangera des vrai toast sculptés par Psyckoze, y’aura Michel Drucker et Bernadette Chirac pour animer la soirée.

    PS : Petite salope, c’est tout à fait ça, merci Freddy K.
    PS2 : Je suis presque certain que les copie sont mieux réalisées que les « vrais » !

  4. Valentin Nebout le

    En y repensant, si ça se trouve il a un mauvais agent. J’ai cru comprendre que pour le graffitti et ses auteurs il y avait des agents. D’où mon hypothèse, peut-être que ce dernier n’a pas été assez loin pour débusquer les faussaires.

  5. vforvic le

    et toi freddy krugger a part faire de la pub et escroquer les pauvres gens arette de parler

    • freddy krugger le

      mais qu’est ce que tu fais ?
      t’es marrant hein c’est certain, mais je ne comprend absolument rien a ce que tu racontes…

  6. JP le

    Tous les commentaires qui ont été écrits ci-dessous ne correspondent pas à la réalité et vous comprendrez qu’ils ont été écrits soit par des enfants en bas âge ou, pour la majorité, par des personnes avec des problèmes psychologiques certains.
    En tous cas, Jonone est un artiste fiable. Il sait gérer sa compétence d’artiste et de vendeur.
    Ses œuvres sont superbes et ceux qui ne savent pas le voir passent à côté d’un artiste majeur.

    • JP le

      je voulais écrire: « ci-dessus » au lieu de « ci-dessous » à la première ligne.

    • papa le

      JONONE est un artiste sans intérêt qui passe plus de temps à peaufiner son accent yankee qu’à faire quoi que ce soit d’intéressant. Cet empaffé a été un des premiers à sauter le requin et il ne mérite pas plus de respect de la part des graffeurs que de la part des amateurs d’art.

      Il a décidé de faire de son « art » une produit de luxe et il se retrouve avec les mêmes problèmes que les autres fabricants de produits de luxe. Les richards qui achètent ses merdes ne sont pas foutus de faire la différence entre une vraie croûte et une fausse parce qu’il n’y a tout simplement aucune différence. Les mêmes formes, les mêmes couleurs, les mêmes techniques… et des petits malins profitent de l’aubaine. Tant-pis pour ses clients et tant-pis pour lui.

      Il n’avait qu’à se trouver un boulot stable et continuer à faire ses lettres bâtons molles et ses papillons dans la rue : aucune chance de se faire pomper, là, c’est sûr !

      • freddy krugger le

        ahahah c’est très bien résumé !
        et toi jp évites de parler « graffiti » en dehors des galeries, c’est dans ton intéret que je te dis ça.

  7. Jocule le

    Ci vous pensez qu’un graffe peut valoir 5 année de taff…