Interview Know Hope

C'est dans son atelier en proche banlieue de Tel Aviv que Camille Le Bras a rencontré et photographié Adam Yekutieli alias Know Hope en Novembre 2011. Assis entre ses croquis et ses œuvres en construction, il raconte modestement, et avec un peu de surprise son parcours.

Know Hope est né en 1990 en Californie et partage actuellement son temps entre les États-Unis et Tel Aviv (Israël) où il vit depuis ses 11 ans depuis que ses parents ont décidé de rentrer dans leur pays d'origine. C'est au lycée, en arts plastiques, qu'il a développé ses personnages et son art ; ses tags et collages ont maintenant leurs acolytes sous forme de constructions en carton. Il ne cherche pas à faire de politique :

« Les Israéliens sont saturés par la politique, je ne peux pas m'inspirer de leur quotidien. »

Cependant il souhaite :

« montrer les conditions humaines liées aux problèmes politiques et sociaux. »

Tout d'abord, comment as-tu commencé le street art ?
Quand je suis rentré en Israël avec mes parents, j'ai passé pas mal de temps dans la rue pour fuir la maison et leurs disputes. (ndrl : divorce l'année qui suit), je n'ai pas vraiment fait d'études, c'est l'art plastique au lycée qui m'a donné un premier déclic. Ensuite, puisque je passais le plus clair de mon temps dans la rue à faire du skate, ça m'a donné des idées, des envies. La vue de la ville en skate donne un tout autre contexte ; la majorité du temps je fais du street art par intuition, il est rare que ce soit prémédité. Mais je ne sais pas vraiment comment ça m'est venu, le street art n'existait pas quand je suis venu à 18 ans à Tel Aviv, il y avait seulement quelques tags mais pas de street art culture.

Tu as été très vite connu et reconnu, qu'est-ce que ça fait de commencer dans la rue et de se retrouver à exposer maintenant dans un musée ?
La transition expo de rue – musée n'a pas été évidente, le conservateur a voulu me tester, mais je n'ai pas vraiment envie d'exposer en galerie ou autre parce que cela perd un peu de son sens. Je le fais dans la rue car j'en ressens l'envie, le besoin et du coup quelque chose manque quand je dois le faire dans les murs : le contexte, les couleurs, le bruit, les odeurs… En même temps quand je fais des installations dans la rue parfois on me les vole et je les retrouve sur eBay, ils les collectent et je ne peux rien y faire, au moins dans un musée ça ne peut pas arriver et les gens les voient. C'est fou ! Au plus long maintenant ça reste 24 heures, parfois seulement 10 minutes !

Les gens s'arrachent tes œuvres, est-ce que tu en gardes des traces ?
J'existe plus à travers les photos, ce qui est étrange pour moi, c'est une sorte de docu sur ce que je fais. Ça ne me gêne pas mais ça m'étonne un peu car l'art de rue est quelque chose d'éphémère. On m'envoie parfois des photos que je garde.

As-tu un concept, comment évolue ton travail ?
Invader et Shepard Fairey, eux c'est vraiment un concept de street art. Moi, au début j'en faisais le plus possible, au fur et à mesure mes œuvres sont devenues de plus en plus réfléchies. En 2007 j'ai mis mon premier sticker sur un mur tout propre dans une petite rue étroite, il y est resté un an. La mairie a voulu l'enlever mais les habitants de la rue ne voulaient pas car c'était devenu un élément de leur rue. Au final il a quand même été enlevé mais ce qui est drôle c'est que depuis que je suis reconnu, la mairie m'a donné légalement un mur dans cette rue pour y faire du street art. L'évolution dans mon travail, c'est simplement que je réfléchis plus à ce que je vais faire, en l'occurrence pour ce mur j'ai fait des croquis avant de le réaliser.

Quelle est ton actualité ?
En ce moment j'expose dans plusieurs galeries aux États-Unis et au Pavillon des arts contemporains du musée de Tel Aviv. Récemment j'ai fait un livre en collaboration avec Colin Bleus qui retrace un peu mon parcours (Bound by the Lies disponible en Israël et aux États-Unis). Sinon, je fais des expos de rue de mon propre chef à Tel Aviv, il faut les trouver, quand elles y sont encore.

Quelques œuvres de Know Hope in situ :

19 commentaires

  1. de mieux en mieux.... le

    « Les Israéliens sont saturés par la politique, je ne peux pas m’inspirer de leur quotidien. »

    puis….

    « montrer les conditions humaines liées aux problèmes politiques et sociaux. »

    y’a pas comme une énorme incohérence dans ses propos a ce mec la ??

    il devrait montrer plutôt les problèmes de la Palestine car la condition humaine israélienne ….. la c est du foutage de gueule !
    Encore un trou de balle qui a collé son premier sticker en 2007 et qui se retrouve en galerie a New York….

    • Clb le

      Etant donné qu’il réalise du street art un peu partout dans le monde (et bien sur surtout en Israël et aux Etats Unis puisqu’il y vit), il ne cherche pas à faire de politique en Israël mais il se sent concerné par les problèmes sociaux et la condition humaine. En aucun cas il ne semble vouloir donner son opinion sur le conflit Israelo/palestinien… A tort ou a raison je n’en sais rien mais ta réaction me semble un peu exagérée…

  2. de mieux en mieux.... le

    Ce que je veux dire c est que comme la majorité des « artistes » car c’est un bien grand mot, on doit forcement s’inventer un passé et donner du sens à ce que l’on fait avec des propos bidons…

    De plus il doit y avoir 500 mecs en Europe qui ont au moins autant de talent et dont personne ne parle, donc oui ça commence a me gonfler de voir ce genre de type mis en avant… Juste parce qu il viennent d’un endroit un peu inhabituel ! Mais ce qu on oublie souvent, c’est que lorsqu’on a déjà un atelier à 25 piges, qu’on enchaine les aller-retour USA Israël ben c’est qu’on a jamais du manger des biscottes confiture en guise de repas du soir et que c’est plus grâce a la thune qu’au talent qu’on en est là ! Et c’est pas en me parlant de papa et maman qui se disputent que je vais me mettre a penser que ce genre de mec ont le droit de se revendiquer de la rue, et surtout pas après 5 ans d existence …
    ça donne plus envie de gerber !

  3. keke le

    En effet, je pense que ce Mr n’est pas né dans la rue, c’est clair, donc c’est difficile de l’entendre le revendiquer.
    Je pense qu’il devrait plus être perçu comme poète graphique que comme arracheur des bas-quartiers!
    poil au pied!

    • Clb le

      Doit-on être « né dans la rue » pour pouvoir être artiste ???
      Et malgré son jeune age ses oeuvres poétiques plaisent et déplaisent, n’est ce pas la justement le principe de l’art, qu’il touche d’une façon ou d’une autre ?

      • keke le

        Non, pas du tout, justement. MAis avec « street-artist », je me rends compte que c’est assez difficile d’être crédible, de trouver une légitimité à faire un travail de rue. Personnellement je m’en fous, mais je peux comprendre que certains lascars soient mécontents quand quelqu’un bien-né se revendique de la rue. Je trouve ça plus intérréssant lorsqu’il y a une cohérence entre ce qu’on fait et d’ou l’on vient.
        Aujourd’hui, tout est « street-art », mais les artistes qui composent le street-art, ne sont pas tous nés dans la rue.
        Je parlerais de graphisme, dessin, illustration… pour quelqu’un bien-né.
        Encore une fois, je ne dis pas que le travail d’un vrai mec né dans la rue est forcément meilleur qu’un mec bien-né. Je dis juste qu’il faut adapter les bons termes aux personnes, selon leur passé. Mais ça ne juge en rien qui ils sont et ce qu’ils font. Au contraire, c’est être précis sur des paramètres qui définissent une identité, et du coup, de peut-être pas avoir d’usurpation.

        • Clb le

          Dans ce cas je rejoins complètement ta façon de voir les choses. Le contexte est bien sur important, ceci dit, cela revient à l’éternel débat de « faut il connaitre la biographie d’un artiste pour comprendre ses oeuvres »
          Quoiqu’il en soit Know Hope est un jeune graphiste qui opère dans la rue et maintenant expose dans les musées, et je le trouve bien plus légitime que Mr Brainswash par exemple…

  4. QUIREX le

    L’Art se doit d’être politique. Ne pas vouloir regarder la vérité en face c’est être un lâche. « Si tu ne prends pas parti, tu n’es pas un Homme » Bertolt Brecht.

    • la police des blogs le

      Cher Quirex, un bon moyen de passer pour un gros con présomptueux et de montrer qu’on est complètement ignorant de l’histoire de l’art c’est de dire « l’art doit être politique ». Mais de manière générale, dire « patati doit être patata » vous place directement dans la catégorie des moralistes bas-de-plafond. De plus il est TOTALEMENT interdit de citer Brecht, en toutes situations, et SPECIALEMENT sur un blog de graffiti, sous peine de passer pour un étudiant pédant et attardé. Désolé, je suis porteur de la vérité suprême, ça ne sert à rien de répondre.

      • de mieux en mieux.... le

        c est bien ca justement le probleme….. on est censé etre sur un blog de graffiti…..
        Je prefere y voir des artistes ratés qui font du graffiti plutot que des graffeurs ratés qui font de l art !

        L histoire de l art en matiere de graffiti on s en tape completement !

        • Clb le

          L’histoire de l’art t’es peut être indifférente mais le street art a aussi une histoire, et qui plus est qui est riche, je trouve désolant de préféré des tags « ratés » comme tu le dit à des oeuvres de rue artistiques… Je serais intéressée de connaitre ton opinion sur Basquiat et Banksy…

  5. de pire en pire le

    Banksy = suceur de Blek
    Basquiat = suceur de bites

    • de mieux en mieux le

      Banksy= artiste puissant
      Basquiat= génie cracké!

      • de pire en pire le

        t’es un bon toi, avec ton speudo volé!^^

        tous les deux n’ont rien à voir avec du graffiti…
        Basquiat si il avait pas gratter l’Andy, on aurait dit encore un camé avec ses dessins de maternelle de merde…
        Et Banksy n’a ni inventé, ni approfondi quoi que ce soit, sans parler de sans son réseau de Millionnaires et sa polémique d’anonyme qui soit dis an lui donne une légitimité…

        Parle moi de Chintz, de Vino, de Ruzd, de Reso même…mais parlez au moins de Graffiti…

        • de mieux en mieux.... le

          oui en effet, il m a tiré mon pseudo !! mdrrr quelle imagination !

        • de mieux en mieux le

          C’est ton point de vue!

        • keke le

          je pense que Banksy en a rien à cogner d’être considéré comme un graffeur d’une part, et ensuite, que tu le veuilles ou non, que ça te plaise ou pas, ce mec est un artiste, moderne, et qui gêne les gens parce que son taf n’est pas à base de lettres.
          Les installations de Banksy ont un gros impact visuel. Pour voir cela, il faut pas trop être fermé!