Interview Luce 031

Kind Regards a interviewé Luze 031 à Buenos Aires en Argentine, entre 2 voyages  et a sélectionné quelques photos parmi sa production intensive, on a traduit l'entretien.

Après avoir voyagé partout en Amérique du sud, peux-tu nous dire ce que tu penses de Buenos Aires ?
Chaque endroit est différent. A São Paulo, le graffiti est pratiquement légal, on peut y faire des throw ups la journée dans la rue, personne ne semble s'en soucier. La police intervient uniquement si quelqu'un les appelle. Je respecte le travail des Pixadores qui donne une véritable identité graphique à la ville. La plupart des writers sont désormais influencés par ce qui circule sur le net…

En Amérique du sud il n'est pas rare de voir les writers sonner à la porte des particuliers pour demander l'autorisation de peindre leurs murs, ce qui est une bonne chose, personne ne s'énerve et tout le monde y trouve son compte. Mais malheureusement ça n'aide pas les writers locaux à développer un style illégal, la plupart des throw ups sont horribles.

Il y a beaucoup de graffiti illégal à Caracas au Vénézuela avec le crew CMS, ainsi qu'à Lima au Pérou. La Bolivie ou l'Uruguay ne méritent pas encore qu'on parle de leur scène graffiti locale. Le Chili et la Colombie disposent d'une scène locale active mais on ne peut pas la comparer à Buenos Aires ou São Paulo. Caracas, Buenos Aires et Sao Paulo sont les spots graffitis d'Amérique du sud.

Quelles sont les réactions des gens par rapport au graffiti ?
Dimanche dernier, je suis allé peindre un mur complètement recouvert d'inscriptions politiques situé prés d'un parc. On était 6 et tout le monde avait amené de la peinture en pot pour faire de belles pièces. 5 minutes à peine après être arrivés, la sécurité et 7 vieilles femmes nous hurlaient dessus et appelaient la police. Nous avons dû partir. Le jour suivant, je faisais des throw ups en chrome sur un bâtiment propre et quelqu'un est venu me dire que c'était cool et qu'il voulait mon contact pour que je vienne peindre sa maison. On ne sait jamais ce qu'il peut se passer !

Je ne fais jamais attention aux gens dans la rue, mais je peins pendant la journée, prétendant que je travaille. Tu es un criminel durant la nuit et un artiste la journée. La police, dans le pire des cas, confisque la peinture. Mais c'est difficile de se faire attraper si il y a un checker ou un minimum de préparation.

Parle-nous de la la vie nocturne.
La ville ne dort jamais, 13 millions de personnes y vivent en incluant les 31 arrondissements. On peut rencontrer des personnes effrayantes, les flics ripoux et les SDF transforment les soirées tags en véritables aventures.

Les bus roulent 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, le métro s'arrête à 23h. Je me balade partout mais la plupart des gens ont peur des favelas. La télévision lave le cerveau des habitants de Buenos Aires. Les habitants des favelas sont caricaturés en vendeurs de drogue, meurtriers ou criminels. Les gens riches ne circulent pas dans certaines zones de la ville et ne prennent pas les transports en commun. J'ai été dans de nombreuses zones très pauvres et j'ai de bons potes dans les favelas. Les gens y sont bien plus terre à terre que dans les quartiers riches. Mais même pour les gens des favelas, circuler la nuit n'est pas sûr. J'ai un ami qui travaille dans le centre et qui, après avoir été dévalisé plusieurs fois, préfère dormir sur son lieu de travail plutôt que de traverser la favela de nuit.

De folles aventures à partager ?
J'en ai trop ! Peindre les rues de Buenos Aires, c'est ce que je préfère. Un jour, la police m'a attrapé 3 fois et j'ai dû acheter de la peinture blanche pour repeindre un mur. Un autre jour, j'ai fait 18 throw ups en quelques heures et je n'ai pas vu une seule voiture de police.

Un autre jour, un de mes potes voulait absolument faire une pièce, on a commencé à faire le guet mais tellement pris par la conversation, nous n'avons pas vu la police arrêter mon autre pote. Ils l'ont emmené un bloc plus loin, lui ont pris son argent (20 pesos) et lui ont laissé ses bombes et on a continué à peindre.

Une autre fois, on faisait d'énormes tags sur un bâtiment, un chauffeur de taxi a baissé sa vitre et nous a insulté. Il conduisait en criant et en nous fixant sans regarder devant lui. Il a fini par percuter un autre taxi qui déchargeait des clients. Une grande barre de rire !

2 commentaires

  1. yubi le

    t’es à Buenos Aires en ce moment? pour la précision, comme tu sais on dit pas favela (un concept brésilien) mais « villas » ou « villas miserias » à Buenos Aires. Villa Soldati, Villa 31… si on francise, c’est bidonville…

  2. Rats le

    Yeahyo Luce,
    macht’s di nid a chli weh am Sack das d’031 die in der Schwiiz tätig bliebend nur a Bande vo chlini talentfreii Toys sii?

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