Paris, les dessous chocs

Un musée d'art contemporain sous les pieds des parisiens ? 169 km de tunnels dans les sous-sols de Paris, 3,9 millions de voyageurs journaliers, x tagueurs (2000 selon la préfecture de police, une centaine selon les intéressés).

Lieu de transports pour certains, galerie d'art souterraine pour d'autres, les enceintes du métro regorgent de surprises.

Si l'on a déjà vu que les graffeurs aimaient s'introduire et peindre dans les tunnels (cliquer ici), la cible la plus respectée reste sans aucun doute le métro lui-même.
Graffer les métros n'est pas chose facile. Le graffeur doit savoir comment marche le système : connaître les adresses des dépôts, les accès cachés, les horaires des vigiles, déjouer les alarmes, etc. Tout un parcours du combattant qui rend sa mission encore plus excitante.
Et si l'on reproche souvent aux graffeurs de ne pas respecter le patrimoine de la RATP en s'attaquant aux métros, c'est mal les connaître. En fait ils aiment les métros, et pas seulement : c'est tout le réseau de la RATP qui les fascine, la beauté des tunnels, des rails, des quais, des lumières et bien sur des rames de métros. Le jeu est même de trouver et de peindre tous les modèles existants.

D'ailleurs, en plein cœur de Paris sous les quartiers chics, se trouve un véritable « musée » de la RATP où sont stockés au milieu d'autres rames contemporaines, les anciens métros dits « Spragues » de 1928.
Ce lieu (en principe) inaccessible au public est devenu un musée du graffiti : chaque rame est peinte, on y trouve des pièces de graffeurs de divers pays; on y croise même des graffitis anciens de plus de 10 ans… Par cette accumulation de graffitis et la beauté inquiétante du lieu, cet endroit est une véritable œuvre d'art contemporaine, qui mériterait largement sa place à la Fiac (ou pas, c'est selon).
Véritable  « site archéologique » comme le disait Hermes (filmé in situ à l'occasion d'un reportage pour Canal+), ce musée n'est pourtant pas répertorié en tant que tel. Au contraire, il est caché, protégé par la RATP, et ignoré du grand public qui ne peut y avoir légalement accès.

Visite photographiée au sein de ce lieu mystérieux, dans l'attente d'une (improbable) ouverture au public.


Source : Mediapart

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