Marseille sous les bombes

« SNCF, RTM, municipalité : même combat. Les tags et les graffitis, bien que certains y voient une forme d'art, restent de vrais fléaux visuels pour les usagers. »

Cet article a été publié dans le journal La Provence en Mars 2009 :

RTM, SNCF et édifices publics sont les plus touchés par ces dégradations

De l'aveu même de Martine Vassal, adjointe au maire de Marseille déléguée à l'Espace public, Jean-Claude Gaudin est resté stupéfait face aux murs remplis de graffitis du cours Julien, lors de sa campagne aux municipales de 2008. Une année ou ce type de vandalisme a coûté à la mairie près de 800 000 euros. 

Depuis, la lutte contre les tags et les graffitis est devenue l'un des chevaux de bataille du service propreté de la Ville de Marseille. « Nous allons nous inspirer de Grenoble, Aix et Montpellier, où il existe une politique zéro du tag », prévient Martine Vassal. « On veut réduire le délai entre le signalement et le détaguage. Le système Allô Mairie est beaucoup trop long et inadapté à cette problématique », regrette-t-elle. 

Même si elle condamne fermement ces actes de vandalisme, Martine Vassal se dit prête à rencontrer des graffeurs, afin d'instaurer un vrai dialogue. Autre entité phocéenne touchée de plein fouet par les bombes : la Régie des transports marseillais. En 2008, plus de 1400 actes de dégradation ont été recensés. Parmi lesquels 10% de tags.

« Le tag est un élément de conflit »

« Un environnement tagué n'est pas serein pour le public car le tag est un élément de conflit », lâche Pierre Reboud, directeur de la RTM. Pour la Régie, le coût annuel de ce nettoyage représente environ 500 000 euros. Soit le prix de 20 véhicules neufs en service. « C'est un cycle continuel, on efface, et ça revient. Ceux qui font ça ne sont en général pas des agresseurs violents, et n'encourent pas de grosses peines », indique le président. 

Ce sentiment d'impuissance, on le retrouve aussi chez les particuliers. Face à la lenteur des procédures judiciaires suite au dépôt de plainte pour taguage, près de 200Marseillais ont adhéré à l'association Rostag. Laurent Verbois est l'un de ses responsables. Un adepte de la tolérance zéro : « Les travaux d'intérêts général pour les auteurs de tags ne sont pas une solution. Si ça l'était vraiment, on enverrait les détenus des prisons françaises nettoyer les plages en été ». 

Rostag aide ainsi les victimes dans leurs démarches administratives. « Il n'y a pas de ville plus en retard que Marseille ! La mairie ne mène pas d'action dissuasive ! », soutient Marc Verbois. Reste à trouver un système efficace et cohérent. Une réunion de concertation entre les différents protagonistes est prévue bientôt.

Source : La Provence

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