C215 dénonce les menaces d'En Marche!

C215 en Marche-01-511

C215 a eu une drôle de surprise en découvrant qu'une de ses œuvres réalisée dans le 13ème arrondissement a été récupérée par le comité d'En Marche du secteur. Sans aucune autorisation, le parti présidentiel a détourné un de ses pochoirs réalisé en 2011, pour le poster sur leur page Facebook agrémenté du slogan: En Marche !. S'ensuivent des échanges de messages sur les réseaux sociaux entre l'artiste et le responsable local, Philippe Zaouati.

Dans la journée du 4 Juin 2017, C215 fait part de son mécontentement sur sa page Facebook, expliquant que :

« Le responsable local lui a répondu par le mépris et la calomnie. »

Le post de l'artiste a été partagé plus de 300 fois sur le réseau social et a récolté de nombreux commentaires indignés. Dans les commentaires justement, Christian Guémy assure avoir été insulté par Philippe Zaouati, le référent du parti macroniste dans le 13e arrondissement de la capitale.

« Non seulement ils l'ont utilisée sans mon autorisation, mais en plus il y ont ajouté leur slogan, qui peut laisser croire que j'adhère au mouvement. J'ai été pris de haut comme rarement. En gros, il me dit qu'il faut que je me calme, parce que c'est un collectionneur et qu'il possède d'ailleurs quelques-unes de mes œuvres. Il m'a dit : tu verras quand on sera à la mairie dans trois ans, on fera effacer tes fresques. »

L'échange s'est ensuite poursuivi par SMS et tweets interposés :

« Ce n'est pas l'aspect politique qui m'intéresse, mais la dimension légale et morale du préjudice que je subis. »

De son côté, Philippe Zaouati regrette une volonté de faire monter un bad-buzz. Il assure que cela faisait plusieurs mois que cette image qui tourne partout depuis un petit moment sur Internet était utilisée par le comité local d'En Marche.

« Il m'a envoyé un message pour me dire que c'était illégal, ce que j'ignorais, et nous avons tout de suite supprimé cette image de nos réseaux sociaux. C'est un peu triste, le sujet est clos pour nous. Nous avons une grande estime pour le travail de C215 qui est un artiste emblématique du 13ème arrondissement. Nous pensions lui rendre un hommage en utilisant ses œuvres, mais nous comprenons que nous aurions dû lui demander une autorisation. Nous sommes surpris de voir que, même après suppression de ces photos, nous continuons à être soumis à de nombreux messages et critiques venant de C215 ou relayés par C215″.

Photo : Stéphane Masset

Photo : Stéphane Masset

La photo modifiée a depuis été retirée de la page Facebook du comité En Marche ! du 13ème arrondissement.

Source : Huffington Post

10 commentaires

  1. Ffxv le

    Ah la la, la blague! Christian Guemy king demago! Le mec fait du pochoir, pratique soit disant contestataire et rebelle, mais se préoccupe de ses droits et de la légalité de la récupération de ses images! Wesh, gros, si tu décides de donner tes images à la rue, va jusqu’au bout de ta démarche et laisse faire les choses!
    Perso j’ai toujours halluciné en remarquant ce genre de revolté en carton qui transgresse mais pas trop! Un gros suceur du système qui pleurniche quand on ne va pas dans son sens…
    Ouin ouin!

    • Donjon le

      En même temps on récupère une de tes pièces (donc ton image) pour l’associer a un parti politique au quel tu n’adhère pas, il y a de quoi tirer la gueule. Je n’ai jamais aimé c215 et tout ces streets artists mainstream, mais j’aime encore moins les macroniste qui qualifient d’extrême tout ce qui ne vas pas dans leurs sens.

      • Papa le

        Tirer la gueule est une chose ; faire péter les avocats en est une autre.

      • Ffxv le

        Fallait y penser avant de se lancer dans la street aventure !
        N’oublions pas qu’il s’agit du domaine public. J’ai toujours un sourire quand un muraliste me dit « t’as vu mon mur ». Bah, non, ce n’est pas TON mur, au mieux c’est un mur commun à tous, au pire c’est un mur privé. Le droit à l’image, laisse moi rire, qui plus est avec un pochoiriste qui prend et reproduit des images déjà existantes… La propriété c’est du vol! Le graffiti c’est du vol aussi, tu subtilises un espace et tu te l’appropries! Si tu veux que ton  » œuvre  » reste à toi, fais des toiles et garde les dans ton coffre fort. Si tu interviens dans la rue, assume les conséquences, que ce soit de la récupération, du vandalisme etc.
        George Abitbol avait raison. « Monde de merde »

        • Donjon le

          Pour nous autre graffeurs oui, on vole nos espaces publicitaires donc on ne peut pas mettre des copyright sur les images que l’on produit. Quand on dit mon mur c’est une façon de parler, c’est notre mur jusqu’à ce qu’un autre peintre décide de se réapproprier le spot ou que la mairie ou le proprio décide de reconquérir son espace. T’inquiète les gens ont conscience que rien ne leurs appartiens, car dans 99% cas les graffs sont détruit.
          Mais dans le cas de C215 c’est un artiste qui bosse souvent avec autorisation, donc je ne vois pas pourquoi tout les artistes contemporains qui opèrent dans l’espace publique aurait le droit au respect et pas les streets artistes. Apres je ne me fait aucun soucis pour ces gens la (C215 et compagnie) car au final, lorsque l’on parlera de street art dans l’histoire de l’art ces gens la aurons une place de choix. Tandis que nous autre graffeurs, qui produisons une quantité de graffiti bien plus importante avec des risque plus élevé, on seras les grands oubliés.

        • Papa le

          @Donjon, c’est le positionnement de l’artiste et la contextualisation de son œuvre qui font toute la différence.

          Les plus gros acteurs de la vague actuelle de « street art », ceux qui bossent régulièrement avec les collectivités locales et les fondations, ont des discours à géométrie variable bien rodés. Ils sont capables, pour obtenir les investissements et l’adhésion du public, d’évoquer des concepts creux comme la démocratie, le respect, la liberté ou concrets comme le ROI ou les bénéfices médiatiques avec la même aisance.

          Ces gens se foutent royalement de l’espace public et des phénomènes d’appropriation qui construisent la culture populaire dont ils adorent se réclamer. Il faut bien garder en tête que tout le travail qu’ils effectuent dans l’espace public n’est au final qu’un portfolio destiné a) à obtenir d’autres plans et b) à légitimiser/valoriser leur travail en studio.

          Travailler dans l’espace public *implique* un transfert, au moins partiel, de la « propriété » de l’œuvre au public lui-même. Un public qui a toute légitimité à photographier, commenter, et remixer l’œuvre en question, *surtout* si l’œuvre en question est elle-même un remix. En fait, il n’existe aucun moyen de prévenir ce genre d’appropriation.

          Ce pauvre type (comme MODE 2 avant lui, BANKSY, et bien d’autres) semble avoir du mal avec la réalité quand elle n’est pas centrée sur lui.

          Encore un aspect bien puant du « street art ».

        • Donjon le

          Je suis d’accord avec toi, quand ce taff de réappropriation de l’oeuvre et fait par le publique cela ne me pose aucun problème. Que ce soit fait avec respect ou non c’est le prix a payer.

          En l’occurrence ici c’est un parti politique qui toujours dans leurs démarche de paraître branché et proche du peuple (dans leurs esprits mal renseigné street art = art populaire) récupèrent cette imagerie, mais il le font sans autorisation ce qui trahi un certain sentiment de supériorité, bien qu’ils n’en ai pas conscience et qu’ils pensent bien faire.

          Que nombre de street artistes reconnu soit des petits escrocs carriéristes je n’en doute pas une seconde, mais tu l’aura compris c’est plus l’aspect politique qui me dérange 😉

        • Papa le

          @Donjon, j’ai bien capté que tu n’aimes pas Macron, ça c’est sûr.

          Mais qu’une photo de son « œuvre » soit réutilisée par un quidam sur Snapchat, un BDE à Nanterre ou une section locale d’un parti politique (heu non, je voulais dire « mouvement »), ça ne fait absolument aucune différence si on joue le jeu de la culture populaire (en tant que contributeur ET en tant que consommateur, même passif). Et qu’on soit ou non d’accord avec celui qui réutilise n’y change rien.

          Et franchement, c’est pareil même si il y a du pognon en jeu. Si tu ne veux pas qu’on profite de ton travail sans ton accord, la seule chose à faire et de le garder pour toi, point.

          Mais il n’y a pas que de la connerie et de l’hypocrisie dans cette histoire. Elle contient aussi le germe d’une critique du street art en général et des merdes de C215 en particulier.

          Par exemple, l’œuvre de C215 est tellement creuse et consensuelle qu’elle peut être utilisée pour supporter n’importe quel appel à l’émotion. Par des macronistes pour évoquer le rassemblement et l’oubli des différences, par des communistes pour évoquer le combat et les inégalités, par des fachos pour… évoquer les mêmes concepts, ou par un comité d’entreprise pour évoquer la tradition, la créativité, la jeunesse, l’avenir, etc. Autrement dit, il s’agit d’un formalisme stérile sans aucune base intellectuelle sérieuse. De la marchandise en vrac. Du prêt-à-consommer. De la merde, quoi.

          En plaquant leur slogan sur cette photo, les macronistes n’ont fait que donner un sens et donc de la valeur à quelque chose qui n’en avait pas. Ramenant les peintures de ce pauvre type à un rang de photo libre de droit.

          Le reste est du même acabit : du rien, le plus souvent mis au service de pas grand-chose. Tant que ça fait joli ils casquent alors pourquoi se prendre la tête ?

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