Star: dans les coulisses du film avec Marc-Aurèle Vecchione

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Pour entrer un peu plus dans l'univers de Star, le 1er long métrage de fiction français consacré au graffiti vandale, le réalisateur Marc-Aurèle Vecchione commente plusieurs scènes emblématiques du film.

Pour commencer, Marc-Aurèle Vecchione commente la scène d'ouverture, dans lequel le héros effectue un saut de rails pour taguer un métro à l'extincteur.

« Plutôt que de faire des peintures super léchées, ce que tout le monde fait aujourd'hui, l'idée c'était de renouer avec une vieille tradition qui est de tagguer pendant que le métro circule, et non pas dans l'entrepôt des rames la nuit, et de faire quelques chose qui se voit et qui soit énorme. Dans les années 80 et 90, il y avait une technique qui s'appelait le saut de rails . Ça consistait à sauter du quai sur la voie libre quand un métro rentrait en station, en attendant que l'autre métro sur la voie sur laquelle tu te trouvais n'arrive. L'idée c'était vraiment de sauter et de faire un tag en 30 secondes maximum, le temps où la rame reste en station. »

« L'autre chose, c'était de tagguer une des lignes qui passent en extérieur ; en l'occurrence, là c'est la ligne 6 du métro qui traverse le sud de Paris parce que c'est à la fois visible par les voyageurs et les passants depuis la rue. Tout le monde veut faire sa photo entre les stations Bir Hakeim et Passy parce qu'il y a la Tour Eiffel dans le fond. Donc c'est un grand classique des mecs qui peignent les métros à Paris. C'est une ligne dure à faire et en l'occurrence, de 89 à 91, j'étais un peu le leader sur cette ligne en graffiti. D'où l'idée de prendre un extincteur et de faire un saut de rails sur un métro en circulation et de faire un wholecar. »

Le 2ème extrait se déroule dans la Chapelle Sixtine au Vatican.

« L'idée m'a été inspirée par un livre de Norman Mailer, The Faith of Graffiti. Mailer avait été emballé par les graffitis hyper sauvages des gamins du Bronx. Il en a fait un bouquin qui est basé sur une idée : comparer le système de fonctionnement des graffitis d'artistes et des peintres de la Renaissance italienne. Il explique qu'on a retenu Michel-Ange, Botticelli et quelques grands noms mais qu'en réalité, ces mecs-là marchaient en bande dans laquelle il y en avait quatre ou cinq qui défonçaient presque autant que Michel-Ange, que ce soit en peinture ou en sculpture. Donc ce qui est intéressant c'est que pour Mailer, ces mecs-là faisaient comme les graffitis artistes : ils marchaient par mentors et élèves, par groupes. C'était des buveurs de vin, des bagarreurs… On connaît d'ailleurs l'histoire de Caravage qui a été jusqu'à tuer un mec. Pour moi c'est la même chose. J'ai voulu ramener mes vandales décérébrés dans le monde de l'art classique. »

Dans le 3ème extrait, on assiste à une séquence de baise assez spéciale, quelques détails donnés par le réalisateur :

« L'idée c'était de flouter la limite entre la réalité et la fiction. Je trouvais que c'était intéressant en terme de genre parce que ça a été peu fait. D'un point de vue cinématographique c'était important pour moi. Et j'ai pensé à utiliser une peinture phosphorescente, qui est en réalité du pigment de phosphore, c'est encore mieux, donc hyper visuel ! Je ne sais pas pourquoi j'ai eu cette espèce de flash, je me suis dit ce sont deux graffiti artistes et j'ai trouvé ça rigolo que ce soit les noms qui se baisent. L'idée c'est que c'est le graffiti qui fait l'amour plutôt que des corps ; du coup ça suggère tout et ça marche d'autant mieux. Bon après ils sont assez classiques dans les positions parce que la baise, c'est une alchimie, ça commence doucement… T'attaches pas la meuf le premier soir, tu lui proposes deux ou trois soirs après ! »

Star est disponible en VOD sur le site de Resistance Films.

Source : Tracks

8 commentaires

  1. Question le

    Ça a était tourner légalement ?

  2. Crappito le

    Je m’attendais à mieux serieux apres tout le bordel que vous avez fait autour de ce film…

  3. Liz le

    Faut voir celui des TWE , il est plus romancé, et on penettre dans l’univers du graffiti d’une façon inattendu.

    • Pierre Tchernia le

      Non, merci.

    • coquillettes au beurre le

      ça ne nous intéresse pas.

      Merci.

      Au revoir.

    • Tu t’es vu le

      On va aller voir ça. Merci

  4. Love street, not art le

    TW qui ?

  5. fanatik le

    Très très bon film des TWE. Chapeau les gars.