Bruxelles, ce qui se cache derrière les fresques vandales

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Après la bite et l'anus géants, la scène de pénétration, deux nouvelles fresques chocs sont apparues sur les murs de Bruxelles ces dernières semaines. La 1ère a été découverte au bord du Canal, à quelques pas de la Porte de Flandre.

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Elle représente une scène d'égorgement et s'inspire directement d'une peinture du Caravage intitulée Le sacrifice d'Isaac. Une référence à la peinture classique qui n'est pas du gout de tout le monde :

« Nous avons reçu des plaintes au sujet de cette scène d'égorgement de la part d'habitants du bloc d'appartements qui donne vers ce mur. On parle d'une demi-dizaine de logements. Une famille s'est plainte parce que la chambre de leur très sensible enfant donne sur la fresque. »
-Sven Bosset

Le Sacrifice d'Isaac, Le Caravage, peint vers 1598-1603

Le Sacrifice d'Isaac, Le Caravage, peint vers 1598-1603

« Nous sommes très tolérants mais dans ce cas-ci, même si ce n'était peut-être pas la volonté de l'artiste, la fresque appelle à la violence. Dans le contexte actuel, on se doit d'être prudents. »
-Yvan Mayeur, bourgmestre de Bruxelles

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Dans le même registre, une autre fresque a été peinte sur la façade d'une des tours de la rue des Brigittines représentant un homme éventré, pendu par les pieds. La référence est à chercher du côté de Jan De Baen, un peintre néerlandais du siècle d'or.

Les corps des frères de Witt, Jan de Baen, peint entre 1672 et 1675

Les corps des frères de Witt, Jan de Baen, peint entre 1672 et 1675

Le mystère s'épaissit autour de l'auteur de ses fresques et de ses motivations. En réinterprétant certaines œuvres des maitres de la peinture exposées librement dans les plus grands musées, cet artiste acrobate pose la question de ce qui est tolérable à voir dans l'espace public, dans un contexte de menaces terroristes marqué par l'instabilité politique européenne…

Sources : Le Soir, La Capitale

11 commentaires

  1. ZEZE le

    MEGA KING !

  2. zapatate le

    Ah ouais, depuis quand représenter la violence c’est l’encourager? Si c’est le cas, pourquoi des représentations de sexe et la violence nous sont matraquées dans la gueule légalement chaque jour? Quand on fait du fric avec les enfants sensibles sont rassurés c’est ça?

    Heureusement que ce genre d’oeuvres existe, sinon j’aurais vraiment envie de me laver la bouche chaque fois que je parle de « street art ». Si on évalue la difficulté de réalisation des pièces, ce/tte mystérieux/se artiste enfonce 99% de ce qui se fait dans le graffiti contemporain le plus « arcor ».

    • merci pour tout le

      Sans parler de la taille de ses peintures et les lieux qui ne sont pas « discrets », il enfile la totalité du soi-disant « hardcore » actuel. Bonjour chez vous quoi !

      • zapatate le

        je compte bien sûr le niveau de risque et la prouesse technique dans « difficulté de réalisation des pièces ».
        C’est déjà pas si simple de reproduire une image sur du papier, chez soi, avec un crayon et une gomme tout en respectant les proportions et la lisibilité de l’image, alors la nuit, en rappel, avec plein d’outils encombrants, le plus rapidement possible et en apportant sa petite touche perso… En fait si ça existait pas je penserais pas que c’est possible. À ce stade t’es plus un king, t’es empereur…

        • FreakyFlow le

          Ouais, il va falloir se calmer un peu, tu sais qu’il suffit de préparer un peu le boulot quand tu changes de format et t’as même plus besoin de calculer l’ensemble qui devient abstrait. Après je ne dis pas que c’est pas bien, je dis juste que je trouve la première vague sexuée facile limite nulle parce que justement dans l’espace public à portée de vu des enfants, vieux con sûrement. Et la seconde partie je la trouve facile parce qu’elle repose sur un maître de la noirceur et de la violence, presque dans la continuité d’un kourtrajmé. Pourquoi choquer si ce n’est pour faire passer un message, quel est-il ici ? J’attends de voir la suite….

      • FreakyFlow le

        lI fait du massif voire du facile (cul et violence quoi de mieux ?) mais il ne risquerait que 5 ans quand d’autres en provoquent 10, à vous de (sa)voir et je ne pense pas qu’il y ait de compétition dans le combat mais plus dans le marché ;). C’est arrivé près de chez toi, presque sous ton nez mais t’étais trop occupé à te tirer la nouille sûrement, rejoins-nous 😉

    • FreakyFlow le

      Zapatate tu as laissé le 1 % vivant donc ça s’adresse plus à merci pour tout…
      Pour le reste t’as bien compris que dans notre système n’est autorisé que ce qui ramène de l’argent effectivement et que la morale se cache derrière les scandales qui deviennent des buzzs qui font le marché… la routine de la luxure et de la subversion de façade (d’hôtels particuliers) quoi ;).
      Là encore j’attends la suite, le message et j’ai bien peur qu’il ne s’adresse qu’au marché de lait, patience est mère maquerelle de prudence ^^

      • On verra bien, pas la peine de lui faire un procès d’intention d’ici là, autant profiter de ce qu’il y a. Et qui sait, il/elle est peut-être même suffisamment malin/gne pour trouver un moyen de pas faire de la merde une fois sans un contexte institutionnel, c’est pas comme si j’arrivais à deviner ce qu’il/elle a dans la tête.
        Pour ce qui est de faire du facile je suis pas d’accord. Le « facile » c’est le « street art » type JR. Tu surfes sur un très vague et lointain passé subversif pour donner aux gens ce qu’ils veulent, à savoir des images d’eux mêmes, en leur disant qu’ils sont tous super. Le facile, c’est quand ça fait chier personne.
        Ca me fait un peu penser à ce qu’Orwell disait du journalisme: « Être journaliste, c’est imprimer quelque chose que quelqu’un d’autre ne voudrait pas voir imprimé. Tout le reste n’est que relations publiques. » Je sais pas si un bon artiste est quelqu’un qui fait toujours chier au moins une personne, mais c’est souvent le cas des artistes que j’aime. Dont lui/elle.

        • FreakyFlow le

          Bien sûr mais ne pas s’enflammer de suite permet de ne pas avoir à être déçu ensuite donc généralement je ne m’attends à rien comme ça je ne suis pas déçu, je disais juste que ça sent quand même le bonhom à plein nez et que si c’est lui ou un autre la question de l’espace public ne peut pas être anodin.

          On est donc déjà pour moi dans une démarche artistique derrière se cache un artiste, je pointe juste que du coup l’emballement et la déclinaison fait penser à un objectif prédéterminé que d’aucuns appellent une campagne de publicité. S’il s’était arrêté à la primière série je n’aurais rien à dire puisque son message n’était pas clairement déterminé mais là on peut déjà faire une synthèse et j’ai peur que ça finisse encore en eau de boudin lors d’un vernissage quelconque.

          Let see, pourquoi ne pas avoir mis des otages de Daesh ou de Guantanamo par exemple, la violence est la même mais le discours est plus vaste et surtout peut emporter des changements dans la vraie vie.

          Je suis exigeant (et encore plus avec moi) donc je ne peux m’empêcher de chercher le sens et de mettre la pratique en corrélation avec la cible donc les objectifs.

          Ouf ^^

        • FreakyFlow le

          Par contre dans les sources j’ai pas vu trace de la seconde fresque, ma question est de savoir qui d’entre vous connaissaient le tableau avec le corps pendu ce qui suppose une action de com ou de diffusion ad hoc…. je suppose donc qu’il l’a soumis ici et donc que sa démarche est déjà de visibilité dans un milieu autre que politique, premier écueil.

    • Mig le

      +1