Utah en cavale, Ether incarcéré: interview derrière les barreaux

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Alors que les aventures des Bonnie & Clyde du Graffiti ont pris une drôle de tournure en Australie (Ether purge une peine de 6 mois de prison à Melbourne), Sami Emory a réussi à contacter Utah pour une interview exclusive. En cavale et recherchée un peu partout en Asie et aux États-Unis, Danielle Bremner a répondu à une série de questions qu'elle a fait parvenir à son compagnon incarcéré. En voici quelques extraits traduits.

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« Une rue ou un mur ressemblera toujours à la même chose quelque soit l'endroit où on se trouve. Bien sûr, il y a des exceptions, mais généralement un mur reste un mur. Les transports publics, surtout les trains et les métros, sont vraiment spécifiques à chaque ville. Tu peux peindre seulement un certain modèle dans un endroit spécifique. »
-Utah

« Le métro représente le cœur de chaque ville. C'est ce qui connecte les gens entre eux, ce qui leur permet de se déplacer en fonction de leurs occupations. Je pense qu'il y a quelque chose de spécial dans le fait d'aller à l'étranger et d'être capable d'interagir avec la ville et la population en peignant des trains. Si la rame peinte part au buff, elle sera photographiée, répertoriée par la police et/ou nettoyée, dans tous les cas on réussit à interagir avec quelqu'un. De plus le graffiti rend super bien sur trains. »
-Ether

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« L'illégalité de nos actes est bien plus attirante que la pratique artistique elle même. Une œuvre est jugée en fonction de critères esthétiques, ce n'est pas du tout ce qui nous intéresse. Le résultat n'est pas aussi important que l'action et l'expérience. Pour nous, c'est là que réside la finalité artistique. Ça peut paraitre étrange, mais certaines de mes aventures favorites, certaines de nos meilleures photos n'ont rien à voir avec le fait de peindre. »
-Utah

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« Je pense que la pratique du graffiti est paradoxale. D'un côté il n'a jamais été aussi parfaitement accepté socialement, alors que d'un autre côté, d'un point de vue judiciaire, il n'a jamais été autant stigmatisé. On peut voir les grosses entreprises utiliser une imagerie en lien avec le graffiti pour leurs logos et leurs campagnes de pub, alors qu'il y a de nombreux writers poursuivis et mis derrière les barreaux. Il y a un grand écart manifeste, notre pratique personnelle s'y intéresse précisément. »
-Ether

« Est-ce que j'aime aller en prison? Non. Est-ce que j'aime perdre mon temps dans les tribunaux ? Non. Mais on a réussi à traverser toutes ses épreuves sans que cela n'affecte notre motivation. Toutes les galères qu'on a traversées nous motivent encore plus. »
-Ether

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« Bien sûr que ça pourrait être drôle de faire ce qu'on fait en solo, mais peindre avec un partenaire, c'est quelque chose de particulier, surtout dans des situations intenses. On n'a pas besoin d'expliquer ou de se poser des questions, un regard suffit pour comprendre ce que l'autre a en tête. Peindre ensemble depuis si longtemps crée une sorte d'intimité que je ne peux pas vraiment décrire, mais je n'imagine pas faire autrement. »
-Utah

L'intégralité de l'interview est à lire en anglais ici.

Les détails des péripéties du duo en Asie sont à lire dans leur livre Probation Vacation: Lost in Asia disponible ici sur Allcity.fr au prix de 27,95€ au lieu de 29.95€.

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