New York, A la rencontre de Greg Lamarche alias Sp.one

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Greg Lamarche alias Sp.one peint à New York depuis près de 35 ans, commençant sa carrière de writer en taguant très jeune dans le métro. Rédacteur en chef du célèbre magazine Skills, Sp.one a documenté l'évolution du mouvement dans les rues de la Grosse Pomme dans les années 90.

Sa production artistique se distingue par des collages et des peintures basées sur un travail du lettrage, ce qui ne l'empêche pas de peindre de nombreuses pièces colorées et élaborées, hommage permanent aux pionniers. Ray Mock l'a rencontré pour Mass Appeal, quelques extraits traduits de l'entretien.

« J'ai commencé à m'intéresser au graffiti en 1981 alors que j'allais à l'école dans le Queens. A ce moment là, tout le monde avait son tag. Tous mes amis peignaient. Avant même d'aller à l'école, j'étais intrigué par les murs graffés du quartier. J'ai pris mes repères grâce aux writers locaux comme Uncle John178, Stoe, Dam… Je peux en nommer des dizaines. Ils m'ont tous permis de développer un handstyle personnel. Je n'ai jamais eu de mentor, mais quand je voyais des choses intéressantes, j'essayais de faire mieux pour développer mon propre style. »

« Ma station était Continental Avenue. Les trains GG circulaient sur cette ligne, c'était le premier arrêt. Les rames sortaient du lay up pour rester en station entre 10 à 15 minutes, le temps suffisant pour faire des tags à l'intérieur et jeter un œil aux intérieurs éclatés.[…] Malheureusement je n'ai aucune photo de cette époque, j'avais 12, 13 ans. C'était impressionnant de voir ces trains saturés par tous ses différents noms. Tous les markers de l'époque étaient faits main, ainsi que l'encre. Ça faisait partie du plaisir. Après l'école, on fabriquait nos propres markers dans nos chambres, c'était une ambiance très créative. »

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« Mon approche du tag est devenue stratégique. Je n'essaie plus de détruire des rues entières. Je cherche des spots qui durent. J'essaie d'être furtif. Je préfère quand c'est compliqué de dénicher un tag plutôt que d'en voir des millions. Les gens s'habituent très vite à tout ceci, je préfère les choses plus rares à dénicher. »

« A l'époque de l'âge d'or new-yorkais, c'était très agréable de voir son nom circuler. Dans les années 90, c'est devenu des missions bien préparées pour aller peindre des autoroutes, des voies ou des tunnels. De nos jours, c'est devenu un job à plein temps. Les gars font des spots à l'échelle, grimpent sur les toits en dépit de la surveillance et de l'omniprésence policière. Je vois certains gars défoncer tous les quartiers de New York. Le bombing est devenu beaucoup plus développé qu'à mes débuts. On essayait d'être présent partout en ville, désormais il s'agit d'être présent partout dans le monde. »

L'interview est à lire en anglais ici.

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