Interview Mr Qui, le parcours d'un artiste

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Eric Lacan alias Mr Qui, est un artiste français qui a eu un parcours de writer assez classique dans les années 90 dans le sud de la France, avant de s'intéresser à d'autres outils que la bombe de peinture. Il se consacre désormais au découpage et au collage d'affiches en noir et blanc ultra détaillées. Artist Up l'a rencontré, quelques extraits de l'entretien :

« Après quelques séjours à Paris, je découvre en 1989/90 simultanément le skate (et sa culture) et le mouvement graffiti, avec un gout appuyé pour le tag (les questions esthétiques n'étant pas une priorité en ces temps là pour moi). Je pratique alors le writing des années durant, d'abord à Béziers puis dans la région d'Aix-Marseille, en prenant soin de respecter ses codes, alternant actions vandales et fresques ; un peu par manque de motivation et parce que je ne me retrouve plus dans ce mouvement, j'arrête à l'orée des années 2000. Pourtant en 2004, mon coloc' et non moins ami Le Bijoutier alias El Furioso, qui fait de nombreux aller-retour entre Marseille et New York me ramène des milliers de photos d'interventions artistiques dans les rues de là-bas, à l'époque on ne parle pas encore de street art. Le flash, celui-là même qui m'avait frappé quelques années plus tôt avec le graffiti, en particulier pour le collage que je trouve redoutablement efficace et où la liberté de représentation est totale. »

« je fais mes premiers collages fin 2006, pour ne plus faire que ça, d'abord sur Marseille puis à Paris. En 2010, je reprends la bombe et les pinceaux et recommence à peindre en extérieur.
Parallèlement, après des études en arts appliqués j'ai travaillé 3 ans en tant que graphiste indépendant, métier que j'ai passionnément haï. Après quoi, je rencontre un éditeur qui me forme à la conception éditoriale de livres photographiques et géopolitiques, activité que j'ai pratiqué le plus longtemps. J'ai également fait un peu d'illustration en arrivant sur Paris en 2008 (j'entends par « illustration » une commande avec cahier de charge liée à de l'édition ou de la publicité).
Aujourd'hui je peins des toiles et des murs, découpe parfois du papier »

« Ainsi mon leitmotiv est de « créer » des images fortes émotionnellement parlant, les mêmes qui définissaient la célèbre phrase de Roger Thérond : le choc des photos. Volonté que l'on retrouve dans la forme, par des contrastes forts, mais surtout dans la confrontation de sujets souvent antagonistes (la vie/ la mort, le beau / le laid, la peur). Certaines parties de mes peintures sont très soignées dans le détails, mais la toile est rayée, profanée… Il n'y a pas de demi-teinte, il est possible de trouver de jolies fleurs délicates (mais vénéneuses) dans la gueule de chien à la dentition effrayante. Tout cela est très excitant à produire, tout comme d'observer les réactions, bonnes ou mauvaises du spectateur »

« J'avais auparavant essayé le papier découpé dans la rue, je trouvais cette technique séduisante par le résultat produit sur mur, bien que plutôt longue à préparer en rapport avec l'éphémérité de l'œuvre collée. Par la suite je suis tombé sur un livre traitant de l'art traditionnel japonais, une partie était consacrée au papier découpé ; j'ai voulu essayer très vite, ça me parlait vraiment. Les premières œuvres étaient des phrases ornementées de végétaux et motifs floraux, c'était assez décalé par rapport à ce qui était habituellement représenté avec cette technique. La fragilité et la difficulté de l'exercice apportaient un plus, une nouvelle façon de représenter une image, plus délicate, voir plus féminine. La notion de défi a été également un moteur. Il m'aura fallu quand même un certain nombre de test, pas mal de réflexion avant les premiers travaux, pour ne pas tomber dans les pièges inhérents à cette technique et à la fragilité du papier. Les premières œuvres ont été découpées dans une seule feuille de papier, puis l'expérience aidant j'ai assemblé plusieurs « couches » de papiers découpés, les détails sont devenus plus fins, plus complexes. Aujourd'hui je représente essentiellement des portraits féminins copieusement envahis d'éléments végétaux. Certaines créations ont nécessité jusqu'à 300 heures de travail, autant dire que c'est une pratique qui isole. Ces œuvres sont ensuite encadrées entre deux plaques de verres. »

Le travail d'orfèvre de Monsieur Qui en vidéo :

Monster, Monsieur Qui

Monster, Monsieur Qui

L'interview est à lire intégralement ici.

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