Interview Bobspray, frites et briques rouges

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On connait le travail d'illustrateur de Bobspray qui met régulièrement en scène de manière humoristique les aventures d'une petite bombe de peinture dans des jeux et de petits strips. Mais cet artiste originaire du nord de la France met aussi le doigt sur le cap et peint de nombreux murs dans la même veine que ses illustrations. Spraydaily a eu la bonne idée de le rencontrer. Quelques extraits traduits de l'entretien.

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« Faire partie d'un crew, c'est souvent adhérer à l'idée de nous contre les autres. Le crew idéal regrouperait des personnes de mon quartier, des frites, de la brique rouge, mais ce ne serait pas un groupe de héros aux super-pouvoirs. »

« Ces dernières années, je suis influencé par la bande dessinée et les logos. J'achète de plus en plus de BD, en vrac, ça me motive beaucoup. Quand je vois les dessins de Franquin, Poirier, Bakshi, Mauricio, Hergé, Pound et l'école belge, je me dis que je veux faire comme eux, être capable de dessiner des personnages et leur faire dire ce que je veux. Je m'intéresse aussi aux graffitis naïfs, qu'on faisait gamin, comme les Bob, les SOS ou les NTM, ça m'évoque mes débuts dans les toilettes publiques ou sur les tables de cours. Je me souviens que mon pote Tony avait dessiné sur le tableau noir un flingue et une belle feuille de canabis, on a évidemment tous les 2 fini dans le bureau du principal. »

« Il y a plein de trucs à faire dans ma ville qui a un passé industriel. Il y a plein de voies abandonnées, des usines désaffectées, des petites rues etc. Mais après avoir passé 15 ans à trainer dans ces zones, j'ai du mal à faire la même chose encore et encore. J'adore donc découvrir de nouveaux spots, de nouvelles possibilités de voir ma ville sous un nouvel angle. Comme partout ailleurs, le graffiti est illégal et les gens n'aiment pas ça. Je me souviens des rues éclatées de tags dans les années 90, aujourd'hui tout est effacé très vite, quelque chose a changé, on doit faire avec. »

« Désormais, j'essaie d'adapter mon graffiti au contexte. Quand je trouve un mur, j'essaie de trouver une idée originale qui prend en compte l'environnement. J'aime bien ajouter des détails et des couleurs que je vois autour. La photo finale du mur est très importante, j'essaie d'y penser en amont. Je pense qu'il ya une différence dans l'approche du graffiti entre la old school et maintenant, tout ce qu'on conserve, c'est la photo, autant qu'elle soit réussie. »

L'intégralité de l'interview est à lire ici en anglais.

2 commentaires

  1. D-crasse le

    Ce type est vraiment fort.
    Ça fait plaisir de voir des mecs qui ne tournent pas en rond, ou qui ne s’influence pas de tout ce qui se fait déjà.

    RES-PECT

  2. le monde ou deux le

    l’ignorance est taillé, vrai style !

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